Dans l'actualité :

Le Prix de la Carpette anglaise 2008

 Collectif pour le droit de travailler en français en France   Entretiens de la francophonie 2008 -  UNIVERSITE JEAN MOULIN LYON 3 ( voir communiqué en bas de page)

Le scandale de l'euro(anglo)vision

Manifestation du 29 février (voir CR ci-après)

Valérie PECRESSE et le tabou de l'anglais

Pétitions


   

   - Le scandale de l'euro(anglo)vision


Communiqué des initiateurs du Manifeste progressiste pour la défense de
la langue française

APPEL A TOUS LES AMIS DE LA LANGUE FRANCAISE

Non à l'euro-anglo-vision, NON AU TOUT ANGLAIS dans la chanson et dans
tous les autres domaines!

Les indignes jurés chargés de choisir la chanson représentant la France
au concours de l'eurovision ont désigné une chanson EN ANGLAIS.
C'est humiliant pour les chanteurs français et francophones qui font
vivre la tradition des Brassens, Ferrat, Ferré, Aznavour, Barbara et
autres Boris Vian.
C'est humiliant auss pour les chanteurs français qui utilisent les
langues régionales de notre pays, lesquelles sont partie intégrante de
notre patrimoine national, même si le français est et doit rester la
langue officielle et fédératrice de la République.
En réalité, même si le concours de l'eurovision est de plus en plus
discrédité par la médiocrité ordinaire de ses participants, le choix des
télévisions "françaises" est un acte politique grave. Il s'agit de
promouvoir le tout-anglais de manière visible et provocatrice aux yeux
du grand public, comme le grand patronat s'efforce d'imposer le
tout-anglais dans les grandes entreprises françaises à l'appel du Baron
Seillières, le nouveau président de "Businesseurope" (le patronat
européen). Ce personnage, aussi antinational qu'antisocial, n'a-t-il pas
déclaré en présence de Chirac, alors chef de l'Etat, qu' il ne
s'exprimerait désormais plus publiquement qu'en anglais, "la langue des
affaires et de l'entreprise"? Déjà des syndicats CGT, CFTC, CGC, sont
obligés de lutter en France même contre l'usage exclusif de l'anglais
sur le lieu de travail en France même, d'Alcatel à Air- "France" (sic).
Déjà nombre de publicités se font en anglais lors des publicités de 20
heures, sans que le CSA ne dise rien. Déjà le ministre Darcos veut
imposer l'anglais comme unique langue étrangère dès l'école maternelle,
sans aucune contrepartie exigée de nos voisins anglais pour la langue
française. Déjà nombre d'enseignes "françaises" s'affichent en anglais.
Déjà nombre de travaux scientifiques subventionnés par l'argent du
contribuable français ne sont plus publiés qu'en anglais sur notre
propre sol et la ministre des universités, V. Pécresse, prétend "briser
le tabou des cours en anglais" en France même. Quant à Kouchner, il
prétend dans un écrit récent que l'avenir de la francophonie est "en
anglais".
Nous le disons en pesant nos mots: la classe dominante capitaliste de ce
pays a décidé de "faire la peau" du français en s'imaginant ainsi mieux
s'inscrire dans la mondialisation néolibérale pilotée par les Etats-Unis
et par leurs vassaux britanniques. Il s'agit aussi d'aggraver les
discriminations dans notre propre pays entre les "Franceuropéens"
anglophones et la canaille exclusivement francophone (ou parlant
d'autres langues premières ou secondes que le français). Il s'agit
surtout en réalité, de laisser déferler sur notre pays le barbare
"modèle" (sic) américain, auquel l'usage du français fait objectivement
barrage. L'Europe et la Commission de Bruxelles, qui font tout en
réalité pour promouvoir l'anglais et limiter à des voeux pieux l'appel
au plurilnguisme, vont dans le même sens.
L'attaque contre le français va de pair avec le démontage de tous les
autres acquis sociaux, démocratiques et républicains de notre pays, des
conquêtes de la Révolution française (principe de souveraineté nationale
et populaire, laïcité de l'Etat et de l'école, République une et
indivisible, égalité de tous devant la loi...) aux acquis sociaux de
1945 (Sécurité sociale, nationalisations, statuts, lois sur les mineurs,
retraites par répartition, droit du travail...) en passant par les idées
de l'humanisme et des Lumières qui ont donné au monde, à travers la
littérature française, des textes d'immense portée. Tel est le rôle du
pouvoir sarkozyste, dont le chef de file se comporte en proconsul de
l'euromondialisation et de l'eurodésintégration de nos acquis les plus
fondamentaux, langue comprise.
C'est pourquoi
a) les initiateurs du Manifeste progressiste pour la défense de la
langue française travaillent à mettre en place très prochainement une
Assemblée générale fondatrice du Comité Progressiste pour la Résistance
Linguistique (COPREL) dont les assises pourraient se tenir à Paris le 31
mai (à confirmer) en concertation avec les autres associations
existantes dont l'objet est de défendre la langue française et la
diversité linguistique;
b) soumettent à l'ensemble des amis de la langue française,
organisations mais aussi simples citoyens, ainsi qu'aux organisations
progressistes et républicaines politiques, syndicales et associatives,
l'idée suivante: concertons-nous pour bâtir ensemble une manifestation
aussi médiatisée que possible devant le prétendu "ministère de
l'identité nationale" de B. Hortefeux. Montrons que pour nous les
ennemis de la nation ne sont pas les ouvriers immigrés traqués par le
gouvernement actuel en violation des tradition d'accueil de la
République, mais les grands "décideurs" qui ont fait une croix sur le
français dans l'espoir de majorer leurs profits déjà indécents.
Rencontrons-nous: la langue française pourrait bientôt être submergée en
France même si nous laissons les "décideurs" capitalistes franchir un
seuil critique sans grandes réactions populaires.
L'avenir du français, comme celui des acquis sociaux et de la démocratie
est dans les mains du peuple de France, des travailleurs, de tous ceux
qui veulent continuer le combat émancipateur multiséculaire des
Rabelais, Molière, Descartes, Diderot, Rousseau, Hugo, Aragon, R. Char
et autres Aimé Césaire.

   -  les scientifiques doivent-ils continuer à publier en français?


      -   Pétition "Contre le protocole de Londres"


       Pétition internationale


* * *


Manifestation du 29 février 2008

THEME :

- La défense de la langue française

- Le droit à l'information en français en France et dans les entreprises françaises

- La  reconnaissance du statut de profession sinistrée pour les traducteurs de brevets suite à la ratification par la France du Protocole de Londres


Le lieu de rassemblement pour le début de la manifestation sont :
9h devant LA BOURSE
(19, Rue N D des Victoires 75002 Paris)

 Compte rendu par l'ADIF (tiré de son site) :

Traduction des brevets scientifiques: Manifestation contre le Protocole de Londres

PARIS, 29 fév 2008 (AFP) - 29/02/2008 10h33

Près de deux cents manifestants ont défilé vendredi dans Paris à l'appel de l'Association pour le Droit à l'Information en Français (Adif) contre "l'arrachage de la langue française" et pour un plan social pour les traducteurs, suite à la ratification du Protocole de Londres.

Ce Protocole, ratifié au printemps dernier, supprime l'obligation de traduire les brevets dans chacune des langues des 32 pays membres de l'Office européen des brevets (OEB). Ses opposants affirment qu'à terme cette dispense de traduction ne saurait profiter qu'à l'anglais.

Il s'agit d'une "récession au niveau de la langue française, (...) d'une perte de tout langage technique des scientifiques français", a déclaré à l'AFP le président de l'Adif, Alexandre Gouget. Si 100% des brevets sont actuellement disponibles en français, "il n'y en aura plus que 15%" à l'avenir car la grande majorité des brevets sont déposés d'ores et déjà en anglais et ne seront plus traduits, a-t-il dit.

Les manifestants demandent également un "plan social au niveau national pour les professionnels de la traduction".

Pour Franck Grandmaison, de l'Unsa, ce protocole pose en effet "un problème pour les traducteurs, qui vont perdre leur emploi sans que personne ne s'inquiète de leur sort".

"La langue est un outil de travail au même titre que les aciéries, et le renoncement au français casse cet outil de travail, a estimé pour sa part Jean-Loup Cuisiniez (CFTC). Selon lui, "quelque 2.000 personnes en France sont déjà concernées et vont perdre leur travail".



"les animateurs du site du Manifeste progressiste pour la défense de la langue française ont soutenu la manifestation de l'ADIF pour la défense du français scientifique,

contre la honteuse adhésion de la France
officielle au protocole de Londres sur les brevets (qui officialise en
réalité le tout-anglais dans ce secteur) et plus généralement, contre le
lâche abandon par les autorités françaises, de la langue officielle de
la République. Celle-ci est bafouée non seulement dans le domaine des
sciences et des techniques, mais dans tous les domaines de l'existence.
Publicités en anglais, enseignements en anglais de plus en plus fréquent
en France même, titres de films de moins en moins souvent traduits,
obligation pour des salariés français de travailler en France même en
anglais... Il faut ajouter à ce sombre tableau que le gouvenrment et son
ministre Darcos s'apprêtent à supprimer plus de 60 000 postes
d'enseignants pendant la mandature Sarkozy, ce qui impliquera
mécaniquement la disparition de centaines milliers d'heures
d'enseignement du français dans l'enseignement public.
En réalité, le gouvernement actuel ne se souvient de la langue française
que lorsqu'il s'agit de trier entre les bons et les "mauvais" immigrés,
faisant ainsi de notre langue un instrument de discrimination alors que
nous demandons simplement qu'elle ne soit pas proprement DISCRIMINEE sur
notre propre sol !
Une bonne partie de la prétendue "gauche" est elle aussi coupable
puisque l'ex-ministre Claude Allègre a prétendu qu'il fallait "cesser de
considérer l'anglais comme une langue étrangère en France". Quel mépris
pour la nation, pour la République, pour la diversité linguistique, pour
l'égalité entre les peuples, pour les dizaines de millions de
travailleurs qui ne comprennent ni ne parlent l'anglais, pour les
millions de francophones qui vivent ailleurs qu'en France, pour tous les
amoureux de la langue de Descartes, fondateur de la science moderne, de
Molière, mais aussi d'Aimé Césaire, de Rachid Boudjedra et de tant
d'autres créateurs!
Pendant les années de l'Occupation, la signalisation du pays était faite
en allemand. Aujourd'hui, parce que le MEDEF, le patronat européen et
les élites européenns veulent imposer "l'anglais, langue des affaires et
de l'entreprise" comme la langue unique du "grand marché européen"
(drôle d'Europe "européenne"!), c'est l'anglais qui devient langue
officieuse de la République: certes la situation est mille fois moins
tragique qu'au début des années quarante, mais elle est encore plus
honteuse puisque la destruction PLANIFIEE du français par nos prétendues
"élites économiques" relève de ce que La Boétie nommait la "servitude
volontaire".
C'est pourquoi les initiateurs du Manifeste des 750 appellent les amis
progressistes de la langue française à participer à cette manifestation
et à y diffuser le manifeste, tout en respectant les mots d'ordre
revendicatifs fixés par les organisateurs.



* * *

"Nouvelle attaque contre la langue française"


Valérie Pécresse n'est pas seulement l'auteure de la LRU qui livre au
grand patronat l'Université et la recherche universitaire. Elle est
également une adversaire de la langue officielle de la République
puisqu'elle vient d'exprimer officiellement sa volonté de "faire sauter
le tabou de l'anglais" comme langue d'enseignement à l'Université. Le
prétexte officiel est de permettre aux universitaires français de
rivaliser avec leurs collègues anglophones qui dominent actuellement le
"marché du savoir". Au lieu de combattre le tout-anglais, de défendre
notre langue nationale qui est aussi celle de la francophonie, au lieu
de protéger la diversité linguistique à l'heure où des études montrent
que 95% des langues disparaîtront au 21ème siècle, au lieu de rendre aux
universités les moyens financiers publics de leur bon fonctionnement,
Mme Pécresse porte un nouveau coup à notre langue et à notre culture.
Elle aggrave les discriminations entre étudiants puisque ces nouveaux
cours en anglais excluront de fait les étudiants français, brillants
dans leur domaine, qui ne maîtriseraient pas suffisamment la langue de
l'Empire. Elle s'inscrit dans la stratégie "collabo" du grand patronat
qui veut ouvertement, et en France même, faire de l'anglais l'unique
langue "des affaires et de l'entreprise" (dixit E.-A. Seillères,
ex-patron du MEDEF et actuel président de "Businesseurope"). Cela
s'ajoute à la scandaleuses approbation par le gouvernement et le
ministre "de gauche" Borkel du protocole de Londres sur les brevets
scientifiques et techniques qui institue de fait l'anglais comme langue
unique de la science et des techniques. Quand notre langue sera reléguée
au second plan dans l'enseignement, la recherche, la technique,
l'entreprise, la publicité, internet, la communication, combien de temps
lui faudra-t-il pour se transformer en patois tout juste bon pour être
parlé en famille par quelques indigènes mal dégrossis?
On appréciera aussi le patriotisme de ce gouvernement qui, sous prétexte
de hisser la France à un plus haut niveau de compétitivité
internationale, détruit la base même de l'identité française: la langue,
comme il détruit "l'exception française" dans le domaine des acquis
sociaux, laïques et démocratiques. A quoi sert de "faire gagner la
France" si l'hexagone perd son indentité, son héritage, ses principes
républicains ? Claude HAgège a démontré au contraire que la défense et
la promotion du français pourrait être un magnifique atout pour notre
pays, y compris sur le plan économique. Encore y faudrait-il une volonté
politique. Mais politiquement les ennemis du français et de la
souveraineté nationale (dont il ne reste rien après la ratification
parlementaire de la constitution européenne bis) qui dominent le
gouvernement ne se souviennent du français que lorsqu'il s'agit de TRIER
entre bons et mauvais ouvriers immigrés à l'entrée sur le territoire.
Nous redisons que le français ne doit être ni discriminé ni
discriminant, la langue d'Hugo, de Jaurès et de Guy Moquet mérite un
autre traitement ! Nous redisons que la présence au gouvernement d'une
Christine Lagarde, qui dirige son ministère en anglais, est une insulte
au peuple français et à la Constitution (qui il est vrai "en voit
d'autres" en ce moment).
Bien entendu, nous n'oublions pas le rôle très négatif de la fausse
gauche atlantique dans la démolition de notre langue. Le retour annoncé
d'Allègre au gouvernement n'est pas pour nous rassurer à ce sujet car ce
personnage, déjà connu pour ses agressions à répétition contre l'école
publique et les enseignants, est aussi celui qui a déclaré que
"l'anglais ne devrait plus être considéré comme une langue étrangère en
France" (comment prononce-t-il le mot "France"?). Au passage rappelons
aux progressistes qui défendent les langues régionales que ce même
"dégraisseur de mammouth" était aussi celui qui voulait couper les
crédits aux langues régionales ce qui montre bien la nécessité de s'unir
contre le massacre de la diversité culturelle au nom du marché
linguistique unique.
Les initiateurs du MPLF invitent en conséquence l'ensemble des
organisations qui défendent le français contre le "tout-anglais", pas
seulement les associations culturelles et linguistiques mais les
syndicats ouvriers, enseignants et étudiants, à réfléchir à une riposte
commune et de grande ampleur contre une POLITIQUE de dynamitage de notre
héritage linguistique dont les inspirateurs sont à chercher à Bruxelles
et au MEDEF.
Abandonnons toute quiétude. Oui il y a une poltiique de classe visant à
liquider le français et à le reléguer partout derrière l'anglais en
France même. Oui il faut une riposte globale à cette politique. Oui il
faut au plus vite organiser une riposte VISIBLE (par ex. des actions
médiatiques devant les différents ministères parisiens: culture,
enseignement et recherche, "identité nationale et immigration" (sic),
mais aussi Travail, pour défendre la langue officielle de la République.

Le MPLF soumet cette proposition à tous les ennemis républicains de l'impérialisme linguistique.




*   *   *


 

Les initiateurs du Manifeste progressiste pour la défense de la langue française s'associent à l'action initiée sur le site "http://www.tousaversaillesle4fevrier2008.fr": le 4 février manifestations à Versailles devant le congrès parlementaire convoqué par Sarkozy pour ratifier dans le dos du peuple la constitution européenne bis en violation du vote souverain du 29 mai 2005. Comme il est indiqué dans le Manifeste, les amis de la langue française et de la diversité linguistique ne peuvent que lutter contre le renforcement de l'Europe néolibérale, patronale et supranationale, dont l'objectif de plus en plus avoué est d'imposer le tout-anglais ardemment promu par "Businesseurope", le "syndicat" patronat européen dirigé par le Baron Seillères. L'Europe des Lumières s'est écrite en allemand, en anglais, en italien, en espagnol, et, bien sûr, en français. L'Europe de la finance et de la surexploitation des salariés, avec sa politique unique, son économie unique et son idéologie totalitaire, cherche à imposer le "Wall Street English", c'est à dire une langue unique porteuse de toutes les discriminations. En disant non à l'euroconstitution bis et au régime qui veut l'imposer en violant Marianne, nous défendons le droit des peuples à la PAROLE.

* *
Lettre de Jean-Pierre Busnel à Georges HAGE - 14 janvier 2008

Monsieur le Président,

Félicitations pour le lancement de ce "Manifeste progressiste pour la défense de la langue française" et meilleurs voeux de succès dans vos entreprises. Notre langue, attaquée de toutes parts alors que tant de Français semblent s'en soucier comme de l'An quarante, a bien besoin d'être soutenue, en effet ...

Je m'associe volontiers à ce combat depuis quelques années, en dehors de toute prise de position politique. J'ai publié de nombreux textes à ce propos qui ont souvent été repris, notamment sur les sites de l'"AFRAV" ou de "Impératif français". En voici un exemple récent avec un courriel émis le 17 décembre dernier.

Bien à vous.

Jean-PIerre Busnel
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Chers correspondants,

On sait que le milieu sportif est l'un des plus perméables qui soient à la déferlante anglomaniaque. Ainsi, depuis quelques années déjà, les joueurs professionnels de football opérant en France n'ont plus d'entraîneur. Ils ne connaissent plus ce mot. Désormais, ils ont tous un "coach" et quand, au cours d'une compétition quelconque, celui-ci modifie la composition de son équipe avec succès, la presse saluera son "coaching". De même, autre exemple parmi une foule d'autres, une chaîne de télévision thématique telle qu'Eurosport, dédiée aux activités sportives comme son nom l'indique, n'emploie plus jamais le mot "direct" pour qualifier ses reportages. Elle a décidé, un beau jour, de le rayer définitivement de son vocabulaire au profit de "live", dorénavant imposé systématiquement aux téléspectateurs français.

S'agissant de la violence dans les stades, on emploie depuis longtemps déjà le terme de "hooligan", dorénavant très lié au football, pour désigner un adepte du recours à la force au cours des compétitions sportives. Selon certains, ce mot aurait été mentionné pour la première fois à Londres, à la fin du XIXème siècle, en référence à un certain Patrick Hooligan, régulièrement impliqué dans des bagarres.

Il y a du nouveau en la matière : voici venu le temps du "fight". Le mot désigne cette fois des batailles rangées, codifiées, organisées en dehors des stades et des compétitions, opposant des "supporters" d'équipes différentes qui se donnent rendez-vous pour en découdre. Il paraît que ces affrontements sont généralement filmés et diffusés ensuite sur internet où ils prolifèrent et rencontrent énormément de succès auprès des adolescents et des jeunes gens. Comme l'a dit le quotidien L'Equipe dans son numéro du 14 décembre dernier (voir un extrait en pièce jointe) : "la violence monte d'un cran" (et pas seulement dans le monde du sport, mais dans tous les plis de la société).

On remarquera que le haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur qui est interrogé dans cet article emploie le mot "fight" comme si les Français ne connaissaient que lui, comme s'il figurait aux dictionnaires de la langue française depuis des lustres. La presse écrite en fait du reste généralement de même (le mot n'est pas mis entre guillemets, ni en italique). Il y a, décidément, chez beaucoup de Français, surtout parmi "l'élite hors sol déliée de tout enracinement" (l'expression est du philosophe Alain Finkielkraut), un indéniable snobisme à recourir à l'anglais qui serait un marqueur de distinction et de promotion sociales, une sorte de délectation à emprunter des mots importés, comme s'ils étaient les seuls à pouvoir exprimer la modernité. Et nulle autorité publique ne semble se soucier un seul instant de leur forger un équivalent en français, comme si la langue de Molière était appelée à devenir une langue morte ...

Bien à vous.

Jean-Pierre Busnel

*  *  *

Manière de voir 97                       FÉVRIER - MARS 2008



                     LA BATAILLE DES LANGUES

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     http://www.monde-diplomatique.fr/mav/97/

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       Bernard Cassen
         http://www.monde-diplomatique.fr/mav/97/CASSEN/15551

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----- Original Message -----
From: guyroy.gr@videotron.ca
To: Roy, Guy
Sent: Saturday, February 02, 2008 11:37 PM
Subject: Lettre aux lecteur-trice-s

Langue, techniques et finances publiques

Moi je dis que la langue française est une force pour le Québec. Que nous devons la préserver comme une ressource naturelle. Mais nous avons désormais, en plus de l'atout mondial de la francophonie qui l'enrichit continuellement, un instrument moderne de premier plan : ce sont les Français qui ont inventé la bureautique. Cet outil est un avantage de taille. C'est ce que j'appelle notre cheval de Troie, avec ses correcteurs, sa mise en page et son facile apprentissage à l'usage.

Mais je continue de penser aussi que nous ne devrions pas négliger la modernisation de la langue elle-même. Cela nous donnerait une longueur d'avance sans perdre nécessairement notre capacité d'exprimer la complexité du réel. La langue y acquérait sans doute de nouveaux mots, de nouvelles tournures, ... comme elle l'a toujours fait depuis Ronsard.

Il s'agirait que le processus prenne une allure scientifique, avec l'aide de la linguistique, et consciente, grâce au consensus politique avec la France.

À l'usage plus facile, la langue française cesserait d'effrayer les plus rébarbatifs à son apprentissage, ici au Québec ou dans le monde. Encore fraudrait-il que les immigrant-e-s continuent de bénéficier du soutien financier de l'État.


Guy Roy

2659, rue Gravel

Lévis (Québec)

G6V 4X4

Tél. : (418) 834-4344

...........................................................................;

« Collectif pour le droit de travailler en français en France » 1 UNIVERSITE JEAN MOULIN LYON 3 INSTITUT POUR L ETUDE DE LA FRANCOPHONIE ET DE LA MONDIALISATION 7èmes Entretiens de la Francophonie 13 juin 2008 Etat et avenir de la langue française dans la mondialisation Collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France Intervenant syndical : Jean loup Cuisiniez. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 2 ALERTE SUR LES LANGUES Le journal Le Monde du 10 juin 2008 sonne l’alerte sur les langues : le français et l’ allemand - deux des trois langues de travail de l’Union Européenne – sont en chute libre au sein des instances Européennes. La commission européenne affirme défendre la pluralité linguistique. Peut-on, sous l’affichage de la défense de la pluralité linguistique, imposer une seule langue de communication internationale ? Il y a 8 ans en l’an 2000 le Professeur Fernando CRISTOVAO de l’Université de Lisbonne analysait la politique linguistique de l’Union Européenne : La position de la langue portugaise au sein de l'Union Européenne 1: « La politique du Conseil de l'Europe et de l'Union Européenne ne sert assurément pas les intérêts de la langue portugaise » (…). « Il est nécessaire que la politique linguistique de l’Union Européenne ne favorise pas la banalisation en recommandant l’enseignement de toutes les langues, ni admette le coup de force que constituerait le fait que sans être choisies, deux langues seraient imposées par la communication internationale »2. Le rapport d’Amin Maalouf remis en janvier 2008 à la Commission propose pour résoudre la complexité des langues au sein de l’Union que tous les européens apprennent la langue de communication internationale(l’anglais) et une autre dite « langue personnelle adoptive… En 2008 le rapport Maalouf n’invente rien de neuf. L’Université de Lisbonne montrait en 2000 que la Commission Européenne s’orientait sur cette stratégie d’une seule langue de communication internationale. 1 Le 4 mai 2000 se tenait à l’ambassade du Brésil à Paris une conférence intitulée : « les enjeux de la lusophonie » Michel Perez Inspecteur général de l’éducation nationale 2 Fenando CRISTÓVÃO in « La Lusophonie dans le Monde » dossier constitué par Yves LEONARD, La Documentation Française, n°803, 22 mai 1998, pp. 45-49. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 3 Le rapport remis mercredi 4 juin 2008 au gouvernement par Hervé Bourges prône une offensive "décomplexée" du français pour une renaissance de la Francophonie. La proposition n° 16 concerne l’usage du français dans les entreprises. M. Hubert Astier en juin 2005 avait remis aussi un rapport insistant sur l’urgence d’une politique en faveur du français. Quelques extraits : « On est à la croisée des chemins. Ou bien on laisse les choses aller, en en masquant le cours inévitable par quelques palinodies retardatrices et la langue française s’éteindra vite (…) avec toutes les conséquences de délitement social, économique et politique que cela implique. Ou bien des décisions fortes, claires et stratégiques sont prises à temps, qui donneront à la France les vrais moyens d’une politique de la diversité. Il faut auparavant, se convaincre que la langue en est le vrai marqueur comme elle est aussi la principale arme pour refuser tout assujettissement inutile des nations, pour cause de facilités circulatoires, au plus petit commun dénominateur d’une Cité mondiale en gestation ». « Il faut une politique plus globale et plus énergique et impliquant toute la société. Si une contre poussée ferme n’est pas rapidement dressée, les pressions naturelles de la mondialisation et de la facilité à utiliser une « langue approximative issue de l’anglais » d’un millier de mots, prévaudront et, en deux ou trois générations, le français ne sera plus en France que la langue des français (…) qui ne participeront pas de manière active, aux jeux et pouvoirs de la mondialisation ». Il faut élargir à toutes les forces vives de la société, la responsabilité de la langue nationale, expliquer et faire comprendre les véritables enjeux. Soulignons que toute politique linguistique dépend de la qualité de l’enseignement du français, en France. Si l’on considère qu’une politique linguistique et francophone est importante, il faut s’en donner les moyens. Il faut inventer d’urgence pour l’espace francophone, comme dans le Commonwealth, une forme de libre-accès, de visa francophone à délivrance rapide et limitée dans le temps. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 4 Elargir à toutes les forces vives de la société , la responsabilité de la langue. Le collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France est né en septembre 2006. Il concrétise la prise de conscience de syndicalistes de terrain, convaincus de la nécessité de défendre notre outil de travail : la langue française. En février 2007 le collectif a tenu une conférence de presse à l’Assemblée nationale sur la question du droit à l’usage de la langue française. Cette question dépasse le cadre de l’entreprise : c’est un enjeu de société (3). Le collectif intersyndical se bat au quotidien pour maintenir la langue française comme langue de travail dans les entreprises : Soit par la négociation avec succès : AXA assistance, Soit par voie judiciaire comme à Europ Assistance4, Nextiraone5 ou bien encore Gems6. Dans les deux cas, la langue est l’objet d’un combat dans la durée. 10 ans de lutte chez GEMS pour aboutir au premier accord d’entreprise fixant les modalités d’emploi du français. 1 an de demande pour négocier un accord de branche sur la primauté du français en France pour les sociétés d’assistance7 Le collectif dénonce le laxisme linguistique de l’Etat : Les irradiés de l’hôpital d’Epinal sont les victimes de cette complaisance mortifère. En effet les logiciels de radiologie étaient en anglais (8) – sans aucune traduction – La formation des radiologues était dispensée en anglais – pourtant contraire au code de la santé publique (Art. R.51-1120) qui stipule que l’usage du français est obligatoire. Une des 32 mesures de Mme Bachelot prises pour la radiothérapie concerne désormais le contrôle de la langue (9).Il a fallu des morts pour que l’Etat réagisse. La revendication linguistique est aussi une question de sécurité et de santé au travail. 3 Rapport au Parlement 2007 DGLFLF page 31: une forte mobilisation des syndicats. 4 TGI Nanterre SN2A CFTC 27avril 2007 5 TGI Paris CGT mai 2008 6 TGI Versailles CGT 11 janvier 2005 7 Les employeurs ne souhaitent pas que l’utilisation du français en France fasse l’objet d’un accord de branche (compte rendu réunion paritaire du 26 octobre 2007) 8 Rapport Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé août 2007 9Il s’agit de la 4 ème mesure, elle ne mentionne pas explicitement que cette langue est le français. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 5 Le collectif intersyndical reçoit les témoignages de salariés et mène des actions de sensibilisation à une prise de conscience individuelle et collective aux enjeux linguistiques en matière de santé, de sécurité, de discrimination et d’exclusion. Ainsi le Lamy social du 3 septembre 2007 a publié un article de fond d’Alain Supiot (10) sur les langues de travail : « Le mirage de la langue unique et les réalités du plurilinguisme » « Voir dans une langue unique, quelle qu’elle soit, la réponse à la question des langues au travail dans l’économie globalisée est un dangereux mirage, qui séduit les entreprises et les institutions communautaires. Mais le droit du travail n’y a pas encore cédé et tient compte au contraire des réalités du plurilinguisme, auxquelles la globalisation expose les entreprises. » La question linguistique est trop souvent renvoyée au ministère de la culture or elle concerne aussi le ministère du travail et les autres ministères. Elle est transversale11. La responsabilité des élites L’hebdomadaire « Le nouvel Economiste » du 16 novembre 2006 titrait en première page « Francophonie, la trahison des clercs 12» Retenons en deux points essentiels : « Il est urgent de combattre l’indifférence au repli du français. La francophonie pourrait jouer le rôle de laboratoire de la diversité linguistique contre l’uniformisation qui pénalise les économies non anglo-saxonnes ». « En ne conservant qu’une seule langue, on crée une discrimination, un rapport hiérarchique entre ceux pour lesquels l’anglais est la langue maternelle et les autres » 10 Professeur de droit social à l’Université de Nantes, auteur du « le droit du travail bradé sur le marché des normes ». Droit social 12 décembre 2005 -1087 - 11 D’où l’importance, pour le collectif intersyndical, de la DGLFLF : Elle coordonne tous les aspects éminemment transversaux : social, juridique, patrimonial, international, création terminologique, et opérations de sensibilisation aux enjeux de la langue. 12 Le nouvel économiste, n° 1366 page 1, 2 et 3 : Jacques Secondi et Benoist Delmas. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 6 A la clef, dans un contexte de mondialisation, il y a la question de la diversité face à l’unicité des systèmes de pensée. Devant des enjeux socio-économiques majeurs, la plupart de nos élites explique que le français nuit à la croissance économique prétextant que la Common Law est plus souple que le droit romain. Certains patrons du CAC 40 déprécient l’emploi du français dans les entreprises. Un autre soutient que « nous avons un désavantage compétitif : notre langue 13». Il compare et assimile le français à la langue arverne. Un ministre consacre un chapitre complet à démontrer que le français n’est pas indispensable, qu’il n’est plus adapté à nos besoins réels. Le titre du chapitre résume la pensée de son auteur 14 : « L’anglais, avenir de la francophonie. » Ce qui par ricochet permet au Président de Shiseido Europe d’affirmer dans le journal le Figaro15 que : « le principal défaut de la France est sa langue ». L’ambassadeur de France en Roumanie répondait en anglais aux entretiens au moment du sommet mondial de la Francophonie à Bucarest en 2006. L’institut français de Bucarest fait passer des examens tout en anglais à des étudiants roumains désireux d’obtenir une bourse d’études pour la France16. Ces « zélites », par leurs choix, contribuent au processus d’exclusion systématique du français comme langue de communication internationale : Cela ne doit plus être toléré. Car ils sapent la contre poussée dont parlait Hubert Astier dans son rapport de juin 2005. C’est du sabotage. La langue impose une certaine conception du monde et des relations humaines et de leurs systèmes de pensée. La résolution de l’ONU exigeant le retrait « from occupied territories » est un exemple célèbre. Une rédaction du texte en français aurait imposé de choisir entre « de » ou « des » en désignant dans un cas une partie des territoires et dans l’autre leur totalité … 13 30 mai 2006 à l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale, Revue Défense no 122 juillet 2006 Le grand entretien avec Henri De Castries AXA 14 Bernard Kouchner : Deux ou trois choses que je sais de nous, Robert Laffont : voir les pages 146 à 159 15 Le Figaro économie 29 janvier 2007 : Les investisseurs étrangers séduits mais agacés. 16 Lettre de Michel Soulard – coopération littéraire et scientifique Roumanie – France adressée le 18 juin 2007 à Mme Rama Yade Secrétaire nationale UMP à la Francophonie « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 7 Mais où se situe le véritable moteur d’une langue ? Le prix Renaudot 2006 Alain Mabanckou17 affirme avec conviction : « En termes de moyens, la culture n’est pas, contrairement aux discours précités, le vecteur efficace pour faire progresser la francophonie. La langue des affaires, voilà le vrai combat » Le vecteur efficace pour faire progresser la francophonie est bien la langue des affaires. C’est dans les entreprises, que se joue la survie du français et les emplois des francophones. La plupart des représentants des employeurs européens proclame dans les instances nationales et internationales que l’anglais est la langue de l’Entreprise. Les grandes multinationales en France imposent de plus en plus à leurs salariés de penser et travailler dans une langue étrangère qui devient de fait la langue unique. Les organisations syndicales doivent maintenant saisir les tribunaux pour obtenir le droit au français en France. Le combat contre l’imposition étouffante de la langue unique ne concerne pas uniquement les travailleurs francophones. .En effet, des syndicalistes italiens s’intéressent à nos actions et nous envient la Loi Toubon. Il s’agit de défendre notre premier outil de travail : la langue. Le monde du travail découvre le caractère discriminant que représente, pour les salariés, l’usage injustifié de l’anglais. La sécurité n’admet pas l’ambiguïté, ni dans le travail, ni dans les notices d’application. : Epinal n’est pas une image L’insécurité linguistique est facteur d’augmentation de risque,…..La problématique d’une langue venue d’ailleurs que l’on voudrait nous imposer comme unique – et pas seulement en France - entraîne des mécanismes convergents de discrimination, d’exclusion et d’élimination. Elle est la cause d’une souffrance latente et d’une humiliation exprimée par Léopold Senghor qui avait pressenti les effets pervers de la mondialisation et les premices à l’assujettissement par le biais de la langue unique : « Je voyais dans un songe tous les pays aux quatre coins de l’horizon soumis à la règle, à l équerre, au compas et au sextant. (…) Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances bafouées 18 » 17 Cf. Le nouvel économiste du 16 novembre 2006 18 Senghor, Ethiopiques Chaka 1958 « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 8 Le courage Lors des troisièmes entretiens de la Francophonie Le Président Abdou Diouf a dit sans ambages : « Il nous faut avoir le courage de donner à la francophonie sa dimension économique 19» Pour cela, il est primordial d’associer d’une manière plus forte le mouvement syndical à la promotion des valeurs portées par la Francophonie. Existe-t-il un réfèrent syndical au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) sensibilisé aux questions linguistiques au travail ? Lors du colloque « Le français, une langue pour l’entreprise » du 3 et 4 décembre 2007 le collectif a été surpris de constater par la voix du conseiller20 à la langue française et à la diversité culturelle de l’OIF que : 1. Le thème du français comme langue de l’entreprise ne se situe pas au coeur des préoccupations de l’OIF. 2. L’OIF est sensible aux enjeux de la francophonie mais n’envisageait pas de mesures concrètes pour favoriser l’utilisation de la langue française dans l’entreprise. 3. Cependant elle peut envisager, si les états devaient la mandater pour agir d’inscrire cette préoccupation dans les activités dans la prochaine programmation de l’OIF. 4. L’OIF peut jouer un rôle majeur pour rendre le français attirant auprès des jeunes et des entrepreneurs. 5. Les outils dont elle dispose ne sont ni réglementaires ni législatifs et les mesures prises ne peuvent qu’être incitatives. Cette réalité constitue une brèche énorme dans le dispositif de défense du français. Il faut absolument la combler. L’Etat peut-il garantir notre droit au français en France ? le veut –il ? « Nous sommes condamnés d’avance au titre de la loi communautaire21 » Le collectif intersyndical sait, hélas, par expérience22 qu’il ne faut plus vraiment compter sur l’Etat pour faire valoir les droits linguistiques des francophones en France. Le droit français est depuis longtemps confronté aux règles supérieures de 19 Francophonie- Puissance Michel Guillou Ellipses page 64 Entreprise et économie 20 M. René Leduc « le français une langue pour l’entreprise » DGLFLF pages 143 à145 21 Jacques.Toubon, colloque 3-4 / 12 /07 « le français, une langue pour l’entreprise ». 22 Cf. aussi Michel Guillou Francophonie -puissance page 121 les obstacles : l’Europe. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 9 droit communautaire et de l’Organisation Mondiale du Commerce mettant en oeuvre les principes de libre circulation,23 de concurrence et de non discrimination. Le droit français en matière linguistique est en opposition avec l’application du droit communautaire24. Ainsi le principe de la langue facilement compréhensible par le plus grand nombre de personnes concernant l’étiquetage a été signé par nos représentants à Bruxelles 1e 14 décembre 1974.La Commission à propos du débat en 2000 sur la directive de la langue de l’étiquetage25 n’a fait en la matière que mettre en oeuvre des textes et des principes qui avaient été approuvés par les Etats, dont la France. La substitution Depuis 34 ans, cette langue dite facilement compréhensible par le plus grand nombre de personnes déborde de l’étiquetage pour se substituer -insidieusement et graduellement- dans tous les domaines à la langue française, à la langue allemande 26, à la langue italienne …. Le secrétaire perpétuel Mme Hélène Carrrère D’encausse avait pointé avec justesse ce processus dans « le français dans tous ses états 27» en écrivant : « Le problème de l’anglais dépasse celui des emprunts, il menace de devenir celui de la substitution pure et simple de la langue anglaise au français » Le français est-ce encore utile pour un emploi ? Lors de la dernière conférence ministérielle sur la francophonie au Laos, il a été rapporté que la jeunesse en vient à se demander si le français était une langue utile pour trouver un emploi intéressant.28 Le Forum francophone des Affaires souligne que : « la promotion du français comme langue de travail est un défi à relever. S’il n’est plus utile dans le travail, il représente alors un investissement peu rentable29 ». 23 Cf. Rapport au Parlement DGLF 2002 Page 22 point 5 ET 2001 page 28 point 6 24 « Nous sommes condamnés d’avance au titre de la loi communautaire » 25 Revue internationale de DROIT économique t.XVII page 135 à 144 Marc Frangi 26 Tagespsiegel 12 /08 /2007 le chirurgien orthopédique Heino Kienapfel se plaint du tout anglais dans les produits, suite à une erreur médicale dans une clinique à Berlin 27 Discours académique du 2 décembre 2004 28 Le Français, une langue pour l‘ entreprise René Leduc DGLFLF page 145 29 FFA colloque du 3-4/12/07 : Le français, une langue pour l’entreprise DGLFLF page 29 « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 10 L’effacement du français par abandons successifs. Si les rapports confirment la tendance que l’emploi du français s’efface inexorablement30 dans les instances nationales et internationales faute de locuteurs ou de demande de la part des représentants francophones, il deviendra absurde de se battre dans les entreprises pour maintenir l’emploi d’une langue reléguée à terme - par l’effet d’enchaînement d’ abandons31 successifs -dans la sphère privée . « En Afrique, les chefs d ‘Etats s’interrogeraient sur la nécessité de continuer à promouvoir le français alors qu’eux mêmes seraient obligés de venir négocier en anglais à Bruxelles32 ». Les rapports et les discours successifs sur la langue française ne sont pas de nature à rassurer le collectif intersyndical. Le temps des déclarations incantatoires est révolu. Les mesures préconisées par le rapport Astier en juin 2005 ainsi que les propositions du rapport Bourges de juin 2008 doivent être mises en application dans les plus brefs délais pour maintenir notamment la place du français comme langue de travail … Le collectif intersyndical demande : 1. Un engagement clair, fort, cohérent et pérenne des responsables politiques pour assurer la primauté du français sur le territoire national et dans le monde du travail. 2. La juste place du français dans les organisations européennes et internationales au titre de la réciprocité linguistique. 3. La DGLFLF doit avoir une action transversale ministérielle et disposer d’un vrai budget de fonctionnement en rapport avec la politique pour la francophonie. 30 Figaro.fr 20/11/07. UE : la part du français est passé de 40% en 1997 à 14% en 2006 31 Le Protocole de Londres est le dernier acte d’une longue liste de renoncements … 32 Cf. Le nouvel économiste du 16 novembre 2006 « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 11 La bataille la plus difficile : celle de la volonté politique. Une proposition de loi n°59 Marini Legendre visant à renforcer et compléter la Loi Toubon dans le monde du travail a été votée au Sénat à l’unanimité en novembre 2005. Elle n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Le collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France et les associations de défense de la langue française réclament en vain son inscription. Le rapport Bourges propose qu’elle soit votée. Alors pourquoi n’est elle pas inscrite ? Jacques Toubon a donné une réponse à cette question le 3 décembre 2007 lors du colloque : “le français, une langue pour l’entreprise”. : « Il serait cohérent d’inscrire ce texte à l’ordre du jour … J’ajouterai qu’adopter la Loi Marini-Legendre pourrait bouleverser l’équilibre et provoquer une réaction de la Commission, alors qu’elle est actuellement encline à nous laisser appliquer notre législation.»( p.81 et 82) Sans volonté politique comment garantir aux francophones en France le droit à leur langue dans la vie de tous les jours ? La promotion de la diversité linguistique implique - t’-elle l’effacement du français en France, de l’éviction du français de l’italien et de l’allemand à la Commission Européenne, langue des pays fondateurs de l’Europe moderne ? En France, se battre pour l’emploi du français dans les entreprises dans le domaine du droit du travail, en terme d’exigence de sécurité, c’est prendre part à la promotion de la diversité linguistique. Et cela, en conformité avec la convention de l’UNESCO, en vigueur depuis le 18 mars 2007.
------------- --------« Collectif pour le droit de travailler en français en France »

1 UNIVERSITE JEAN MOULIN LYON 3 INSTITUT POUR L ETUDE DE LA FRANCOPHONIE ET DE LA MONDIALISATION 7èmes Entretiens de la Francophonie 13 juin 2008 Etat et avenir de la langue française dans la mondialisation
Collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France Intervenant syndical : Jean loup Cuisiniez. « Collectif pour le droit de travailler en français en France »
2 ALERTE SUR LES LANGUES Le journal Le Monde du 10 juin 2008 sonne l’alerte sur les langues : le français et l’ allemand - deux des trois langues de travail de l’Union Européenne – sont en chute libre au sein des instances Européennes. La commission européenne affirme défendre la pluralité linguistique. Peut-on, sous l’affichage de la défense de la pluralité linguistique, imposer une seule langue de communication internationale ? Il y a 8 ans en l’an 2000 le Professeur Fernando CRISTOVAO de l’Université de Lisbonne analysait la politique linguistique de l’Union Européenne : La position de la langue portugaise au sein de l'Union Européenne 1: « La politique du Conseil de l'Europe et de l'Union Européenne ne sert assurément pas les intérêts de la langue portugaise » (…). « Il est nécessaire que la politique linguistique de l’Union Européenne ne favorise pas la banalisation en recommandant l’enseignement de toutes les langues, ni admette le coup de force que constituerait le fait que sans être choisies, deux langues seraient imposées par la communication internationale »2. Le rapport d’Amin Maalouf remis en janvier 2008 à la Commission propose pour résoudre la complexité des langues au sein de l’Union que tous les européens apprennent la langue de communication internationale(l’anglais) et une autre dite « langue personnelle adoptive… En 2008 le rapport Maalouf n’invente rien de neuf. L’Université de Lisbonne montrait en 2000 que la Commission Européenne s’orientait sur cette stratégie d’une seule langue de communication internationale. 1 Le 4 mai 2000 se tenait à l’ambassade du Brésil à Paris une conférence intitulée : « les enjeux de la lusophonie » Michel Perez Inspecteur général de l’éducation nationale 2 Fenando CRISTÓVÃO in « La Lusophonie dans le Monde » dossier constitué par Yves LEONARD, La Documentation Française, n°803, 22 mai 1998, pp. 45-49. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 3 Le rapport remis mercredi 4 juin 2008 au gouvernement par Hervé Bourges prône une offensive "décomplexée" du français pour une renaissance de la Francophonie. La proposition n° 16 concerne l’usage du français dans les entreprises. M. Hubert Astier en juin 2005 avait remis aussi un rapport insistant sur l’urgence d’une politique en faveur du français. Quelques extraits : « On est à la croisée des chemins. Ou bien on laisse les choses aller, en en masquant le cours inévitable par quelques palinodies retardatrices et la langue française s’éteindra vite (…) avec toutes les conséquences de délitement social, économique et politique que cela implique. Ou bien des décisions fortes, claires et stratégiques sont prises à temps, qui donneront à la France les vrais moyens d’une politique de la diversité. Il faut auparavant, se convaincre que la langue en est le vrai marqueur comme elle est aussi la principale arme pour refuser tout assujettissement inutile des nations, pour cause de facilités circulatoires, au plus petit commun dénominateur d’une Cité mondiale en gestation ». « Il faut une politique plus globale et plus énergique et impliquant toute la société. Si une contre poussée ferme n’est pas rapidement dressée, les pressions naturelles de la mondialisation et de la facilité à utiliser une « langue approximative issue de l’anglais » d’un millier de mots, prévaudront et, en deux ou trois générations, le français ne sera plus en France que la langue des français (…) qui ne participeront pas de manière active, aux jeux et pouvoirs de la mondialisation ». Il faut élargir à toutes les forces vives de la société, la responsabilité de la langue nationale, expliquer et faire comprendre les véritables enjeux. Soulignons que toute politique linguistique dépend de la qualité de l’enseignement du français, en France. Si l’on considère qu’une politique linguistique et francophone est importante, il faut s’en donner les moyens. Il faut inventer d’urgence pour l’espace francophone, comme dans le Commonwealth, une forme de libre-accès, de visa francophone à délivrance rapide et limitée dans le temps. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 4 Elargir à toutes les forces vives de la société , la responsabilité de la langue. Le collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France est né en septembre 2006. Il concrétise la prise de conscience de syndicalistes de terrain, convaincus de la nécessité de défendre notre outil de travail : la langue française. En février 2007 le collectif a tenu une conférence de presse à l’Assemblée nationale sur la question du droit à l’usage de la langue française. Cette question dépasse le cadre de l’entreprise : c’est un enjeu de société (3). Le collectif intersyndical se bat au quotidien pour maintenir la langue française comme langue de travail dans les entreprises : Soit par la négociation avec succès : AXA assistance, Soit par voie judiciaire comme à Europ Assistance4, Nextiraone5 ou bien encore Gems6. Dans les deux cas, la langue est l’objet d’un combat dans la durée. 10 ans de lutte chez GEMS pour aboutir au premier accord d’entreprise fixant les modalités d’emploi du français. 1 an de demande pour négocier un accord de branche sur la primauté du français en France pour les sociétés d’assistance7 Le collectif dénonce le laxisme linguistique de l’Etat : Les irradiés de l’hôpital d’Epinal sont les victimes de cette complaisance mortifère. En effet les logiciels de radiologie étaient en anglais (8) – sans aucune traduction – La formation des radiologues était dispensée en anglais – pourtant contraire au code de la santé publique (Art. R.51-1120) qui stipule que l’usage du français est obligatoire. Une des 32 mesures de Mme Bachelot prises pour la radiothérapie concerne désormais le contrôle de la langue (9).Il a fallu des morts pour que l’Etat réagisse. La revendication linguistique est aussi une question de sécurité et de santé au travail.
3 Rapport au Parlement 2007
DGLFLF page 31: une forte mobilisation des syndicats. 4 TGI Nanterre SN2A CFTC 27avril 2007 5 TGI Paris CGT mai 2008 6 TGI Versailles CGT 11 janvier 2005 7 Les employeurs ne souhaitent pas que l’utilisation du français en France fasse l’objet d’un accord de branche (compte rendu réunion paritaire du 26 octobre 2007) 8 Rapport Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé août 2007 9Il s’agit de la 4 ème mesure, elle ne mentionne pas explicitement que cette langue est le français. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 5 Le collectif intersyndical reçoit les témoignages de salariés et mène des actions de sensibilisation à une prise de conscience individuelle et collective aux enjeux linguistiques en matière de santé, de sécurité, de discrimination et d’exclusion. Ainsi le Lamy social du 3 septembre 2007 a publié un article de fond d’Alain Supiot (10) sur les langues de travail : « Le mirage de la langue unique et les réalités du plurilinguisme » « Voir dans une langue unique, quelle qu’elle soit, la réponse à la question des langues au travail dans l’économie globalisée est un dangereux mirage, qui séduit les entreprises et les institutions communautaires. Mais le droit du travail n’y a pas encore cédé et tient compte au contraire des réalités du plurilinguisme, auxquelles la globalisation expose les entreprises. » La question linguistique est trop souvent renvoyée au ministère de la culture or elle concerne aussi le ministère du travail et les autres ministères. Elle est transversale11. La responsabilité des élites L’hebdomadaire « Le nouvel Economiste » du 16 novembre 2006 titrait en première page « Francophonie, la trahison des clercs 12» Retenons en deux points essentiels : « Il est urgent de combattre l’indifférence au repli du français. La francophonie pourrait jouer le rôle de laboratoire de la diversité linguistique contre l’uniformisation qui pénalise les économies non anglo-saxonnes ». « En ne conservant qu’une seule langue, on crée une discrimination, un rapport hiérarchique entre ceux pour lesquels l’anglais est la langue maternelle et les autres » 10 Professeur de droit social à l’Université de Nantes, auteur du « le droit du travail bradé sur le marché des normes ». Droit social 12 décembre 2005 -1087 - 11 D’où l’importance, pour le collectif intersyndical, de la DGLFLF : Elle coordonne tous les aspects éminemment transversaux : social, juridique, patrimonial, international, création terminologique, et opérations de sensibilisation aux enjeux de la langue. 12 Le nouvel économiste, n° 1366 page 1, 2 et 3 : Jacques Secondi et Benoist Delmas. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 6 A la clef, dans un contexte de mondialisation, il y a la question de la diversité face à l’unicité des systèmes de pensée. Devant des enjeux socio-économiques majeurs, la plupart de nos élites explique que le français nuit à la croissance économique prétextant que la Common Law est plus souple que le droit romain. Certains patrons du CAC 40 déprécient l’emploi du français dans les entreprises. Un autre soutient que « nous avons un désavantage compétitif : notre langue 13». Il compare et assimile le français à la langue arverne. Un ministre consacre un chapitre complet à démontrer que le français n’est pas indispensable, qu’il n’est plus adapté à nos besoins réels. Le titre du chapitre résume la pensée de son auteur 14 : « L’anglais, avenir de la francophonie. » Ce qui par ricochet permet au Président de Shiseido Europe d’affirmer dans le journal le Figaro15 que : « le principal défaut de la France est sa langue ». L’ambassadeur de France en Roumanie répondait en anglais aux entretiens au moment du sommet mondial de la Francophonie à Bucarest en 2006. L’institut français de Bucarest fait passer des examens tout en anglais à des étudiants roumains désireux d’obtenir une bourse d’études pour la France16. Ces « zélites », par leurs choix, contribuent au processus d’exclusion systématique du français comme langue de communication internationale : Cela ne doit plus être toléré. Car ils sapent la contre poussée dont parlait Hubert Astier dans son rapport de juin 2005. C’est du sabotage. La langue impose une certaine conception du monde et des relations humaines et de leurs systèmes de pensée. La résolution de l’ONU exigeant le retrait « from occupied territories » est un exemple célèbre. Une rédaction du texte en français aurait imposé de choisir entre « de » ou « des » en désignant dans un cas une partie des territoires et dans l’autre leur totalité … 13 30 mai 2006 à l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale, Revue Défense no 122 juillet 2006 Le grand entretien avec Henri De Castries AXA 14 Bernard Kouchner : Deux ou trois choses que je sais de nous, Robert Laffont : voir les pages 146 à 159 15 Le Figaro économie 29 janvier 2007 : Les investisseurs étrangers séduits mais agacés. 16 Lettre de Michel Soulard – coopération littéraire et scientifique Roumanie – France adressée le 18 juin 2007 à Mme Rama Yade Secrétaire nationale UMP à la Francophonie « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 7 Mais où se situe le véritable moteur d’une langue ? Le prix Renaudot 2006 Alain Mabanckou17 affirme avec conviction : « En termes de moyens, la culture n’est pas, contrairement aux discours précités, le vecteur efficace pour faire progresser la francophonie. La langue des affaires, voilà le vrai combat » Le vecteur efficace pour faire progresser la francophonie est bien la langue des affaires. C’est dans les entreprises, que se joue la survie du français et les emplois des francophones. La plupart des représentants des employeurs européens proclame dans les instances nationales et internationales que l’anglais est la langue de l’Entreprise. Les grandes multinationales en France imposent de plus en plus à leurs salariés de penser et travailler dans une langue étrangère qui devient de fait la langue unique. Les organisations syndicales doivent maintenant saisir les tribunaux pour obtenir le droit au français en France. Le combat contre l’imposition étouffante de la langue unique ne concerne pas uniquement les travailleurs francophones. .En effet, des syndicalistes italiens s’intéressent à nos actions et nous envient la Loi Toubon. Il s’agit de défendre notre premier outil de travail : la langue. Le monde du travail découvre le caractère discriminant que représente, pour les salariés, l’usage injustifié de l’anglais. La sécurité n’admet pas l’ambiguïté, ni dans le travail, ni dans les notices d’application. : Epinal n’est pas une image L’insécurité linguistique est facteur d’augmentation de risque,…..La problématique d’une langue venue d’ailleurs que l’on voudrait nous imposer comme unique – et pas seulement en France - entraîne des mécanismes convergents de discrimination, d’exclusion et d’élimination. Elle est la cause d’une souffrance latente et d’une humiliation exprimée par Léopold Senghor qui avait pressenti les effets pervers de la mondialisation et les premices à l’assujettissement par le biais de la langue unique : « Je voyais dans un songe tous les pays aux quatre coins de l’horizon soumis à la règle, à l équerre, au compas et au sextant. (…) Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances bafouées 18 » 17 Cf. Le nouvel économiste du 16 novembre 2006 18 Senghor, Ethiopiques Chaka 1958 « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 8 Le courage Lors des troisièmes entretiens de la Francophonie Le Président Abdou Diouf a dit sans ambages : « Il nous faut avoir le courage de donner à la francophonie sa dimension économique 19» Pour cela, il est primordial d’associer d’une manière plus forte le mouvement syndical à la promotion des valeurs portées par la Francophonie. Existe-t-il un réfèrent syndical au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) sensibilisé aux questions linguistiques au travail ? Lors du colloque « Le français, une langue pour l’entreprise » du 3 et 4 décembre 2007 le collectif a été surpris de constater par la voix du conseiller20 à la langue française et à la diversité culturelle de l’OIF que : 1. Le thème du français comme langue de l’entreprise ne se situe pas au coeur des préoccupations de l’OIF. 2. L’OIF est sensible aux enjeux de la francophonie mais n’envisageait pas de mesures concrètes pour favoriser l’utilisation de la langue française dans l’entreprise. 3. Cependant elle peut envisager, si les états devaient la mandater pour agir d’inscrire cette préoccupation dans les activités dans la prochaine programmation de l’OIF. 4. L’OIF peut jouer un rôle majeur pour rendre le français attirant auprès des jeunes et des entrepreneurs.
5. Les outils dont elle dispose ne sont ni réglementaires ni législatifs et les mesures prises ne peuvent qu’être incitatives. Cette réalité constitue une brèche énorme dans le dispositif de défense du français. Il faut absolument la combler. L’Etat peut-il garantir notre droit au français en France ? le veut –il ? « Nous sommes condamnés d’avance au titre de la loi communautaire21 » Le collectif intersyndical sait, hélas, par expérience22 qu’il ne faut plus vraiment compter sur l’Etat pour faire valoir les droits linguistiques des francophones en France. Le droit français est depuis longtemps confronté aux règles supérieures de 19 Francophonie- Puissance Michel Guillou Ellipses page 64 Entreprise et économie 20 M. René Leduc « le français une langue pour l’entreprise » DGLFLF pages 143 à145 21 Jacques.Toubon, colloque 3-4 / 12 /07 « le français, une langue pour l’entreprise ». 22 Cf. aussi Michel Guillou Francophonie -puissance page 121 les obstacles : l’Europe. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 9 droit communautaire et de l’Organisation Mondiale du Commerce mettant en oeuvre les principes de libre circulation,23 de concurrence et de non discrimination. Le droit français en matière linguistique est en opposition avec l’application du droit communautaire24. Ainsi le principe de la langue facilement compréhensible par le plus grand nombre de personnes concernant l’étiquetage a été signé par nos représentants à Bruxelles 1e 14 décembre 1974.La Commission à propos du débat en 2000 sur la directive de la langue de l’étiquetage25 n’a fait en la matière que mettre en oeuvre des textes et des principes qui avaient été approuvés par les Etats, dont la France. La substitution Depuis 34 ans, cette langue dite facilement compréhensible par le plus grand nombre de personnes déborde de l’étiquetage pour se substituer -insidieusement et graduellement- dans tous les domaines à la langue française, à la langue allemande 26, à la langue italienne …. Le secrétaire perpétuel Mme Hélène Carrrère D’encausse avait pointé avec justesse ce processus dans « le français dans tous ses états 27» en écrivant : « Le problème de l’anglais dépasse celui des emprunts, il menace de devenir celui de la substitution pure et simple de la langue anglaise au français » Le français est-ce encore utile pour un emploi ? Lors de la dernière conférence ministérielle sur la francophonie au Laos, il a été rapporté que la jeunesse en vient à se demander si le français était une langue utile pour trouver un emploi intéressant.28 Le Forum francophone des Affaires souligne que : « la promotion du français comme langue de travail est un défi à relever. S’il n’est plus utile dans le travail, il représente alors un investissement peu rentable29 ». 23 Cf. Rapport au Parlement DGLF 2002 Page 22 point 5 ET 2001 page 28 point 6 24 « Nous sommes condamnés d’avance au titre de la loi communautaire » 25 Revue internationale de DROIT économique t.XVII page 135 à 144 Marc Frangi 26 Tagespsiegel 12 /08 /2007 le chirurgien orthopédique Heino Kienapfel se plaint du tout anglais dans les produits, suite à une erreur médicale dans une clinique à Berlin 27 Discours académique du 2 décembre 2004 28 Le Français, une langue pour l‘ entreprise René Leduc DGLFLF page 145 29 FFA colloque du 3-4/12/07 : Le français, une langue pour l’entreprise DGLFLF page 29 « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 10 L’effacement du français par abandons successifs. Si les rapports confirment la tendance que l’emploi du français s’efface inexorablement30 dans les instances nationales et internationales faute de locuteurs ou de demande de la part des représentants francophones, il deviendra absurde de se battre dans les entreprises pour maintenir l’emploi d’une langue reléguée à terme - par l’effet d’enchaînement d’ abandons31 successifs -dans la sphère privée . « En Afrique, les chefs d ‘Etats s’interrogeraient sur la nécessité de continuer à promouvoir le français alors qu’eux mêmes seraient obligés de venir négocier en anglais à Bruxelles32 ». Les rapports et les discours successifs sur la langue française ne sont pas de nature à rassurer le collectif intersyndical. Le temps des déclarations incantatoires est révolu. Les mesures préconisées par le rapport Astier en juin 2005 ainsi que les propositions du rapport Bourges de juin 2008 doivent être mises en application dans les plus brefs délais pour maintenir notamment la place du français comme langue de travail … Le collectif intersyndical demande : 1. Un engagement clair, fort, cohérent et pérenne des responsables politiques pour assurer la primauté du français sur le territoire national et dans le monde du travail. 2. La juste place du français dans les organisations européennes et internationales au titre de la réciprocité linguistique. 3. La DGLFLF doit avoir une action transversale ministérielle et disposer d’un vrai budget de fonctionnement en rapport avec la politique pour la francophonie. 30 Figaro.fr 20/11/07. UE : la part du français est passé de 40% en 1997 à 14% en 2006 31 Le Protocole de Londres est le dernier acte d’une longue liste de renoncements … 32 Cf. Le nouvel économiste du 16 novembre 2006 « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 11 La bataille la plus difficile : celle de la volonté politique. Une proposition de loi n°59 Marini Legendre visant à renforcer et compléter la Loi Toubon dans le monde du travail a été votée au Sénat à l’unanimité en novembre 2005. Elle n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Le collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France et les associations de défense de la langue française réclament en vain son inscription. Le rapport Bourges propose qu’elle soit votée. Alors pourquoi n’est elle pas inscrite ? Jacques Toubon a donné une réponse à cette question le 3 décembre 2007 lors du colloque : “le français, une langue pour l’entreprise”. : « Il serait cohérent d’inscrire ce texte à l’ordre du jour … J’ajouterai qu’adopter la Loi Marini-Legendre pourrait bouleverser l’équilibre et provoquer une réaction de la Commission, alors qu’elle est actuellement encline à nous laisser appliquer notre législation.»( p.81 et 82) Sans volonté politique comment garantir aux francophones en France le droit à leur langue dans la vie de tous les jours ? La promotion de la diversité linguistique implique - t’-elle l’effacement du français en France, de l’éviction du français de l’italien et de l’allemand à la Commission Européenne, langue des pays fondateurs de l’Europe moderne ? En France, se battre pour l’emploi du français dans les entreprises dans le domaine du droit du travail, en terme d’exigence de sécurité, c’est prendre part à la promotion de la diversité linguistique. Et cela, en conformité avec la convention de l’UNESCO, en vigueur depuis le 18 mars 2007. ------------- --------
« Collectif pour le droit de travailler en français en France » 1 UNIVERSITE JEAN MOULIN LYON 3 INSTITUT POUR L ETUDE DE LA FRANCOPHONIE ET DE LA MONDIALISATION 7èmes Entretiens de la Francophonie 13 juin 2008 Etat et avenir de la langue française dans la mondialisation Collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France Intervenant syndical : Jean loup Cuisiniez. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 2 ALERTE SUR LES LANGUES Le journal Le Monde du 10 juin 2008 sonne l’alerte sur les langues : le français et l’ allemand - deux des trois langues de travail de l’Union Européenne – sont en chute libre au sein des instances Européennes. La commission européenne affirme défendre la pluralité linguistique. Peut-on, sous l’affichage de la défense de la pluralité linguistique, imposer une seule langue de communication internationale ? Il y a 8 ans en l’an 2000 le Professeur Fernando CRISTOVAO de l’Université de Lisbonne analysait la politique linguistique de l’Union Européenne : La position de la langue portugaise au sein de l'Union Européenne 1: « La politique du Conseil de l'Europe et de l'Union Européenne ne sert assurément pas les intérêts de la langue portugaise » (…). « Il est nécessaire que la politique linguistique de l’Union Européenne ne favorise pas la banalisation en recommandant l’enseignement de toutes les langues, ni admette le coup de force que constituerait le fait que sans être choisies, deux langues seraient imposées par la communication internationale »2. Le rapport d’Amin Maalouf remis en janvier 2008 à la Commission propose pour résoudre la complexité des langues au sein de l’Union que tous les européens apprennent la langue de communication internationale(l’anglais) et une autre dite « langue personnelle adoptive… En 2008 le rapport Maalouf n’invente rien de neuf. L’Université de Lisbonne montrait en 2000 que la Commission Européenne s’orientait sur cette stratégie d’une seule langue de communication internationale. 1 Le 4 mai 2000 se tenait à l’ambassade du Brésil à Paris une conférence intitulée : « les enjeux de la lusophonie » Michel Perez Inspecteur général de l’éducation nationale 2 Fenando CRISTÓVÃO in « La Lusophonie dans le Monde » dossier constitué par Yves LEONARD, La Documentation Française, n°803, 22 mai 1998, pp. 45-49. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 3 Le rapport remis mercredi 4 juin 2008 au gouvernement par Hervé Bourges prône une offensive "décomplexée" du français pour une renaissance de la Francophonie. La proposition n° 16 concerne l’usage du français dans les entreprises. M. Hubert Astier en juin 2005 avait remis aussi un rapport insistant sur l’urgence d’une politique en faveur du français. Quelques extraits : « On est à la croisée des chemins. Ou bien on laisse les choses aller, en en masquant le cours inévitable par quelques palinodies retardatrices et la langue française s’éteindra vite (…) avec toutes les conséquences de délitement social, économique et politique que cela implique. Ou bien des décisions fortes, claires et stratégiques sont prises à temps, qui donneront à la France les vrais moyens d’une politique de la diversité. Il faut auparavant, se convaincre que la langue en est le vrai marqueur comme elle est aussi la principale arme pour refuser tout assujettissement inutile des nations, pour cause de facilités circulatoires, au plus petit commun dénominateur d’une Cité mondiale en gestation ». « Il faut une politique plus globale et plus énergique et impliquant toute la société. Si une contre poussée ferme n’est pas rapidement dressée, les pressions naturelles de la mondialisation et de la facilité à utiliser une « langue approximative issue de l’anglais » d’un millier de mots, prévaudront et, en deux ou trois générations, le français ne sera plus en France que la langue des français (…) qui ne participeront pas de manière active, aux jeux et pouvoirs de la mondialisation ». Il faut élargir à toutes les forces vives de la société, la responsabilité de la langue nationale, expliquer et faire comprendre les véritables enjeux. Soulignons que toute politique linguistique dépend de la qualité de l’enseignement du français, en France. Si l’on considère qu’une politique linguistique et francophone est importante, il faut s’en donner les moyens. Il faut inventer d’urgence pour l’espace francophone, comme dans le Commonwealth, une forme de libre-accès, de visa francophone à délivrance rapide et limitée dans le temps. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 4 Elargir à toutes les forces vives de la société , la responsabilité de la langue. Le collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France est né en septembre 2006. Il concrétise la prise de conscience de syndicalistes de terrain, convaincus de la nécessité de défendre notre outil de travail : la langue française. En février 2007 le collectif a tenu une conférence de presse à l’Assemblée nationale sur la question du droit à l’usage de la langue française. Cette question dépasse le cadre de l’entreprise : c’est un enjeu de société (3). Le collectif intersyndical se bat au quotidien pour maintenir la langue française comme langue de travail dans les entreprises : Soit par la négociation avec succès : AXA assistance, Soit par voie judiciaire comme à Europ Assistance4, Nextiraone5 ou bien encore Gems6. Dans les deux cas, la langue est l’objet d’un combat dans la durée. 10 ans de lutte chez GEMS pour aboutir au premier accord d’entreprise fixant les modalités d’emploi du français. 1 an de demande pour négocier un accord de branche sur la primauté du français en France pour les sociétés d’assistance7 Le collectif dénonce le laxisme linguistique de l’Etat : Les irradiés de l’hôpital d’Epinal sont les victimes de cette complaisance mortifère. En effet les logiciels de radiologie étaient en anglais (8) – sans aucune traduction – La formation des radiologues était dispensée en anglais – pourtant contraire au code de la santé publique (Art. R.51-1120) qui stipule que l’usage du français est obligatoire. Une des 32 mesures de Mme Bachelot prises pour la radiothérapie concerne désormais le contrôle de la langue (9).Il a fallu des morts pour que l’Etat réagisse. La revendication linguistique est aussi une question de sécurité et de santé au travail. 3 Rapport au Parlement 2007 DGLFLF page 31: une forte mobilisation des syndicats. 4 TGI Nanterre SN2A CFTC 27avril 2007 5 TGI Paris CGT mai 2008 6 TGI Versailles CGT 11 janvier 2005 7 Les employeurs ne souhaitent pas que l’utilisation du français en France fasse l’objet d’un accord de branche (compte rendu réunion paritaire du 26 octobre 2007) 8 Rapport Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé août 2007 9Il s’agit de la 4 ème mesure, elle ne mentionne pas explicitement que cette langue est le français. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 5 Le collectif intersyndical reçoit les témoignages de salariés et mène des actions de sensibilisation à une prise de conscience individuelle et collective aux enjeux linguistiques en matière de santé, de sécurité, de discrimination et d’exclusion. Ainsi le Lamy social du 3 septembre 2007 a publié un article de fond d’Alain Supiot (10) sur les langues de travail : « Le mirage de la langue unique et les réalités du plurilinguisme » « Voir dans une langue unique, quelle qu’elle soit, la réponse à la question des langues au travail dans l’économie globalisée est un dangereux mirage, qui séduit les entreprises et les institutions communautaires. Mais le droit du travail n’y a pas encore cédé et tient compte au contraire des réalités du plurilinguisme, auxquelles la globalisation expose les entreprises. » La question linguistique est trop souvent renvoyée au ministère de la culture or elle concerne aussi le ministère du travail et les autres ministères. Elle est transversale11. La responsabilité des élites L’hebdomadaire « Le nouvel Economiste » du 16 novembre 2006 titrait en première page « Francophonie, la trahison des clercs 12» Retenons en deux points essentiels : « Il est urgent de combattre l’indifférence au repli du français. La francophonie pourrait jouer le rôle de laboratoire de la diversité linguistique contre l’uniformisation qui pénalise les économies non anglo-saxonnes ». « En ne conservant qu’une seule langue, on crée une discrimination, un rapport hiérarchique entre ceux pour lesquels l’anglais est la langue maternelle et les autres » 10 Professeur de droit social à l’Université de Nantes, auteur du « le droit du travail bradé sur le marché des normes ». Droit social 12 décembre 2005 -1087 - 11 D’où l’importance, pour le collectif intersyndical, de la DGLFLF : Elle coordonne tous les aspects éminemment transversaux : social, juridique, patrimonial, international, création terminologique, et opérations de sensibilisation aux enjeux de la langue. 12 Le nouvel économiste, n° 1366 page 1, 2 et 3 : Jacques Secondi et Benoist Delmas. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 6 A la clef, dans un contexte de mondialisation, il y a la question de la diversité face à l’unicité des systèmes de pensée. Devant des enjeux socio-économiques majeurs, la plupart de nos élites explique que le français nuit à la croissance économique prétextant que la Common Law est plus souple que le droit romain. Certains patrons du CAC 40 déprécient l’emploi du français dans les entreprises. Un autre soutient que « nous avons un désavantage compétitif : notre langue 13». Il compare et assimile le français à la langue arverne. Un ministre consacre un chapitre complet à démontrer que le français n’est pas indispensable, qu’il n’est plus adapté à nos besoins réels. Le titre du chapitre résume la pensée de son auteur 14 : « L’anglais, avenir de la francophonie. » Ce qui par ricochet permet au Président de Shiseido Europe d’affirmer dans le journal le Figaro15 que : « le principal défaut de la France est sa langue ». L’ambassadeur de France en Roumanie répondait en anglais aux entretiens au moment du sommet mondial de la Francophonie à Bucarest en 2006. L’institut français de Bucarest fait passer des examens tout en anglais à des étudiants roumains désireux d’obtenir une bourse d’études pour la France16. Ces « zélites », par leurs choix, contribuent au processus d’exclusion systématique du français comme langue de communication internationale : Cela ne doit plus être toléré. Car ils sapent la contre poussée dont parlait Hubert Astier dans son rapport de juin 2005. C’est du sabotage. La langue impose une certaine conception du monde et des relations humaines et de leurs systèmes de pensée. La résolution de l’ONU exigeant le retrait « from occupied territories » est un exemple célèbre. Une rédaction du texte en français aurait imposé de choisir entre « de » ou « des » en désignant dans un cas une partie des territoires et dans l’autre leur totalité … 13 30 mai 2006 à l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale, Revue Défense no 122 juillet 2006 Le grand entretien avec Henri De Castries AXA 14 Bernard Kouchner : Deux ou trois choses que je sais de nous, Robert Laffont : voir les pages 146 à 159 15 Le Figaro économie 29 janvier 2007 : Les investisseurs étrangers séduits mais agacés. 16 Lettre de Michel Soulard – coopération littéraire et scientifique Roumanie – France adressée le 18 juin 2007 à Mme Rama Yade Secrétaire nationale UMP à la Francophonie « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 7 Mais où se situe le véritable moteur d’une langue ? Le prix Renaudot 2006 Alain Mabanckou17 affirme avec conviction : « En termes de moyens, la culture n’est pas, contrairement aux discours précités, le vecteur efficace pour faire progresser la francophonie. La langue des affaires, voilà le vrai combat » Le vecteur efficace pour faire progresser la francophonie est bien la langue des affaires. C’est dans les entreprises, que se joue la survie du français et les emplois des francophones. La plupart des représentants des employeurs européens proclame dans les instances nationales et internationales que l’anglais est la langue de l’Entreprise. Les grandes multinationales en France imposent de plus en plus à leurs salariés de penser et travailler dans une langue étrangère qui devient de fait la langue unique. Les organisations syndicales doivent maintenant saisir les tribunaux pour obtenir le droit au français en France. Le combat contre l’imposition étouffante de la langue unique ne concerne pas uniquement les travailleurs francophones. .En effet, des syndicalistes italiens s’intéressent à nos actions et nous envient la Loi Toubon. Il s’agit de défendre notre premier outil de travail : la langue. Le monde du travail découvre le caractère discriminant que représente, pour les salariés, l’usage injustifié de l’anglais. La sécurité n’admet pas l’ambiguïté, ni dans le travail, ni dans les notices d’application. : Epinal n’est pas une image L’insécurité linguistique est facteur d’augmentation de risque,…..La problématique d’une langue venue d’ailleurs que l’on voudrait nous imposer comme unique – et pas seulement en France - entraîne des mécanismes convergents de discrimination, d’exclusion et d’élimination. Elle est la cause d’une souffrance latente et d’une humiliation exprimée par Léopold Senghor qui avait pressenti les effets pervers de la mondialisation et les premices à l’assujettissement par le biais de la langue unique : « Je voyais dans un songe tous les pays aux quatre coins de l’horizon soumis à la règle, à l équerre, au compas et au sextant. (…) Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances bafouées 18 » 17 Cf. Le nouvel économiste du 16 novembre 2006 18 Senghor, Ethiopiques Chaka 1958 « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 8 Le courage Lors des troisièmes entretiens de la Francophonie Le Président Abdou Diouf a dit sans ambages : « Il nous faut avoir le courage de donner à la francophonie sa dimension économique 19» Pour cela, il est primordial d’associer d’une manière plus forte le mouvement syndical à la promotion des valeurs portées par la Francophonie. Existe-t-il un réfèrent syndical au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) sensibilisé aux questions linguistiques au travail ? Lors du colloque « Le français, une langue pour l’entreprise » du 3 et 4 décembre 2007 le collectif a été surpris de constater par la voix du conseiller20 à la langue française et à la diversité culturelle de l’OIF que : 1. Le thème du français comme langue de l’entreprise ne se situe pas au coeur des préoccupations de l’OIF. 2. L’OIF est sensible aux enjeux de la francophonie mais n’envisageait pas de mesures concrètes pour favoriser l’utilisation de la langue française dans l’entreprise. 3. Cependant elle peut envisager, si les états devaient la mandater pour agir d’inscrire cette préoccupation dans les activités dans la prochaine programmation de l’OIF. 4. L’OIF peut jouer un rôle majeur pour rendre le français attirant auprès des jeunes et des entrepreneurs. 5. Les outils dont elle dispose ne sont ni réglementaires ni législatifs et les mesures prises ne peuvent qu’être incitatives. Cette réalité constitue une brèche énorme dans le dispositif de défense du français. Il faut absolument la combler. L’Etat peut-il garantir notre droit au français en France ? le veut –il ? « Nous sommes condamnés d’avance au titre de la loi communautaire21 » Le collectif intersyndical sait, hélas, par expérience22 qu’il ne faut plus vraiment compter sur l’Etat pour faire valoir les droits linguistiques des francophones en France. Le droit français est depuis longtemps confronté aux règles supérieures de 19 Francophonie- Puissance Michel Guillou Ellipses page 64 Entreprise et économie 20 M. René Leduc « le français une langue pour l’entreprise » DGLFLF pages 143 à145 21 Jacques.Toubon, colloque 3-4 / 12 /07 « le français, une langue pour l’entreprise ». 22 Cf. aussi Michel Guillou Francophonie -puissance page 121 les obstacles : l’Europe. « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 9 droit communautaire et de l’Organisation Mondiale du Commerce mettant en oeuvre les principes de libre circulation,23 de concurrence et de non discrimination. Le droit français en matière linguistique est en opposition avec l’application du droit communautaire24. Ainsi le principe de la langue facilement compréhensible par le plus grand nombre de personnes concernant l’étiquetage a été signé par nos représentants à Bruxelles 1e 14 décembre 1974.La Commission à propos du débat en 2000 sur la directive de la langue de l’étiquetage25 n’a fait en la matière que mettre en oeuvre des textes et des principes qui avaient été approuvés par les Etats, dont la France. La substitution Depuis 34 ans, cette langue dite facilement compréhensible par le plus grand nombre de personnes déborde de l’étiquetage pour se substituer -insidieusement et graduellement- dans tous les domaines à la langue française, à la langue allemande 26, à la langue italienne …. Le secrétaire perpétuel Mme Hélène Carrrère D’encausse avait pointé avec justesse ce processus dans « le français dans tous ses états 27» en écrivant : « Le problème de l’anglais dépasse celui des emprunts, il menace de devenir celui de la substitution pure et simple de la langue anglaise au français » Le français est-ce encore utile pour un emploi ? Lors de la dernière conférence ministérielle sur la francophonie au Laos, il a été rapporté que la jeunesse en vient à se demander si le français était une langue utile pour trouver un emploi intéressant.28 Le Forum francophone des Affaires souligne que : « la promotion du français comme langue de travail est un défi à relever. S’il n’est plus utile dans le travail, il représente alors un investissement peu rentable29 ». 23 Cf. Rapport au Parlement DGLF 2002 Page 22 point 5 ET 2001 page 28 point 6 24 « Nous sommes condamnés d’avance au titre de la loi communautaire » 25 Revue internationale de DROIT économique t.XVII page 135 à 144 Marc Frangi 26 Tagespsiegel 12 /08 /2007 le chirurgien orthopédique Heino Kienapfel se plaint du tout anglais dans les produits, suite à une erreur médicale dans une clinique à Berlin 27 Discours académique du 2 décembre 2004 28 Le Français, une langue pour l‘ entreprise René Leduc DGLFLF page 145 29 FFA colloque du 3-4/12/07 : Le français, une langue pour l’entreprise DGLFLF page 29 « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 10 L’effacement du français par abandons successifs. Si les rapports confirment la tendance que l’emploi du français s’efface inexorablement30 dans les instances nationales et internationales faute de locuteurs ou de demande de la part des représentants francophones, il deviendra absurde de se battre dans les entreprises pour maintenir l’emploi d’une langue reléguée à terme - par l’effet d’enchaînement d’ abandons31 successifs -dans la sphère privée . « En Afrique, les chefs d ‘Etats s’interrogeraient sur la nécessité de continuer à promouvoir le français alors qu’eux mêmes seraient obligés de venir négocier en anglais à Bruxelles32 ». Les rapports et les discours successifs sur la langue française ne sont pas de nature à rassurer le collectif intersyndical. Le temps des déclarations incantatoires est révolu. Les mesures préconisées par le rapport Astier en juin 2005 ainsi que les propositions du rapport Bourges de juin 2008 doivent être mises en application dans les plus brefs délais pour maintenir notamment la place du français comme langue de travail … Le collectif intersyndical demande : 1. Un engagement clair, fort, cohérent et pérenne des responsables politiques pour assurer la primauté du français sur le territoire national et dans le monde du travail. 2. La juste place du français dans les organisations européennes et internationales au titre de la réciprocité linguistique. 3. La DGLFLF doit avoir une action transversale ministérielle et disposer d’un vrai budget de fonctionnement en rapport avec la politique pour la francophonie. 30 Figaro.fr 20/11/07. UE : la part du français est passé de 40% en 1997 à 14% en 2006 31 Le Protocole de Londres est le dernier acte d’une longue liste de renoncements … 32 Cf. Le nouvel économiste du 16 novembre 2006 « Collectif pour le droit de travailler en français en France » 11 La bataille la plus difficile : celle de la volonté politique. Une proposition de loi n°59 Marini Legendre visant à renforcer et compléter la Loi Toubon dans le monde du travail a été votée au Sénat à l’unanimité en novembre 2005. Elle n’a jamais été inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Le collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France et les associations de défense de la langue française réclament en vain son inscription. Le rapport Bourges propose qu’elle soit votée. Alors pourquoi n’est elle pas inscrite ? Jacques Toubon a donné une réponse à cette question le 3 décembre 2007 lors du colloque : “le français, une langue pour l’entreprise”. : « Il serait cohérent d’inscrire ce texte à l’ordre du jour … J’ajouterai qu’adopter la Loi Marini-Legendre pourrait bouleverser l’équilibre et provoquer une réaction de la Commission, alors qu’elle est actuellement encline à nous laisser appliquer notre législation.»( p.81 et 82) Sans volonté politique comment garantir aux francophones en France le droit à leur langue dans la vie de tous les jours ? La promotion de la diversité linguistique implique - t’-elle l’effacement du français en France, de l’éviction du français de l’italien et de l’allemand à la Commission Européenne, langue des pays fondateurs de l’Europe moderne ? En France, se battre pour l’emploi du français dans les entreprises dans le domaine du droit du travail, en terme d’exigence de sécurité, c’est prendre part à la promotion de la diversité linguistique. Et cela, en conformité avec la convention de l’UNESCO, en vigueur depuis le 18 mars 2007. ------------- --------











Voici le résultatde la délibération, le 26 novembre, du jury du prix de la « Carpette anglaise ».

En pièce jointe, à titre de complément, un article diffusé dans divers sites, sur le même sujet, c’est-à dire sur les aspects proprement gouvernementaux de l’offensive que subissent notre langue et la Francophonie, offensive que nous devons repousser de toutes nos forces !

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Académie de la Carpette anglaise                                     Le 26 novembre 2008

PRIX 2008 DE LA CARPETTE ANGLAISE

COMMUNIQUÉ DE l’ACADÉMIE DE LA CARPETTE ANGLAISE

L’académie de la Carpette anglaise1 s’est réunie le 26 novembre. Le jury, présidé par Philippe de Saint Robert, était composé de représentants du monde associatif2, syndical et littéraire.

Au premier tour de scrutin, par onze voix contre deux, le prix de la Carpette anglaise 2008 a été décerné, à Mme Valérie PECRESSE, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu’il fallait briser le tabou de l’anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l’enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres (ce qui est notamment contraire au traité de l’Élysée de 1963).

À titre étranger3, la Carpette anglaise a été décernée au premier tour de scrutin, par douze voix contre une, à EUROSTAT, service des statistiques de la Commission européenne, qui diffuse depuis avril 2008 sa publication  « Statistiques en bref » uniquement en anglais, renonçant aux langues allemande et française.

Hervé Bourges, Paul-Marie Coûteaux, Anne Cublier, Jean-Loup Cuisiniez (représentant du monde syndical), Yves Frémion et Dominique Noguez sont membres de cette académie, ainsi que les présidents des associations fondatrices.

1) La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.

2) Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DDC).

3)  Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.

Courriel : parlerfranc@aol.com

Académie de la Carpette anglaise, chez le Droit de Comprendre, 34 bis, rue de Picpus, adresse d’ « Avenir de la langue française » 75012 Paris.

Voici la liste des « candidats » à ce même prix. Ceux d’entre eux qui n’ont pu l’obtenir, malgré leurs efforts méritoires, peuvent faire l’objet de votre part, de toutes les consolations que votre imagination fertile saura trouver (A. Salon)… :

1) Candidats à titre français :

- Xavier DARCOS, ministre de l'Éducation nationale, pour la promotion

continue d'une « France bilingue » qui est la traduction de

l'anglophonisation à marche forcée de la France.

- L'ÉCOLE NATIONALE DES PONTS ET CHAUSSÉES pour avoir mis en place, par le

biais d'une « School of International Management », un programme dit Executive

MBA enseigné entièrement en anglais.

- Valérie PÉCRESSE , ministre de l'Enseignement supérieur, pour avoir

déclaré , qu'elle voulait « briser le tabou de l'anglais » à l'université

française en y développant des cours en anglais et en rendant obligatoire

l'apprentissage intensif de cette langue et pour avoir annoncé qu'elle ne

militait pas « pour imposer l'usage déclinant du français dans les

institutions européennes » à l'occasion de la présidence française de

l'Union » ! Elle s’efforce, malgré les recours intentés par les associations,

d’introduire des enseignements et épreuves de concours en anglais

obligatoire aussi pour les étudiants français et francophones au sein de

leurs curricula normaux, en infraction flagrante à l’article 1er de la loi

dite « Toubon » du 4 août 1994.

- FRANCE 3, chaîne publique du groupe France Télévisions, et sa directrice

 des Jeux, pour avoir imposé une chanson en anglais pour représenter la

France lors du grand prix 2008 de l'Eurovision à Belgrade ; pour un résultat

espéré glorieux par cette personne, mais qui le fut fort peu :

la France n’a été que 19ème sur 25 !....

- CARREFOUR, premier groupe français de distribution, pour avoir débaptisé

ses supermarchés « Champion » et les appeler désormais « Carrefour market »

- Le groupe français Nelson qui chante en anglais, pour avoir déclaré, par

la voix de son chanteur, " J. B. ", que " le débit du français nuisait à la

musicalité " !

- L'ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES EN SANTÉ PUBLIQUE, pour avoir ouvert à Paris

en septembre 2008 un «  Master » interdisciplinaire en santé publique

dispensé en langue anglaise.

- Christophe BARBIER, directeur de rédaction de l'Express, pour avoir

déclaré, le 13 juin 2008 : l'Europe a un « outil de communication commun,

c'est l'anglais. On pourrait d'ailleurs l'utiliser pour faciliter tout ça

en mettant dans sa poche, avec le mouchoir par dessus, une fierté un peu

dépassée. »

Candidats au Prix Spécial du Jury à titre étranger :

- Margot WALLSTRÖM, vice-présidente de la Commission européenne, qui

diffuse son bloc-notes informatique uniquement en anglais.

- EUROSTAT, le service des statistiques de la Commission européenne, qui

diffuse depuis avril 2008 sa publication  " Statistiques en bref "

uniquement en anglais renonçant aux langues française et allemande.