Lettre de Georges Hage et Georges Gastaud à Mme Carrère d'Encausse, Secrétaire perpétuelle de l'Académie française.


Georges Hage, député honoraire du nord,
 et Georges Gastaud, professeur agrégé de philosophie
aux Académiciens français aux bons soins de Mme H. Carrère d'Encausse,
secrétaire perpétuelle.

à Madame la Secrétaire perpétuelle,


Madame,

Nous avons constaté que l'Académie française avait pris position contre
la proposition parlementaire d'inscrire les langues régionales à
l'article 1 de la Constitution, avant même l'affirmation du français
comme langue officielle de la République française. Nous pensons pour
notre part que les langues régionales font partie en effet du patrimoine
national, mais nous sommes convaincus nous aussi que, dans la situation
actuelle, leur inscription dans la constitution constitue un premier pas
vers l'adoption par la France de la Charte des langues minoritaires qui
est un brûlot contre la France républicaine. Si grave qu'elle soit, la
promotion "ethnique" des langues régionales n'est cependant pas le
principal danger pour l'avenir du français. Le danger de loin le plus
grave est dans le choix d'une large partie de la classe dominante
française (qui se proclame elle-même l'élite de la nation) de promouvoir
systématiquement le tout-anglais. Nous avons en vue la scandaleuse
déclaration de M. Seillère, ancien président du MEDEF et président en
activité du syndical patronal européen "Businesseurope" qui, lors de sa
prise de fonction devant l'ancien président Chirac, a déclaré de manière
parfaitement provocatrice qu'il ne s'exprimerait plus désormais
officiellement "qu'en anglais, la langue de l'entreprise et des affaires".
Depuis lors, des syndicats CGT, CFTC, CGC, ont dû créer un collectif
pour le droit de travailler en français... en France!
Depuis lors, le nombre de publicités en anglais lors du "prime time"
(sic) n'a cessé d'augmenter.
Depuis lors, le gouvernement Fillon a signé le protocole de Londres sur
les brevets, qui condamne à mort le français scientifique.
Depuis lors, Mme Valérie Pécresse a déclaré qu'elle ferait sauter le
"tabou" des cours en anglais à l'université. Elle a surenchéri récemment
à la télévision en déclarant que l'anglais "n'est plus une langue
étrangère en France"...
Depuis lors, le ministre de l'Education nationale a décidé d'accélérer
la mise en place de classes bilingues en anglais et en français en
France DES LE PRIMAIRE.
Depuis lors, MM. Fillon et Kouchner se font un devoir de s'exprimer en
anglais à l'étranger.
Depuis lors, la France est représentée par une chanson en anglais à
l'eurovision.
Depuis lors, la France et les autorités de la francophonie ne pipent mot
quand les partis fascistes flamands de la couronne bruxelloise
discriminent grossièrement les enfants francophones, interdits de centre
aéré. De la même manière que ces autorités ne disent rien contre le
projet des "élites" suisses de mettre en place l'anglais comme langue
nationale, bien que les cantons germanophones viennent de repousser la
proposition gouvernementale de remplacer le français par l'anglais comme
première langue non maternelle.
N'oublions pas les dizaines de milliers d'heures de français qui
disparaîtront dans le second degré public si les projets Darcos sont
appliqués (on nous explique que les jeunes Français ont "trop de cours").
Bref, n'y a-t-il pas un programme véritablement antinational d'éviction
du français sur notre sol au profit de la langue de la mondialisation
néolibérale?
D'autant que les autorités européennes font tout leur possible pour
promouvoir l'anglais comme langue de fait de l'Union européenne (nombre
de traducteurs travaillant à Bruxelles en sont exaspérés).
Les "petites gens" de France sont les premiers visés par ce vaste
programme d'exclusion visant à les marginaliser dans leur propre pays.
Il ne s'agit évidemment pas de combattre l'anglais, qui n'est pas
d'abord la langue du "business", n'en déplaise à M. Seillière, mais
celle de Shelley, de Shakespeare et aussi de Jim Connolly.
C'est pourquoi nous avons lancé le manifeste ci-joint qui a rencontré un
grand écho. Un comité progressiste pour la défense du français sera
prochainement constitué. Un site sur la Toile est en activité sous
l'intitulé defenselanguefrancaise.

Nous tenions à vous en informer.

Avec nos saluts respectueux.
G. Hage, G. Gastaud


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L'Académie française contre l'inscription des langues régionales dans la Constitution

Texte officiel de la Déclaration de l'Académie française datée du 12 juin 2008

http://www.academie-francaise.fr/actualites/index.html

(Cette déclaration a été votée à l'unanimité par les membres de l'Académie française dans sa séance du 12 juin 2008).

Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France. Par un juste retour, notre Constitution a, dans son article 2, reconnu cette évidence : « La langue de la République est le français ».

Or, le 22 mai dernier, les députés ont voté un texte dont les conséquences portent atteinte à l’identité nationale. Ils ont souhaité que soit ajoutée dans la Constitution, à l’article 1er, dont la première phrase commence par les mots : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale », une phrase terminale : « Les langues régionales appartiennent à son patrimoine ».

Les langues régionales appartiennent à notre patrimoine culturel et social. Qui en doute ? Elles expriment des réalités et des sensibilités qui participent à la richesse de notre Nation. Mais pourquoi cette apparition soudaine dans la Constitution ?

Le droit ne décrit pas, il engage. Surtout lorsqu’il s’agit du droit des droits, la Constitution.

Au surplus, il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l’objet d'une politique.

Les conséquences du texte voté par l'Assemblée sont graves. Elles mettent en cause, notamment, l’accès égal de tous à l'Administration et à la Justice. L'Académie française, qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement, en appelle à la Représentation nationale. Elle demande le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution.

I

L'Académie française contre l'inscription des langues régionales dans la Constitution

Par Dominique CHABROL AFP - Lundi 16 juin, 14h52

PARIS (AFP) - L'Académie française s'inquiète de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, qui porte selon elle "atteinte à l'identité nationale", et demande le retrait d'un article de loi en ce sens voté en mai par l'Assemblée nationale.

Une démarche "extrêmement rare" de l'institution, dont la mission est notamment de "veiller sur la langue française", souligne-t-on à l'Académie.

"Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France. Par un juste retour, notre Constitution a, dans son article 2, reconnu cette évidence: La langue de la République est le français", écrivent les académiciens dans une "déclaration" diffusée lundi.

Or, les députés ont, selon eux, adopté en première lecture le 22 mai un texte "dont les conséquences portent atteinte à l'identité nationale".

"Ils ont souhaité que soit ajoutée dans la Constitution, à l'article 1er, dont la phrase commence par les mots : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale, une phrase terminale: Les langues régionales appartiennent à son patrimoine", rappellent-ils.

Un amendement en ce sens au projet de loi sur la réforme des institutions déposé par le président UMP de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, Jean-Luc Warsmann, avait alors été voté à la quasi-unanimité.

S'ils ne contestent pas l'importance des langues régionales, les académiciens s'interrogent sur "cette apparition soudaine dans la Constitution", qui met "en cause, notamment, l'accès égal de tous à l'Administration et à la Justice".

L'Académie, "qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement", demande "le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution".

Les académiciens contestent en particulier la primauté donnée aux langues régionales, désormais inscrites dans l'article 1 de la Constitution alors que la langue française reste mentionnée dans l'article 2. "Il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l'objet d'une politique", écrivent-ils.

Les déclarations de l'Académie de ce type sont "rares et traduisent une vraie préoccupation" des académiciens, souligne-t-on Quai Conti.

L'institution est ainsi intervenue ces dernières années pour donner sa position et "attirer l'attention" des différents acteurs dans les débats sur la simplification de l'orthographe, la place du français dans les programmes scolaires ou la féminisation des noms de métiers et fonctions.

Lors de la discussion sur la réforme des institutions à l'Assemblée, la garde des Sceaux, Rachida Dati, avait donné son accord à l'amendement Warsmann. Le texte doit être examiné à partir de mardi au Sénat.




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 II

Langues : l'Académie ne veut que le français

Démarche très rare, les Immortels s'invitent dans l'arène politique. Ils appellent les parlementaires à rejeter le projet de loi sur les langues régionales.

Le texte sur la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution est examiné, à partir de ce mardi, au Sénat. Or, hier - fait très rare, traduisant une vraie préoccupation du quai Conti - les académiciens ont diffusé une déclaration appelant les parlementaires à retirer cette loi.

« Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France, rappellent les académiciens. Notre Constitution a reconnu cette évidence : la langue de la République est le français. » S'ils ne contestent pas l'importance des langues régionales, ils s'interrogent sur cette apparition soudaine qui met « en cause, notamment, l'accès égal de tous à l'administration et à la justice ».

L'Académie, « qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement », demande « le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution ».

Cet appel n'a pas manqué de susciter quelques réactions, dès hier. Jean-Jacques Urvoas, député (PS) du Finistère, estime ainsi que « chacun doit rester dans son rôle. En quoi l'Académie serait-elle légitime dans un débat constitutionnel ? Celui-ci appartient aux constituants », les députés et sénateurs. L'élu finistérien trouve, par ailleurs, « dommage que l'Académie ne se préoccupe que d'une seule langue. J'aurais aimé qu'elle utilise plutôt son influence à défendre les langues de France et sa diversité culturelle... »

Michel Mohrt pas d'accord

« Il faut que l'Académie française se souvienne d'où vient notre langue française », réagit de son côté le député (UMP) des Côtes-d'Armor, Marc Le Fur. Il regrette « ces arguments jaunis d'un jacobinisme d'antan ». Défendre les langues régionales, « c'est défendre la langue française qui a su puiser dans nos Régions de nombreux mots et expressions qui font la richesse de notre langue. Soutenir les langues régionales, c'est éviter que, demain, la langue française ne devienne un arbre sec coupé de ses racines. »

Autre réaction intéressante, celle aussi mesurée qu'embarrassée de l'académicien Michel Mohrt : « Les déclarations de l'Académie n'engagent qu'elle, pas les 40 académiciens, constatait-il sobrement, hier soir. Je dois d'ailleurs préciser que nous n'étions pas du tout unanimes sur ce sujet... »

Il semble, à écouter Michel Mohrt, Morlaisien bretonnant (qui a d'ailleurs beaucoup utilisé des tournures bretonnes dans ses romans), que, face au rouleau compresseur de l'anglais qui lamine la langue française, l'Académie ait d'autres priorités que la défense des langues régionales. Un combat jugé d'arrière-garde, en quelque sorte...

Christophe VIOLETTE.

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La Libre Pensée Vaucluse
http://librepenseefrance.ouvaton.org/      tél. 06 31 08 95 10
   18.06.2008


A propos de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution :

Abyssus abyssum invocat

(L'abime appelle l'abîme.)


« Les députés français ont levé un tabou hier en votant, à la quasi-unanimité, un amendement surprise au projet de loi sur la réforme des institutions. Cet amendement vise à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. "Les langues régionales appartiennent au patrimoine" de la Nation, indique le texte. Une formule qui complètera désormais l’article premier de la Constitution sur la "République indivisible, laïque, démocratique et sociale", si la réforme est votée par le Parlement réuni en Congrès en juillet. Mais l’article 2 continuera de stipuler que "la langue de la République est le français"
.
            France Info, 23 mai 2008

 

Quasi unanimité ! Cet amendement, qui fait consensus, a-t-il pour but de promouvoir ou de conserver les cultures locales ? On pourrait le penser, et croire que cette unanimité, de la droite à la gauche, reflète un esprit de tolérance et de diversité. C’est d’ailleurs ce qui sera plaidé et utilisé par tous les régionalistes et les séparatistes avec le soutien de l’Union Européenne. On pourrait croire d’ailleurs que ce court amendement « ne mange pas de pain » tant sa formulation est anodine.

 

Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la nation, ben oui ! Comme le camembert, le foie gras du Périgord, le tripoux auvergnat, le far breton et le clafoutis limousin, comme les châteaux de la Loire, les gorges du Tarn, François Mauriac et Charles Maurras, comme la vache bleue des Alpes et le bleu de Bresse comme le Saint Emilion et l’Aloxe Corton, comme…  Mais ni les fromages, ni les AOC, ni le Bordeaux, ni les cottages normands ne sont dans la constitution. Derrière tout cela, qu’y a t il ?

 

Il faut se souvenir qu’après analyse sérieuse de plusieurs organisations laïques, après une manifestation nationale, après de nombreux meetings et une réunion du parlement, la charte européenne des langues régionales et minoritaires, instrument de communautarisme linguistique préludant à l’éclatement de la République, a finalement été rejetée par le Conseil Constitutionnel comme contraire à la constitution.

 

Si l’on relit la décision du Conseil Constitutionnel, on s’aperçoit par ailleurs que sa décision est loin de s’appuyer seulement sur l’article 2 de la constitution de la Vème république précisant que « la langue de la république est le français ». En particulier, au point 5 de ses attendus, le Conseil cite l’article premier : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances". C’est bien d’incompatibilité avec le communautarisme qu’il s’agit.

 

Rappelons quelques étapes du combat de la Libre Pensée, rejointe par nombre d’associations laïques contre cette charte.

En octobre 1998, la Fédération d’Ille et Vilaine de la Libre Pensée lançait un appel intitulé « Non, la France ne doit pas ratifier la charte des langues régionales et minoritaires » invitant à une convention nationale. A l’initiative de la Fédération Nationale, ladite convention se réunissait à Paris le 30 janvier 1999. Les différents orateurs y analysèrent le contenu précis de la charte. Les participants unanimes demandèrent une audience au premier ministre Lionel Jospin, et appelèrent à développer des actions dans tous les départements.

 

De nombreuses réunions se tinrent alors, dont certaines plus que houleuses comme à Saint Brieuc où la conférence fut perturbée et même agressée par le groupuscule régionaliste Emgann. Le gouvernement de l’époque, prenait la décision de ratifier la charte « a minima ». Un leurre, comme l’analysait la Libre Pensée car les titres I et II de la charte, les plus importants sur le plan juridique, n’étaient pas négociables. Décision fut donc prise, à l’initiative de la Libre Pensée, l’Union des athées, Europe et Laïcité et le Comité Laïcité  et République,  appuyées par de nombreuses personnalités laïques, d’appeler à une manifestation nationale à Paris le 11 décembre 1999, contre la ratification de cette charte.

 

Entre temps, le Conseil constitutionnel avait rendu son arrêt  le 15 juin 1999. La manifestation, organisée par les seules forces des initiateurs, ignorée totalement de tous les medias jusqu’à son déroulement inclus, fut néanmoins un immense succès, réunissant plus de dix mille citoyens dans les rues de Paris. Elle fut prolongée par un colloque de haut niveau tenu à la Sorbonne le 13 mai 2000. La ratification de la Charte Européenne était devenue impossible. Nos lecteurs disposant d’un accès internet peuvent consulter l’ensemble des documents publiés à cette époque sur le site de la Fédération nationale (http://librepenseefrance.ouvaton.org). Conscience était prise que le texte communautaire et communautariste européen était totalement contraire à l’esprit comme à la lettre d’institutions républicaines. Par ailleurs, l’Académie française s’est adressée directement au Président de la République pour manifester son opposition à cette modification de la Constitution.

 

Comme la pratique devenue courante est de resservir le plat aux citoyens jusqu’à ce que bon gré, mal gré ils l’avalent, le but de la manœuvre n’est pas douteux. La charte européenne, avec son cortège d’institutionnalisation des particularismes linguistiques, est désormais compatible avec la constitution de la République. Merci la droite, la gauche, le centre et les non inscrits.

 

Ainsi en va-t-il de la constitution européenne : vous n’en avez pas voulu, c’est que vous n’avez pas compris. Voici le traité de Lisbonne, c’est le même, mais finalement, on ne va pas faire de référendum. Vous seriez capable de voter contre (ce que le peuple d’Irlande vient de confirmer avec éclat). Vos députés l’adopteront. Eux sont pour, indépendamment de votre avis. Ce sont des gens raisonnables. Décidément, si les voies du seigneur sont impénétrables, les voies de l’Union Européenne sont incontournables. Peu importe, amendement ou pas, les républicains se lèveront à nouveau s’il est encore question de ratifier la « charte ». Parce que l’esprit des lois républicain et le communautarisme féodal sont décidément incompatibles.


Avec la Libre Pensée, agissez pour la défense
de la République, une, indivisible, laïque et sociale !

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Un article de Paul Villach


PRESSE ET MEDIAS

« Le talk » d'Orange et du Figaro : les médias ridicules

Ils sont de plus en plus ridicules, mais le savent-ils ? Entendez-les jargonner sur les antennes, dans les journaux ou sur Internet ! On en vient, comme pour les films en version originale, à souhaiter des sous-titres. À se parer des plumes du paon, savent-ils qu'en faisant la roue comme lui, ils exhibent leur croupion ? Pensent-ils vraiment qu'en truffant de mots anglo-américains leur langue maternelle, leurs « news » seront reçus comme des oracles ?

L'art du maquillage linguistique
« Le talk » d'Orange et du Figaro : les médias ridicules
Connaissez-vous « le talk » d'Orange et du Figaro ? Non, pas le talc dont on saupoudre les fesses de bébé pour lui éviter des rougeurs, mais « le talk » qui met du brillant et du clinquant à un simple et terne entretien télévisé. Car le mot « entretien » est bien trop commun. Pensez ! Tout le monde l'emploie et en connaît le sens : il désigne un échange entre une rédaction et un invité qui se soumet à ses questions et lui réserve les réponses qui lui chantent. C'est l'exercice par excellence de « l'information donnée », cette variété d'information qui, parce qu'elle est livrée volontairement par l'émetteur, n'a pour cette raison qu'une fiabilité limitée.

Aussi faut-il faire croire que l'entretien télévisé proposé n'est pas un entretien ordinaire. La preuve ? Il se déroule souvent dans un décor des « mille et une nuits », un tantinet mégalomaniaque avec bureau ou bar contorsionniste sorti tout droit d'une toile de Dali, et des murs qui ont des yeux et des oreilles partout, sous forme d'écrans inutiles pour persuader les gogos que tout ce qui se passe dans le monde est aussitôt capté dans le studio. Dans un pareil laboratoire de pointe, un entretien n'est plus un entretien. Il fallait l'affubler d'un nom prestigieux : Orange et Le Figaro n'ont rien trouvé de mieux que « Le talk », pas « The talk », mais « Le talk ». Pour sûr ça en jette ! Mais quoi au juste ? Sinon de la poudre aux yeux ! Ce n'est sans doute que l'abréviation d'une expression déjà répertoriée au dictionnaire médiatique, « le talk show », choisie pour désigner une émission de télévision qui se réduit à un entretien qu'on déguise en spectacle sous des myriades de projecteurs avec autour une clique réunie pour la claque.

La distinction technique comme argument d'autorité

Voilà où en est le microcosme des médias de masse. Pour tenter d'être pris au sérieux et de s'arroger une prétendue autorité, il s'invente une distinction douteuse. Il en est à afficher auprès d'un auditoire qu'il juge assez ignare pour s'y laisser prendre, un sabir semé de termes anglo-américains. L'allure faussement technique de celui-ci doit faire croire que, sous ses vocables exotiques, se cache une haute technologie du dernier cri.

En d'autres temps, ces médias seraient allés piquer des mots dans la langue latine ou grecque pour y draper l' insuffisance de leur suffisance. Aujourd'hui, ces emprunts incessants à l'anglo-américain sont les indices d'une prétendue distinction par une apparente insertion dans la culture de la première puissance scientifique du monde. Il paraît que l'habit fait le moine et que le premier inculte venu peut passer pour un expert en soignant son « look ». Même l'italien s'y met en vantant piteusement « il look professionale ». Quelle dégaine ! (Voir la photo ci-desous)

Va donc pour « le talk show » au lieu de l'entretien télévisé, « le desk » pour le bureau, « le live » pour le direct, « le prime time », au lieu de la première partie de soirée , « le morning », en guise d'émission matinale, le « off (the record) » pour « confidentiel », un « gap » pour un manquement, un ratage ou une lacune, un « outing off » pour un aveu, un « coach » pour un entraîneur ou un animateur, un « jingle » pour un indicatif, un « single » pour un disque d'une chanson, et tutti quanti comme on dit en italien.

Justement, Mme Carla Bruni-Sarkozy vient d'ajouter sa pierre, ou plutôt de la lancer, selon le Nouvel Observateur du 4 juin 2008, citant une biographie autorisée c'est-à-dire hagiographique : elle parle de « blind date » pour sa première rencontre avec son futur mari chez le publicitaire Séguéla, c'est-à-dire tout bêtement d'« un rendez-vous arrangé » entre les deux tourtereaux. C'est tellement plus élégant pour désigner ce type de service d'entremetteur !

Le mot « pool » inventé par les forces armées américaines lors de la 1ère guerre du Golfe en 1990-1991, est aussi assurément plus distingué que ce qu'il cache : le mot résonne comme l'animal de basse-cour avec raison pour une fois. Un « pool » était, en effet, une sorte de poulailler où le service d'informations des armées enfermaient, pour les tenir sous son contrôle, les correspondants de guerre en échange d' « informations données » livrées gentiment tous les matins lors d'une « point de presse », comme une fermière jette par poignées son grain de la poche de son tablier. Des transports sur les lieux étaient même organisés pour assister à des simulacres de combat, histoire de se dégourdir les jambes et de nourrir leurs médias d' « informations indifférentes ».

Un sort particulier doit être réservé à l'expression « presse people », écrit parfois « pipeul ». Elle a remplacé l'appellation « presse à scandales », afin sans doute de masquer le contenu méprisable de cette presse mais aussi le rôle joué par ses auteurs qui ne l'est pas moins. Mais c'est au prix d'une dévaluation méprisante du mot « people » qui, à l'origine, signifie « le peuple », et qui ici en est venu à désigner une populace de voyeurs.

Une nouvelle préciosité ridicule

Tout ce maquillage ne saurait pourtant faire illusion. Ce sabir caricatural vire à la farce, comme cette préciosité que Molière a brocardée dans « Les précieuses ridicules » et « Les femmes savantes ». L'un et l'autre ont en commun de nommer les choses les plus communes en termes ésotériques, incompréhensibles du non-initié à seule fin de le désorienter et de l'impressionner pour en tirer vanité. Que pouvaient bien être « les commodités de la conversation » ou « le conseiller des grâces » ? Un simple fauteuil et un miroir ! Quant au « trône de la pudeur », non, non, ce n'était pas une chaise percée placée sous un dais mais une simple joue qui peut rougir de honte, comme ne sont pas près de le faire ces gens des médias en confessant aussi pitoyablement leur ignorance et leur mépris de la langue française.

Il y a plus de 40 ans, en 1964, René Étiemble mettait en garde dans un livre contre la corruption de la langue française par l'emploi inutile de termes anglais : « Parlez-vous franglais ? » demandait-il. On ne peut pas dire qu'il ait été entendu. Les médias jouent au contraire avec plus d' empressement encore les supplétifs d'une colonisation en douceur des esprits en détruisant mot à mot la langue française comme on ruine méthodiquement pierre par pierre un édifice. Basta !

Paul Villach

Jeudi 05 Juin 2008
pierre.chereul@wanadoo.fr

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Langues régionales

 1



La défense PROGRESSISTE des langues et cultures régionales en France
passe par le REFUS de la Charte européenne des langues minoritaires" et
par l'alliance contre le "tout-anglais" des amis progressistes de la
langue française et des langues régionales.

Les initiateurs du Manifeste progressiste pour la défense de la langue
française défendent par principe la diversité culturelle et
linguistique. Ils considèrent qu'à côté du français, seule langue
officielle de la République, l'occitan et ses variantes, le basque, le
catalan, le breton, le corse, l'alsacien, etc. font partie du patrimoine
national ce qui signifie au moins deux choses:
-que l'Etat républicain doit se donner pleinement les moyens d'enseigner
à fond le français sur tout le territoire et qu'il doit permettre
partout aux élèves volontaires d'étudier la langue régionale de leur
lieu de résidence: chose de plus en plus impossible, étant donné la
multiplication des suppressions de postes dans l'enseignement publics;
-qu'on ne saurait les utiliser pour promouvoir une politique
régionaliste et séparatiste menaçant au nom de "l'Europe des régions" la
République une, laïque et indivisible" héritée de 1793. C'est pourquoi à
première vue, il n'y a rien à redire au fait qu'une large majorité de
députés se propose d'inscrire dans la constitution le fait que les
langues régionales font partie du patrimoine national. Mais tous ceux
qui ont étudié les langues savent qu'un signe n'a de sens qu'en
référence aux autres signes et qu'un texte ne vaut que par le contexte.
Or le contexte de ce énième projet de modification constitutionnelle n'a
rien d'innocent. C'est l'invasion du "tout anglais" qui se traduit,
entre mille autres faits plus graves, aujourd'hui même par la
pantalonnade d'une chanson en anglais censée représenter la France au
concours de l'eurovision. C'est le fait que, face au tout-anglais, des
syndicats sont contraints de revendiquer ensemble le droit de travailler
en français en France. C'est le fait que M. Seillère, baron de son état
et président du syndicat patronal européen bien nommé "Business-Europe",
veut très officiellement faire de l'anglais la "seule langue de
l'affaire et de l'entreprise". C'est le fait qu'une publicité sur deux
aux heures de grande écoute se fait en anglais et que de grands marques
"françaises" rebaptisent leurs produits phare "Blue Lion", "C3 start and
stop", "Renault Trucks", etc. C'est le fait que le gouvernement veut
"faire sauter le tabou des cours en anglais à l'université française" ou
que M. Bockel a avalisé au nom de la France le protocole de Londres qui
porte un coup très grave au français scientifique et technologique.
C'est le fait que l'Union européenne impose de fait, en violation de ses
engagements les plus solennels sur la "diversité", le tout anglais,
seule langue de travail du parlement européen, de la commission de
Bruxelles, de la Banque de Francfort. C'est le fait que lorsque Fillon
se rend en Amérique, il s'exprime en anglais (la langue de Shakespeare
prononcée avec l'horrible accent franchouillard de Fillon est-elle
l'avenir culturel du pays de Molière?). C'est le fait que le "ministère
de l'identité nationale" qui passe son temps à expulser de France des
ouvriers immigrés francophones ne lève pas le petit doigt pour protéger
la langue française, coeur de l'héritage national et joyau, au côté
d'autres langues, de la culture mondiale.
On peut hélas supposer que le vrai but du texte voté en choeur par la
droite ultra et par la "gauche" est de préparer le ralliement de la
France à la Charte des langues régionales, notamment promue par
l'Allemagne. Ce texte est ultra-dangereux puisqu'en introduisant dans le
droit français la notion de langue "minoritaire", il ouvre la voie à
l'implosion des traditions judiriques et politiques françaises issues de
Rousseau pour imposer la culture communautariste qui sous nos yeux, est
en train de provoquer l'éclatement de la Belgique. Il est évident que ce
virage à 180° de Sarkozy, qui s'est toujours prononcé jusqu'ici contre
la "Charte" promue par l'Allemagne signifie que la France officielle est
prête à toutes les capitulations à l'approche de la présidence
"française" de l'UE. Cette manière de "cerner" le français de toutes les
manières possibles, d'en haut par le "tout anglais", d'en bas par l'idée
à la mode de "langues minoritaires", est révélatrice d'une politique
criminelle, celle de la grande bourgeoisie française et des
"régionaliseurs" de l'UMPS, qui travaillent à ROMPRE l'héritage national
progressiste issu des Lumières, de 1789, de 1945 et de mai 68.
C'est pourquoi le fait que les députés français introduisent dans la
constitution l'amendement sur les langues régionales sans esquisser ne
serait-ce qu'un geste pour protéger la langue officielle de la
République ne peut qu'inquiéter. Ce n'est pas contre le français que les
amis des langues dites régionales doivent se mobiliser au risque de
justifier le proverbe russe qui affirme que "la souris ne connaît pas
d'animal plus dangereux que le chat". C'est au contraire contre le "tout
anglais" que doivent se rassembler tous les amis de la diversité
linguistique et culturelle, car l'imposition partout de cette langue,
qui n'est plus celle de Shelley ou de J. London mais celle du "Wall
Street english", est le support d'une immense entreprise totalitaire à
l'échelle de la planète, celle qui veut instaurer une langue, une
économie, une politique et une pensée unique pour mieux imposer la
domination sans partage des grandes sociétés capitalistes et de
l'impérialisme américain sur l'ensemble des peuples et des travailleurs.
Georges Gastaud


Le gouvernement cède aux lobbies des langues régionales
En dépit de ses promesses, Nicolas Sarkozy a flanché devant les lobbies
régionalistes de l'Union européenne. L'amendement voté jeudi pour modifier
la Constitution pourrait être le premier pas vers une France encore plus
inégalitaire.
Les parlementaires bretons en auraient presque dansé la gavotte ! Jeudi
après-midi, en plein débat sur la modernisation des institutions, les
députés ont voté à la quasi unanimité un amendement à l'article premier de
la Constitution. Objet du texte : graver dans le marbre que « les langues
régionales appartiennent au patrimoine de la Nation ». Anecdotique ? Pas
vraiment. Pour les régionalistes fervents, comme le Costarmoricain Marc Le
Fur (UMP) ou la députée de Lorient Françoise Olivier-Coupeau, c'est une
victoire de taille. Cette dernière, qui préside le groupe d'étude sur les
langues régionales à l'Assemblée, ne cachait pas l'enjeu du vote : « C'est
un premier pas, qui autorisera juridiquement la ratification par la France
de la Charte européenne des langues régionales. » Une Charte à la tonalité
très politique.

Vive les Ch'tis !
« Ca a l'air glamour comme ça, décrypte Yvonne Bollmann, auteur de La
Bataille des langues en Europe (Bartillat) On pense aux Cht'is, au charme de
nos terroirs. En réalité, ces textes cachent une politique beaucoup plus
sombre qui met en danger l'égalité des droits né de la révolution
française. » La chercheuse s'inquiète d'un « retour à la féodalité » à
travers l'émergence de minorités régionales qui, traitant directement avec
Bruxelles, chercheraient à s'emparer des prérogatives étatiques. Des lobbies
très actifs au Conseil de l'Europe, comme l'Union fédéraliste des
communautés ethniques européennes (UFCE), architecte, entre autres, de la
fameuse charte européenne des langues régionales, militent en effet pour un
régionalisme politique qui donnerait plus de poids aux « ethnies ». « Par
ethnie, il faut comprendre des minorités qui disposent d'une langue et d'un
territoire, comme les Flamands, les Occitans, les Corses, les Bretons ou les
Alsaciens », explique Yvonne Bollman.

« A terme, on va assister à un repli autour de régions puissantes, qui
imposeront des spécificités fiscales et juridiques, prédit même Pierre
Hillard, professeur de Relations internationales à l' l'Ecole supérieure du
commerce extérieur et auteur de La Décomposition des nations européennes
(François-Xavier de Guibert éd.). Au pays de l'hyper-centralisme
démocratique, on peine à partager ses craintes... Comment imaginer, chez
nous, des inégalités de droit entre les Français selon la région d'où ils
seraient originaires ? « C'est pourtant ce qu'avait proposé Edouard Balladur
lorsqu'il envisageait de régionaliser le Smic, rappelle Pierre Hillard. On
voit bien le risque : selon que vous viendriez d'une région riche, comme
l'Ile-de-France, ou d'une région moins aisée, comme l'Auvergne, vous
n'auriez pas le même Smic. L'enjeu est également financier : grâce au
régionalisme, les régions transfrontalières comme l'Alsace par exemple
s'arrogent déjà déjà la gestion des fonds structurels, qui s'élèvent quand
même à plus de 300 milliards d'euros pour la période 2007-2013. » Mais
l'Alsace est une exception, et ce vote-là ne concerne, pour l'instant, que
les langues. Problème, les spécialistes posent d'embarrassantes questions :
« Si ce n'était qu'une question de respect des langues et des minorités,
pourquoi reconnaître les seules langues régionales et pas le chinois ou
l'arabe, qui sont couramment parlées en France ? », interroge Pierre
Hillard. Oups. C'est vrai, ça, pourquoi ?

Sarkozy se contredit... une fois de plus
La polémique s'ouvre ainsi discrètement. Jusqu'ici, le débat n'avait pas
lieu en France, puisque le candidat Nicolas Sarkozy a toujours assuré qu'il
ne ratifierait pas la charte des langues régionales. Sa promesse avait
d'ailleurs été relayée le mois denier (!) par la ministre de la Culture en
personne, Christine Albanel. Mais à l'approche de la présidence française de
l'Union européenne, il semble que la force des lobbies allemands se fasse
sentir pesamment sur la politique française. Et la Sarkozie n'est pas une
promesse non tenue près. Reste à savoir si le Conseil constitutionnel jugera
l'amendement recevable. Réponse en juillet.

Tiré de Marianne


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Langues régionales 

2

lL'Assemblée nationale a adopté jeudi 22 mai 2008, à la quasi-unanimité, un amendement surprise au projet de loi sur la réforme des institutions visant à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. « Les langues régionales appartiennent au patrimoine » de la Nation, prévoit l'amendement présenté par le président UMP de la commission des Lois et qui complètera l'article 1 de la Constitution.

En quoi les langues régionales seraient elles brimées en France pour qu'il faille en catimini modifier l'article 1er de la Constitution, sans débat préalable ?

La diversité linguistique existe même si, bien souvent, elle relève plus du folklore que d'une réelle diversité culturelle. Vous imaginez MOLIERE ou VOLTAIRE traduits dans certains patois dont la conjugaison se limite à 3 personnes au lieu des 6 de la langue française ? Inscrite comme principe constitutionnel, elle introduit la division et contredit l'article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958: « La langue de la République est le français ». Cette nouvelle disposition : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine » située à l'article 1er hiérarchise ces principes fondamentaux. Ceci constitue une concession essentielle au communautarisme. Elle sera très vite instrumentalisée par les groupes de pressions qui ont réussi là un bon coup constitutionnel.

Ainsi, dans les écoles bretonnantes DIWAN (fondées en 1942 par le collaborateur notoire « JAN » puis finalement agréées quelques décennies plus tard par un certain « Djack Lang »), le Français deviendra la « seconde langue » pour toute la scolarité des élèves concernés.

C'est le principe même de citoyenneté qui est remis en cause et ainsi « différencialisé » selon les ethnies locales. Des droits différenciés constitutionnalisés au nom d'une langue régionale. Les rapports sociaux se construiraient alors dans des logiques communautaires à prééminence linguistique contre le principe de la citoyenneté, selon des droits différenciés et communautaires. Le lien communautaire s'opposera au contrat social, au contrat national. Toutes les revendications alimentées par des foyers identitaires valident ces tentations d'un communautarisme politique. Elles condamnent la laïcité et le « vivre ensemble » inhérent à la notion même de Res Publica. Le groupe deviendrait attributaire de droit et non plus le citoyen.

Le Conseil Constitutionnel dans sa décision 99-412 du 15 juin 1999, au sujet de la charte européenne dans langues régionales, confirme nos craintes lorsqu'il énonçait : « ''La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ; que le principe d'unicité du peuple français, dont aucune section ne peut s'attribuer l'exercice de la souveraineté nationale, a également valeur constitutionnelle ;

Considérant que ces principes fondamentaux s'opposent à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, définis par une communauté d'origine, de culture, de langue ou de croyance'' ».

Auparavant, dans une décision 96-373 du 9 avril 1996 portant statut d'autonomie de la Polynésie française : « Le Conseil a tenu à préciser, aussi, que la reconnaissance de la possibilité d'utiliser les langues tahitienne et polynésienne ne saurait aller contre le principe inscrit dans la Constitution que le français « est la langue de la République'' ».

Rappelons dans le cadre de l'affaire Diwan d'intégration des écoles communautaires linguistiques par immersion, donc avec l'usage exclusif de la langue bretonne comme langue d'enseignement, le Conseil d'Etat a fait droit à deux recours du CNAL et de l'UNSA Education en s'appuyant sur nos principes constitutionnels. Introduire aujourd'hui cette disposition dans la Constitution remet en question ces décisions. L'enseignement par immersion fait du français une langue seconde. Certes, on peut considérer que c'est du ressort de l'Etat d'offrir aux élèves qui en font la demande la possibilité de compléter le socle commun de connaissances requis par des matières optionnelles (des langues régionales, certains sports peu pratiqués, etc.). Est-ce bien au moment où l'Etat supprime 12500 postes d'enseignants et diminue drastiquement le nombre des heures/classe accordés aux EPLE pour l'enseignement des matières ESSENTIELLES qu'il faut accorder - avec la force d'un texte constitutionnel de surcroît - à quelques minorités locales des moyens supplémentaires... qui vont cruellement manquer pour l'enseignement du Français ou des Sciences Humaines ?

Décidément, le Sarkozysme est de plus en plus synonyme de remise en cause systématique des fondements de notre République et de retour en force à l'Ancien Régime... celui des « parlements » locaux réunis sous la seule autorité du Monarque !

Thierry P.

Directeur d'école primaire


syndicaliste

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le 16/05/2008 à 19:55

La société Nextiraone France (ex-Alcatel) a été condamnée par la justice à faire traduire en langue française un logiciel de gestion interne, qui n'était disponible qu'en anglais au détriment des salariés français, a-t-on appris vendredi de source syndicale.

La direction de Nextiraone France a jusqu'au 1er octobre pour se plier à cette obligation, sous peine d'une astreinte de 5.000 euros par jour de retard, passé ce délai, précise le jugement du Tribunal de grande instance de Paris, daté du 6 mai dernier, dont l'AFP a obtenu une copie.

Le Comité central d'entreprise (CCE) et la CGT de Nextiraone avaient assigné en janvier la direction, après que celle-ci a mis en place, en 2007, un nouveau système informatique de gestion interne, baptisé Saphire, destiné aux seize implantations européennes du groupe.

Le CCE avait obtenu la garantie de la direction, en juillet 2007, qu'une version française serait disponible en octobre de la même année, mais elle s'était au final limitée à mettre en place un didacticiel (sorte de traducteur au mot par mot) en français, "outil plus incomplet et en partie en anglais", avec "un maniement particulièrement lourd et complexe", note le tribunal.

Dans son jugement, il rappelle que la loi Toubon du 4 août 1994 prévoit que "tout document comportant des obligations pour le salarié ou des dispositions dont la connaissance est nécessaire à celui-ci pour l'exécution de son travail doit être rédigé en français".

Le tribunal souligne également qu'"une langue étrangère constitue pour un salarié, à défaut d'une maîtrise parfaite, un handicap important ne serait-ce que pour gérer les incidents, et comprendre les procédures hors-cadre ou les messages d'erreur".

"Dans l'entreprise, il y a 300 anglophones, pour 2.000 salariés en France, et seulement une centaine de francophones ont un niveau d'anglais performant" soulignant que l'entreprise comptait "beaucoup de gens d'une cinquantaine d'années ou plus, qui ne maîtrisent pas forcément bien cette langue", a expliqué à l'AFP Francis Battista (CGT).

La direction n'était pas joignable vendredi soir.




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