A propos de "LYONAIRPORT"

Le PRCF 69 écrit au Préfet du RHÔNE

Monsieur le préfet,
>
>> les militants du Pôle de Renaissance Communiste en France du Rhône
>> vous félicitent d'avoir cassé la décision scandaleuse de
>> l'entreprise Aéroport de Lyon qui prétendait, en accord avec ses
>> actionnaires privés et publics, se rebaptiser "Lyon Airport" et
>> adopter un plan d' "anglophonisation globale" qui est une insulte
>> à notre pays, à sa langue officielle, ainsi qu'à Lyon, ville chère
>> à tous les patriotes puisqu'elle fut capitale des Gaules et coeur
>> de la Résistance à Hitler.
>> Nous vous demandons de poursuivre dans la voie de cette vigilance
>> patriotique si rare à notre époque où d'aucuns confondent défense
>> de la nation et l'exaltation de la xénophobie d'Etat, alors même
>> qu'une vaste offensive contre le français et pour le tout-anglais
>> est lancée par des secteurs importants du MEDEF (dont le dernier
>> congrès avait pour mot d'ordre "READY FOR THE FUTURE"), de l'Union
>> européenne (dont toutes les statistiques sont désormais publiées
>> uniquement en anglais, sans aucune protestation des gouvernements
>> allemand et français contre l'éviction de leur langue respective)
>> et même du gouvernement actuel et des services publics dont il a
>> la charge (la SNCF se prépare à lancer des "Family TGV", la poste
>> fait sa publicité sous le slogan "I love L.A."... et Mme Pécresse
>> a obtenu cette année le "prix de la carpette anglaise" pour son
>> acharnement à "anglophoniser" massivement nos Universités).
>> La langue française n'est pas seulement l'identifiant le plus
>> universel de notre nation, elle n'est pas seulement le bien commun
>> de la francophonie, par son apport inestimable à la littérature
>> universelle, à la philosophie, à la science, au théâtre, elle
>> appartient au patrimoine mondial, vivant et actif, de toute
>> l'humanité. Ne laissons pas les nouveaux barbares détruire ce
>> trésor dans l'espoir de majorer leurs profits tout en détruisant
>> leur propre pays.
>>
>> Avec mes salutations citoyennes les meilleures.
>> B. Colovray PRCF 69

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L'Asselaf (Association pour la sauvegarde et  l'expansion de la langue française - Voir la page "Sites amis")
souhaite  faire connaître la revue /Lettre(s)/ qu'elle édite.

" Cette revue pose sans complaisance la question du maintien, y compris en
 France même, d'un français de qualité comme langue de la cité et alerte
 les francophones pour que des « élites » mondialisées n'abandonnent pas
 la langue française, qui est notre premier lien social et la seule voie
 d'accès au débat démocratique dans notre pays et dans les pays
 francophones, au profit de l'anglo-américain."
     ASSELAF


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D'Aurélien Djament et Annie Lacroix-Riz,

à propos de la nouvelle"Academic Pride"
Chers collègues et camarades,



Sans m'opposer, bien au contraire, à la tenue d'une nouvelle "academic
pride", je regrette très vivement, comme l'an dernier, l'emploi gratuit
d'un anglicisme pour dénommer cette initiative. Alors que le mouvement
de contestation sans précédent des contre-réformes de la recherche et de
l'enseignement supérieur a déjà permis d'engager une réflexion de fond
bien au-delà des mesures qui ont catalysé le mécontentement, il serait
très dommage de ne pas s'interroger sur la disparition progressive,
minutieusement programmée avec hélas, jusqu'alors, l'assentiment d'une
partie non négligeable de notre communauté (et l'acceptation passive
d'une autre grande partie, au moins dans certaines disciplines), de
l'usage du français, comme de toutes les langues autres que
l'anglo-américain, en matière de recherche (et bien au-delà
d'ailleurs).
Quelle que soit la discipline, la pensée s'exprime avant tout à travers
le langage et imposer une langue unique participe du pilotage
idéologique réactionnaire de la recherche. J'espère que nous aurons
l'occasion d'approfondir ce débat et d'intégrer dans nos revendications
le droit de mener, exposer et publier nos recherches en français ; mais
en tout cas, de grâce, épargnez-nous au moins dans nos actions
militantes le ridicule tendancieux de l'usage totalement gratuit de la
langue anglaise, qui rappelle tout à fait l'invasion décervelante dont
nous sommes victimes quotidiennement à travers la publicité
commerciale.

Salutations militantes,

Aurélien Djament.

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Cher collègue,
> Je partage entièrement l'avis de notre collègue Aurélien Djament.
> L'usage systématique de la "Langue de l'empire" s'inscrit dans une
> politique générale dont nous sommes quasi unanimes à déplorer les effets
> destructeurs et que nous sommes nombreux à combattre.
>
> La demande d'usage de notre langue nationale n'a naturellement rien de
> commun avec un repli chauvin; elle participe de la défense de notre
> université et de la diversité des cultures, la nôtre comprise sans
> parler de la défense de notre souveraineté nationale, que l'Union européenne, grande championne du tout-anglais, a depuis plusieurs décennies
> sérieusement mise à mal, notamment à l'université. Mieux vaut apprendre et apprécier les langues étrangères, anglais compris, que s'acharner à publier dans un> anglais dont l'usage, au surplus, ridiculise nombre de ses utilisateurs.
>
> Alors que depuis des années, nombre de grands groupes multinationaux, ceux
> à tête "française" incluse et banques en tête, ont décrété l'anglais "langue
> de travail", les universités et la recherche assaillies, en France et
> ailleurs, s'honoreraient à promouvoir leurs langues nationales  respectives.
> Bref, la question mérite un examen approfondi et l'agrégé de grammaire et
> promoteur de la littérature universelle René Etiemble de nouveaux
> lecteurs.
>
> Bien cordialement,
>
> Annie Lacroix-Riz,



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D'accord avec Aurélien Djament, Gérard Streletski, Anie Lacroix-Riz:,
etc. on ne peut accepter, au nom de la défense de l'Université,
de défiler sous une bannière anglo-américaine. C'est de la Marche de
Tous les Savoirs dont nous avons besoin (ou encore Fierté de tous les
Savoirs, ou autre traduction pertinente).
Avec cette considération supplémenaire: l'utilisation de la langue
nationale dans la transmission des savoirs est un
impératif, pour la qualité même de cette transmission. Nous devons
refuser la paresse
intellectuelle consistant à utiliser un terme franglais en lieu et place
d'une expression dans la langue nationale (pour nous le français, oeuf
corse :-) ;-) ).
Dans la transmission des savoirs, la capacité à traduire correctement un
terme anglais démontre la capacité à comprendre un concept.
Je pourrais citer cent exemples qui illustrent par l'absurde le
contraire: l'utilisation de l'anglais dans un séminaire en français
peut cacher une incompréhension profonde du concept.
Il ne s'agit donc pas ici de chauvinisme culturel. D'une part la défense
de la diversité linguistique, trésor culturel de l'humanité, impose de
ne pas se rallier
au sabir disgracieux de l'anglais international. Mais d'autre part, il
s'agit, par le choix d'un terme français pour la Marche de tous les
Savoirs (ou encore Fierté de tous les Savoirs, ou autre traduction
pertinente) de donner l'exemple de la rigueur intellectuelle dans la
transmission des savoirs que nous défendons. Il s'agit d'un symbole de
la qualité de l'enseignement, notamment universitaire, et de la
communication scientifique entre locuteurs d'une même langue nationale,
indispensable dans la recherche.

Il serait lamentable, dans une marche pour la défense de l'Université et
de la recherche, de donner le mauvais exemple...
Pascal Lederer


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Je m'associe pleinement à ce regret et à cette inquiétude.

Dans notre société, se développe une forme d'impérialisme culturel, paré des mêmes vertus d'universalisme (d'alignement) et de "modernisme" (imposition de nouvelles valeurs sur mesure...) que les réformes universitaires que nous combattons, et procédant de la même idéologie.

La langue a toujours été le support d'une conception du monde, au delà même des outils de communication qu'elle met à disposition, et des possibilités syntaxiques et sémantiques qui découlent de sa construction historique, "marquant" discrètement son identité sociétale.  La langue cristallise naturellement les valeurs dont elle se fait majoritairement la voix et l'écho, comme s'il restait un peu de nos débats dans les méandres de nos habitudes langagières -ou plutôt, pour prendre le bon paradigme, comme si notre perception de cet instrument se colorait à mesure qu'on en constate les créations.

Bref. Le combat des mentalités se gagne aussi et d'abord par la bataille du langage, de la "novlangue" technico-commerciale, "managériale", qui réduit le champ d'exercice de l'intelligence en même temps qu'elle supprime des nuances et des alternatives, à cette attractivité artificielle et cette attractivité de l'artificiel -à ce plaisir malsain qu'on nous fait prendre à démontrer notre aptitude au conformisme.
On nous fait implicitement considérer comme une marque d'adaptation réussie à l'époque que de baragouiner un anglais de comptoir, et de préférer un mot étranger justement parce qu'à ce titre il fait certes référence à la même chose, mais dans un autre état d'esprit. Terrible dénigrement de nous même en réalité !


Cet exemple malheureux d'appellation de l'évènement montre à quel point la manœuvre réussit, à quel point l'acculturation intensive que nous subissons est efficace malgré nous, à quel point nous nous laissons enfermer dans cette logique.
Vous me voyez ce soir véhément et amère : c'est de constater comme moi aussi, quand j'imagine un titre de film accrocheur, ou que je parodie une annonce, cela me vient en anglais, cela sonne bizarrement "mieux" en anglais. De me rendre compte que si je suis fortement choqué de voir les inventeurs du Lépine rivaliser d'anglicismes approximatifs pour désigner leurs trouvailles régionales, malgré moi j'en comprends la pulsion.

L'anglais est devenu pour nous, dès à présent, une sorte de Hiératique, comme dans l'Egypte ancienne, et notre "vieux" français, si prisé par snobisme dans d'autres pays, un simple "démotique" à nos yeux. Une langue courante, sans rien de "sacré", sans emphase en elle ; une langue qui décrit, mais pas une langue qui nomme.

La résistance à cette agression culturelle, idéologique et en fait identitaire, ne peut venir que de nous, universitaires. Pas parce que nous serions tous des littéraires : je suis automaticien. Mais parce que cette lutte se retrouve dans nos valeurs, et qu'elle participe de ce combat bien trop vaste que nous avons, à notre corps défendant et par un angle étroit, commencé à mener contre l'inacceptable projet de société généralisé du libéralisme.

Bien à vous,

   Matthieu Varnier


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Contibution de Lucien Wasselin

CONTRIBUTION A LA DEFENSE DE LA LANGUE FRANCAISE

  

Je viens de terminer un essai sur le poète contemporain François Laur, essai qui va paraître très prochainement aux éditions Rafael de Surtis. Quel rapport avec la défense de la langue française? Ceci, tout simplement.

   

    Relisant son œuvre, j'avais été frappé par la richesse de son vocabulaire. J'avais relevé dans l'une de ses plaquettes, Pleines sèves pour nos jours (2004), quelques-uns des mots rares qui s'y trouvaient: coruscante, bréhaigne, flouve, cers, spics... Mon ordinateur voit rouge quand je saisis ces mots: il me les signale comme mal orthographiés, autant dire comme inconnus ou incongrus (pauvreté du dictionnaire électronique intégré à ma machine conçu sans doute par les yankees!). J'écrivais alors dans cet essai: "Richesse et rareté des vocables comme si, pour François Laur, il s'agissait, écrivant pour dire la présence au monde et le bonheur qui y est lié, d'enrichir la langue de tous, de lutter contre l'appauvrissement généralisé du vocabulaire orchestré par le pouvoir, l'économie et la plupart des médias. On ne le dira jamais assez: la langue la plus riche permet une pensée plus riche, plus féconde, une conscience plus aiguë du monde et de ses enjeux et aide à lutter pour transformer le monde."

J'avais remarqué dans une autre de ses plaquettes cette expression: "Il fait soir, la brise calmit..." Je m'interrogeai alors sur cette forme étrange d'un vieux terme de marine; mon vieux dictionnaire Littré (en un volume) donnait calmer. S'agissait-il alors d'une coquille, auquel cas il aurait fallu lire calmait ou calma? Ma pensée dériva alors vers ce qu'Aragon désignait comme des beautés apollinariennes qui résident dans l'incorrection même. (Petite remarque enpassant, mon dictionnaire intégré m'alerte sur "apollinariennes": le vocabulaire aragonien est  inconnu de mon Mac qui me signale également que "aragonien" n'est pas conforme...) Qu'on se rassure, je ne suis pas devenu fou: j'ai consulté la version 1.3 du XMLittré en ligne sur un célèbre moteur de recherche qui condescendit à me donner calmir comme "autre forme de calmer: devenir calme, en parlant de la mer et des vents".

 

Ce n'est pas l'anglais basique d'une pauvreté affligeante des affaires et de la communication qu'on voudrait nous imposer qui permet cette richesse de la  pensée et du plaisir esthétique! Le globish n'est qu'un sabir qui, au sein d'un dispositif extra-linguistique, entend nous asservir à un système économique aussi injuste qu'inégalitaire et qui a fait la preuve de son inefficacité sociale. Voilà ce que je voulais vous dire dans cette Assemblée générale fondatrice du COllectif Unitaire Républicain de Résistance, d'Initiative et d'Emancipation  Linguistique: vos objectifs sont les miens...

 Lucien WASSELIN, écrivain




Lettre(s) de l'ASSELAF

file:///C:/Documents%20and%20Settings/PELLET/Bureau/%20Lettres%2046.pdf

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Courrier adressé par Franck Grandmaison

Délégué Syndical UDPA-UNSA
 AXA


> Bonjour,
>
> Veuillez trouver en pièce jointe le communiqué de notre organisation
> syndicale relatif à l’ouverture, dans le groupe AXA demain 28 avril,
> des négociations sur l’usage de la « langue française ».
>
> Ces négociations constituent un *précédent en terme de dialogue
> social* puisqu’elles ne sont pas issues d’une action en justice (comme
> ce fut le cas pour la société GEMS) et viennent récompenser des mois
> de revendications et de sensibilisation.
>
> Merci (de diffuser largement).
>
> Cordialement
>

> Franck Grandmaison
>
> Délégué Syndical UDPA-UNSA
> AXA



« « La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert (*) »

 

   Si pour beaucoup d’entre nous le terme mondialisation suscite crainte et méfiance car trop souvent synonyme de délocalisations et de plans sociaux, il est un autre aspect tout aussi dévastateur et pourtant régulièrement occulté quand il n’est pas sciemment accepté : L’imposition progressive d’une langue « globale » de travail : l’anglais.

Réduites à de simples instruments de communication, considérées par de nombreuses  entreprises comme un frein à leur développement, les langues, dans leur diversité, représentent pour leurs dirigeants une barrière interculturelle que le tout anglais suffirait à franchir.

Communications diverses infestées d’anglicismes et de mots non traduits, réunions anglophones pour assemblée de salariés  francophones, outils informatiques et documents de travail exclusivement en anglais, échanges transnationaux dans cette langue et dans cette langue uniquement.

Plus qu’un constat c’est une évidence, l’usage du français dans les entreprises, sur son territoire, cède peu à peu sa place.

   Acceptée avec complaisance par certains qui trouvent là un moyen de se différencier, traitée avec indifférence par d’autres qui n’y voient que la fatalité, cette uniformité du langage au travail ne semblait, jusqu’alors, émouvoir grand monde.

Passivité qui, d’ailleurs, n’a pas échappé à ces entreprises, s’empressant d’ériger en symbole de modernité et de performance la langue de Shakespeare.

L’instrument de communication qu’est la langue trouve alors subitement une autre utilité.

Il devient instrument de différenciation, de sélection, le premier signe d’adhésion à la sacro-sainte « culture d’entreprise ».

Difficile dans ce contexte pour un salarié d’avouer sa méconnaissance de l’anglais, encore plus difficile hélas de le voir revendiquer son droit au français.

Il y a quelques années, l’Etat  pensait pourtant prévenir de telles situations en légiférant sur l’emploi de la langue française.

La loi du 4 août 1994 dite loi Toubon visant à garantir un droit au français pour tous et  notamment au travail (article L122-39-1 du code du travail) a été depuis, il faut le reconnaitre, très souvent ignorée.

Mais ce n’est plus le cas.

De plus en plus de délégués syndicaux, d’élus du personnel de toutes instances se saisissent aujourd’hui de ce texte pour faire valoir le droit au français dans les entreprises :

GEMS, Europ assistance, Alcatel-Lucent, AXA, Société Générale, Hewlett Packard, Carrefour, Colgate Palmolive.

Les procès se multiplient et la résistance linguistique s’organise.

Tous dénoncent les conséquences sociales de ce choix mono linguiste :

Condition d’accès à l’embauche, discrimination dans les carrières, insécurité dans le travail, stress.

Les premiers dégâts apparaissent et l’unité syndicale règne pour s’en faire l’écho.

L’UNSA, pour sa part, s’est montrée depuis le début partie prenante face à cette tentative d’envahissement linguistique.

Attachée au plurilinguisme et au respect de l’identité culturelle, notre organisation soutient et participe, par l’intermédiaire du syndicat UDPA-UNSA d’AXA, aux actions du collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France (CGT, CGC ; CFTC, UNSA).

  Ce collectif, dont le but est de sensibiliser le monde syndical, intervient également auprès des politiques et des medias pour que la France adopte un discours et une attitude clairs en matière de politique linguistique.

Car les abandons se succèdent :

Aéronautique, marine marchande, brevets d’inventions, sciences, recherche,

Médecine (Affaire des irradiés d’Epinal ou l’enquête du ministère de la Santé (AFSSAPS) a montré que plus de 50 % des logiciels de radiothérapie étaient en anglais sans traduction).

Autant de renoncements soulevés par le collectif illustrant le décalage entre le discours bienveillant du « français en partage », essence de la francophonie et la réalité parfois tragique de ce que subissent nos concitoyens.

A l’heure de la libre circulation des capitaux, des biens et des services, force est de constater que le simple usage de sa langue, sur ses terres et en dehors, lui, n’est plus assuré.

A présent, il n’y a plus d’équivoque, le droit au français est bel et bien une revendication syndicale, pour ne pas dire citoyenne, qu’il appartient à chacun de s’approprier.

La langue est un élément déterminant d’intégration et de cohésion sociale.

Dans la vie quotidienne, au travail, pour l’accès au savoir et à la culture, pour notre sécurité notre santé, exigeons le droit de disposer d’informations en français.

 

« Nous sommes chargés de l'héritage du monde, mais il prendra la forme

que nous lui donnerons »

(* André Malraux, le 17 Février 1969)

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hdmcampus@yahoo.fr a écrit :
>
> CE MERCREDI 29 AVRIL 2009 A 18H30> 
>
> C’EST « L’HEURE DE L’METTRE »> 
>
> Sur RADIO CAMPUS Lille 106,6 
>
> En direct et en archives sur www.campuslille.com
> <http://www.campuslille.com/>> 
>
> Pour tenter de masquer la dure réalité de la lutte des classes, la
> langue française n’y suffit plus.
Le /management /a pour fonction de
> tirer le maximum de plus-value du travail salarié, à l’aide de
> méthodes perverses visant à fragmenter, individualiser, diviser la
> production et les producteurs. Ils sont « responsabilisés », perdant
> leur statut d’ouvrier pour une appellation nouvelle, celle de
> /collaborateur/, d’/équipier/, voire pour les plus modernes celle de
> /team member/.
>
> Ainsi en va-t-il pour les heureux producteurs qui ont la chance de
> participer à « l’aventure Toyota ». Ils expérimentent de nouvelles
> méthodes de travail, incluant la production /just in time/, « juste à
> temps », histoire de ne pas perdre une seule miette de ces précieux
> profits séquestrés par qui vous savez… / /
>
> Car bien sûr, pour le /manager/ il s’agit avant toute chose de
> rentabiliser le travail ; mais il y a un autre aspect : en établissant
> un climat de /responsabilité /où chacun est supposé entretenir un lien
> quasi affectif avec le tout, l’entreprise, et son projet, on essaie de
> briser dans l’œuf toute contestation.
>
> C’est pourquoi, malgré des conditions de travail de fait détestables,
> malgré le stress et les troubles musculo-squelettiques, malgré
> l’envers vécu du décor, l’usine Toyota d’Onnaing a pu longtemps se
> prévaloir d’être un modèle dans une région ravagée par le chômage issu
> de la désindustrialisation. Ne pouvait-on constater un climat social
> d’une grande tranquillité chez Toyota ? 
>
> Or, le vernis craque vite, on le constate, quand un dirigeant de
> l’usine, excédé par un début de grève, déclare : /« Plutôt crever que
> de payer le chômage partiel à 100 % ! » /A ce jour, il n’est pas tout
> à fait mort, puisqu’à l’issue du mouvement de grève qui s’était
> élargi, les /team members /ont obtenu 95 %. C’est peut-être une petite
> victoire, mais dans le contexte actuel de curée, et pour le quotidien
> des salariés concernés, c’est une petite victoire d’une portée
> certaine. C’est aussi un coup de griffe sur le mythe Toyota et au-delà
> sur toutes les « illusions managériales ». 
>
> Nous parlerons de tout cela avec les délégués syndicaux de l’usine.  
>
> "l'heure de l'mettre"
> radio campus lille 106,6
> en direct sur www.campuslille.com 


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A propos de

- "Lyonairports"

Le COURRIEL, dès avant sa naissance toute proche, se félicite de la décision du Préfet du Rhône qui a refusé la dénomination ridicule "Lyonaiports" que la société des Aéroports de Lyon voulait se donner.

On trouve encore sur son site de multiples expressions "english" -c'est une mode- mais l'ignominie majeure a été évitée.

Le COURRIEL tenait à s'associer aux félicitations faites à ce préfet qui a su se positionner à contre-courant de la marche au

"tout-anglais".

Qu'il reçoive aussi nos remerciements pour avoir participé indirectement à notre combat.


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La CFE-CGC soutient le préfet Jacques Gérault

au sujet de « Lyonairport »

 

Le consensus de nos décideurs économiques prétend saborder la langue française au profit de la langue anglaise jugée plus moderne et plus porteuse de profits.

La CFE-CGC est attachée à une Europe pluraliste et solidaire, respectueuse des identités de chacun et dans le respect des langues des peuples.

Déjà 25 % des cadres français interrogés via l'observatoire du stress de la CFE-CGC indiquent une contrainte permanente par l'utilisation d'une langue qui n'est pas leur langue naturelle, les mettant de fait en situation de moins bonne maîtrise.

Cela peut s'entendre pour aller au devant d'autres peuples, mais quel intérêt d'en faire la langue de travail en France, alors que la langue française est reconnue pour sa plus grande précision par les diplomates, les juristes et les mathématiciens !

Les Chinois et les Japonais n'ont pas abandonné leur langue maternelle et cela ne les a pas empêché d'accéder au rang international qui est le leur !

A un moment où l'on voit la francophonie défendue uniquement par les pays francophones, il est temps de réagir.

Le préfet Jacques Gérault a bien vu le problème en citant les valeurs attachées à la langue car c'est la langue anglaise qui est attachée aux conceptions d'ultralibéralisme dont on voit les brillants résultats actuels tandis qu'à la langue française sont attachées des valeurs plus humanistes que certains qualifient de ringardes.

Faudra t-il changer nos décideurs économiques trop marqués par cette école qui a fait faillite ?

On peut se le demander quand la commission européenne prône l'anglais à tout va et s'occupe de la vinification du rosé, sujet hautement sensible pour la construction européenne !


- "Loire Valley"                     

Réponse du Président de la Région Centre

à une interpellation de Georges GASTAUD


Région Centre

Cabinet du Président Tél. 02 38 70 30 68 Réf. : CABjAFjAOj0417

Monsieur Georges GASTAUD 10 rue Grignard

62300 LENS

Orléans, le -9 AVR. 2009


 


Vous avez bien voulu appeler mon attention sur votre souhait que la dénomination Val de Loire puisse perdurer, contrairement à l'appellation Loire Valley trop souvent utilisée je vous le concède.

S'agissant de l'institution que je préside, je puis vous assurer que le Conseil Régional utilise bien la terminologie française et exclut de toute documentation l'anglicisme que vous avez dénoncé, à l'exception des documents exclusivement destinés à être utilisés hors de notre pays par un public anglophone.

Avec vous, je partage avec ardeur la volonté de défendre la langue française à une période où d'aucuns la martyrisent en la galvaudant.

 CONSEIL REGIONAL DU CENTRE

9, RUE SAINT-PIERRE LENTIN - 45041 ORLÉANS CEDEX 1

 

 




0000000000000000000000000000000000000


* French Republic *, par Robert Solé


> LE MONDE | 26.03.09 | 13h12
>
> Le préfet du Rhône, Jacques Guérault, doit être un fieffé
> réactionnaire. Figurez-vous qu'il vient de protester contre le
> changement de nom des Aéroports de Lyon, devenus Lyon Airports, pour  la modique somme de 200 000 euros. Et au nom de quoi, s'il vous plaît ? De la culture française !
>
> Ce fonctionnaire obtus n'a pas compris que la société, dont l'Etat est  actionnaire à 60 %, vise à /"devenir une plateforme aéroportuaire  majeure en Europe à la hauteur de son potentiel"/. Oui, monsieur, à la  hauteur de son potentiel ! Comme l'indique le communiqué de presse,  l'entreprise a déjà développé sa dimension internationale /"sur tous  les segments de trafic/ (low cost, hub de correspondances...)/"/,  agrandi son pôle immobilier/ "avec le programme hub business"/, et  proposera bientôt /"un SLA/ (service level agreement)/"/, tout en  favorisant l'assistance en escale /"au travers de sa marque Lyon  Executive Handling"/.
>
> Le préfet franchouillard se dit attaché à l'appellation /"Aéroport
> Lyon - Saint-Exupéry"/. Et puis quoi encore ? Dans quel calendrier  poussiéreux a-t-il déniché ce saint inconnu ?
>
>
> Article paru dans l'édition du 27.03.09


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INFORMATIONS


Brève AFP

 PARIS, 9 mars 2009 (AFP) - Des syndicats et associations français, italiens, québécois et allemands, réunis lundi à l'Assemblée nationale, ont dénoncé l'hégémonie de la langue anglaise au travail, et défendu le droit pour chaque salarié de travailler dans sa langue nationale dans son pays.

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Point bzh : un peu d’histoire !

mardi 23 septembre 2008, par Association Point BZH


- 2004 : dans le cadre d’un travail à l’Assemblée Nationale sur la protection des noms des collectivités, le député du Finistère, Christian Ménard entreprend de faire protéger les noms de collectivités et organismes publics en .fr. Il découvre parallèlement le projet de créer un .cat en Catalogne et lance l’idée de créer un .bzh en Bretagne.

- 2006 : Le .cat a été accepté par l’ICANN et entre en application. Le site Internet GéoBreizh lance une pétition en ligne en faveur de la création du .bzh. Le succès est immédiat. Quelques 10 000 signatures sont enregistrées en moins de quatre mois.
- Avril 2006 : Vœu du Conseil Général d’Ille-et-Vilaine en faveur de la création du .bzh.
- Juin 2006 : Vœu du conseil Général du Finistère en faveur de la création du .bzh. Le Conseil Régional de Bretagne adopte également à l’unanimité une résolution en faveur du .bzh.
- Juillet 2006 : lettre de soutien au projet du président du Conseil Général de Loire Atlantique, au nom de son institution.

- Années 2006/2007 : de nombreux courriers sont adressés au député Christian Ménard, en particulier une réponse positive du Ministre de l’Intérieur de l’époque…Nicolas Sarkozy. La réponse est loin d’être anodine, une autorisation gouvernementale sera en effet nécessaire pour obtenir l’accord de l’ICANN à la création du .bzh.
- Février 2007 : à l’initiative de la Région Bretagne, un comité de pilotage est mis en place pour entreprendre les démarches nécessaire à la mise en œuvre du .bzh. Ce comité est composé de représentants de l’association .bzh du député Christian Ménard, de représentants du site GéoBreizh, de membres de Bretagne Prospective et d’élus (majorité et opposition) du Conseil Régional.
- Juin 2007 : une première rencontre est organisée avec M. Amadeu Abril i Abril, fondateur du .cat pour la « communauté linguistique et culturelle » catalane.
- Juillet 2007 : Le Conseil Régional de Bretagne attribue une subvention de 24 000 € à Bretagne Prospective pour la réalisation d’une étude de faisabilité, sous l’égide du Comité de Pilotage créé en février.
- Septembre 2007 : Présence du .bzh à l’occasion de la Breizh Touch. Organisation d’un débat sur les enjeux des extensions Internet à caractère local ou culturel, avec les représentants du .cat et du projet de .paris. La pétition en ligne dépasse les 15 000 signataires.
- Septembre 2007 : participation de deux membres de Bretagne Prospective à une réunion de coordination entre régions/communautés culturelles désireuses de se doter de leur propre extension Internet. La réunion est organisée à Saint-Jacques de Compostelle, en Galice. Elle rassemble des représentants galiciens, catalans, basques, gallois et bretons. Un réseau d’échange d’information et de coopération est mis en place.
- Octobre 2007 : lancement de l’étude de faisabilité
- Octobre/Nov 2007 : un représentant de Bretagne Prospective participe à la 30ème réunion internationale de l’ICANN à Los Angeles. Premières prises de contact et d’informations.

- Janvier/Avril 2008 : prise de contact avec divers représentants de la société civile bretonne (associations, organismes professionnels, entreprises) afin de mesurer leur soutien potentiel à la création d’une extension Internet.bzh.
- Février 2008 : création – à titre préparatoire – de l’association www.bzh destinée à représenter le plus largement possible la société civile bretonne (en tant que communauté des utilisateurs du .bzh) et à déposer un dossier de « candidature » auprès de l’ICANN.
- Juin 2008 : 32ème réunion internationale de l’ICANN à Paris. L’ICANN confirme sa volonté de créer prochainement de nouvelles extensions Internet (potentiellement en 2009). Les membres du comité de pilotage .bzh décident de l’opportunité de la venue de l’ICANN en France pour faire l’annonce officielle de leur candidature à la création d’une extension bretonne.
- Juillet 2008 : présentation des conclusions de l’étude de faisabilité réalisée par Bretagne Prospective.
- Octobre 2008 : lancement d’une campagne pour la création du .bzh lorsque l’ICANN sera prête à accepter les dossiers de candidature. Nécessité de recueillir des fonds (300 000€), de sensibiliser très largement l’opinion bretonne et de rassembler le, plus grand nombre de signatures pour la pétition.

L’association www.bzh a besoin de l’adhésion de tous, dot bzh needs you !...


Il va sans dire que le texte qui précède et cet appel à adhésion n'ont pas notre... adhésion !


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Marianne2
Comment Sarkozy impose le «tout à l'anglais»

Secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise et Administrateur de Défense de la langue française, Marc Favre d’Échallens, dénonce la dérive du sarkozysme qui conduit à marchandiser les services publics en imposant de plus en plus massivement l'usage de l'anglais comme langue du management.

 
La crise financière et maintenant économique montre en pleine lumière l’indécence de nos  « élites » à vouloir nous imposer le modèle économique mis en place à la fin du 20e siècle dans les pays anglo-saxons, modèle qui est le meilleur des systèmes comme le Titanic était le meilleur des paquebots en 1912…
Ce système se résume, dans une large mesure, à la marchandisation de tous les domaines de l’activité humaine. Il s’attaque maintenant et notamment en France aux structures de type Sécurité sociale et Services publics par la mise en place de la New Public Management qui consiste comme l’on disait au XIIIe siècle à « exposer en proie » tous les domaines de l’activité humaine qui ne sont pas encore privatisés, soit directement par cession, soit par la mise en place au sein même de Services publics de rapports d’échange de type commercial en privilégiant la satisfaction des citoyens pris en leur seule qualité de consommateur ; les tarifs actuels de la SNCF en sont l’illustration édifiante.
La RGPP version française des politiques publiques anglo-saxonnes
La révision générale des politiques publiques (RGPP) mise en place en France depuis l’élection de Nicolas Sarkozy est la version locale de la New Public Management déjà appliquée au Royaume-Uni et que l'on retrouve aussi bien dans le projet de réforme de l’État comme celui de la privatisation annoncée de secteurs entiers de la sécurité publique par « coproduction de sécurité public-privé* ». La carte de paiement remplacera alors la carte d’identité comme elle remplace déjà la carte d’assuré social dans les services de soins états-uniens.
 Un signe apparent de cette société de proie est l’injonction de l’anglais comme vecteur du changement que l’on retrouve par exemple dans le projet de réforme de l’Ecole Nationale de la Magistrature dont l’un des objectifs est « de permettre aux magistrats de s’exprimer avec aisance en anglais juridique** ». Un magistrat qui parle anglais est-il un meilleur juge ? Tout à l’anglais - tout en anglais, c’est la marque ostentatoire de la soumission à ce nouvel ordre.
Du tout à l'anglais au tout en anglais
Mais ce capitalisme financier ravageur des subprimes avec ses dérives frauduleuses «madoffiennes», en passe aujourd’hui d’imploser, est aussi le produit de l’anglophonisation de nos élites qui ont suivi les mêmes cursus universitaires, qui sortent des mêmes écoles. Ecoles qui imposent des filières en anglais, collaborent avec des universités américaines et sont classées et notées par des revues, journaux ou instituts anglo-saxons qui jouent le rôle, mutatis mutandis, des agences de notation financière (cf. le classement du Financial Times des Masters en management).
Là aussi, tout à l’anglais - tout en anglais, cette pensée unique a contribué à la crise actuelle par panurgisme idéologique et linguistique ; aucune pensée indépendante, aucune approche économique novatrice. Car la diversité linguistique c’est aussi la diversité des pensées et des visions du monde. Tout ce qui n’est pas en anglais est déprécié. L’aliénation linguistique et l’humiliation culturelle ont toujours comme effet l’assujettissement économique et le déclassement social.

Les slogans et publicités pour parler anglais s’étalent sur les murs de nos villes et dans le métro. Nos zélateurs ne rêvent que d’Amérique ; de l’éducation à la sécurité intérieure en passant par le sport et la santé.
 
Une France bilingue ?
C’est, en fait, la mise en pratique zélée de la volonté affichée par  le Président de la République de faire de la France une nation bilingue*** et de nos enfants des zombies gorgés d’anglais, dociles à la langue des maîtres du moment.
Un monde anglophone ne sera, on le voit, pas le meilleur des mondes sauf à la manière d’Aldous Huxley ou de George Orwell qui est aussi l’inventeur de la « common decency » la décence ordinaire****, celle qui s’exprime par la simplicité dans le comportement et le rejet de l’humiliation de l’autre. L’homme ordinaire ne s’habille pas en Prada, ne roule pas en véhicule tout-terrain et ne souhaite pas que ses enfants deviennent les (petits) maîtres de la globalisation financière et ne parle pas la novlangue.
L’homme ordinaire n’est pas en priorité un consommateur mais un Citoyen ; rude tâche dans notre société globale que de remettre l’homme ordinaire au cœur de la société. C’est, il est vrai, moins drôle, en termes médiatiques, que notre société du spectacle, mais la vraie valeur travail devrait y gagner.
 
*Livre blanc présenté  le 15 décembre 2008 par le ministère de l’intérieur
** Mesure 14 de la réforme de l’ENM.
*** « Le président de la République m'a donné comme mission de faire de la France une nation bilingue"» Xavier Darcos 11/09/2007,
****Bruce Bégout, De la décence ordinaire. Essai sur une idée fondamentale de la pensée politique de George Orwell - Éditions Allia, septembre 2008, 6,10
 
Dimanche 08 Février 2009 - 22:40
Marc Favre d’Échallens
 



Lettre de Georges Gastaud à TELERAMA



*
Abonné G. Gastaud, Lens, professeur de philosophie en CPGE.
A la rédaction de Télérama. Merci d'accuser réception.
Copie à quelques amis que cette question intéresse.


Résistance linguistique*

Il y a au moins un effet collatéral positif à la décision de priver le
service public des ressources publicitaires désormais réservées aux sarkcopains de TF1. C'est qu'ont disparu des écrans publics les pubs en anglais qui préparent le public encore vaguement francophone de notre pays à basculer vers ce que M. Seillères, président du syndicat patronal/ Business-Europe /appelle "/la langue des affaires et de l'entreprise/". C'est donc sur les chaînes privées qu'on entend encore le Crédit agricole vanter son Livret A (/for you, for me, for everybody, /la Poste se contentant du sobre/ I love L.A.)/.
Mais pourquoi Télérama,
qui n'a rien objecté à ce que la France chante en anglais à l'eurovision, pas plus que le CSA, pourtant mandaté pour défendre le français, ne dénoncent-ils pas l'actuelle déferlante néo-coloniale du "tout-anglais" (enseignes, sites, /com /interne des grosses entreprises) si contraire au respect de l'/égalité/ entre les citoyens et entre les peuples? A ce rythme, le français sera en France dans peu de décennies l'équivalent  de ce qu'est devenu le gaélique en Irlande et il faudra lire  Rimbaud ou Césaire en traduction! Comment défendre l'exception culturelle et les acquis de 1945 et de 1789 si on reste indifférent à la rapide mise en place totalitaire d'une /langue et d'une pensée uniques/
à l'échelle planétaire?

*Georges Gastaud,* Lens


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Val de Loire, en français S.V.P.



La délégation DLF du Loir-et-Cher a monté, le 28 juin, une opération remarquable dans la gare de Blois en faveur de la langue française.

Elle visait à protester contre le choix, fait par l’Office de tourisme de la Touraine, de l’expression Loire Valley pour désigner le Val de Loire dans toute sa communication, même en France. L’opération a consisté à modifier, au vu et au su de tous, une affiche portant la mention en anglais.

Simple, pacifique, de bon goût, elle a été perçue et approuvée par un large public grâce à la distribution de tracts et au dialogue établi avec de nombreux voyageurs. La presse locale a relaté l’évènement, ajoutant ainsi à sa publicité favorable.

Bravo aux militants DLF du Loir-et-Cher qui se sont impliqués, à Jean Clochard, inspirateur et acteur de l’action, et au président Christian Colonna, grand ordonnateur de la manifestation.

Voir http://www.langue-francaise.org/Info_loire_valley_07_2008.php


Marceau Déchamps

Vice-président

Défense de la langue française

http://www.langue-francaise.org




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Allons-nous un jour retrouver la France ?

par Albert SALON

 

Il faut retrouver d’abord la cohérence de sa politique en matière de langue française et de Francophonie, car il s’agit de l’identité, du cœur de la Nation.

 

Or, l’urgence est aujourd’hui d’arrêter ce qui apparaît de plus en plus clairement comme une véritable offensive menée par des forces puissantes et convergentes, extérieures, certes, mais aussi et d’abord intérieures, venant de nos propres élites, qui semblent avoir décidé, en soutien aux forces extérieures qui veulent « punir la France » et la détruire, en haut par Bruxelles et la vassalisation à l’empire, en bas par les régionalismes et communautarismes de toutes sortes.

 

La nouveauté depuis peu de temps, tient au fait que des responsables publics eux-mêmes prennent part à l’offensive. Nous y bornerons notre propos d’aujourd’hui.

L’urgence apparaît, aveuglante, lorsqu’on compare les remarquables discours très « français » du Président de la République (9 mars 2007 et 20 mars 2008) et les actions concrètes menées par des ministres de son propre gouvernement :

- la ratification (encouragée, voire pressée par les ministres des Affaires étrangères et des Finances pour faire plaisir à la fois au MEDEF et à la chancelière allemande) du Protocole de Londres, des brevets européens ;

- la bilinguisation français-anglais (sans plus de mention d’autres langues) par M. Darcos de nos chères têtes blondes…et brunes ;

- les déclarations de M. Jouyet et de M. Kouchner (titre d’un chapitre de son livre : « L’anglais, avenir de la Francophonie » !) ;

- le choix des Affaires étrangères de laisser diminuer les moyens de notre politique culturelle extérieure et des réseaux encore superbes d’écoles, lycées, centres culturels, instituts de recherche, alliances françaises, que nous entretenons à l’étranger ;

- l’absence de réaction du Gouvernement, malgré nos indignations publiées, à la désignation en mai 2008 par France-Télvision, entérinée par la rue de Valois, d’une chanson en anglais de M. S. Tellier pour représenter la France au concours de l’Eurovision (avec ce beau résultat : France 19ème …sur 25 !) ;

- le refus gouvernemental de renvoyer systématiquement à Bruxelles les documents de travail UE qui sont envoyés en anglais seulement à nos administrations centrales, malgré toutes les démarches de nos associations depuis plus de cinq ans ;

- la carence du Gouvernement dans le soutien financier à l’OIF et à la Francophonie organisée ;

- l’abandon de fait de la solidarité privilégiée vitale avec le Québec lors du Sommet francophone d’octobre à Québec, au profit d’un alignement transparent sur les thèses fédéralistes d’Ottawa, qui étrangle, ouvertement, le fait français là-bas ;

- et l’acharnement de Mme Valérie Pécresse à imposer l’anglais, et l’enseignement partiellement en anglais, voire peut-être totalement à terme peu éloigné au-dessus du niveau de la licence, dans les grandes écoles et universités, et sa plainte osée dans une émission (LCP-Sénat !) du 12 octobre 2008, d’être gênée par ce qu’elle traite (étonnant de la part d’un ministre de la République !), de « lobby de la langue française  », comme si défendre ce qui fait le cœur de la Nation ne pouvait être que le fait d’un misérable « lobby ».

 

Oui ! Il faut retrouver la France que tant d’élites veulent réduire et soumettre à l’empire et au « marché » !

L’honneur d’une nation, comme d’un particulier, est d’être une personne bien identifiée (« quelqu’un ») et de s’y tenir. S’immerger dans un magma indistinct mène à l’oppression. Il faut s’ouvrir sans se diluer. Répondre à l’immensité du défi par l’envergure de la Résistance.

 

Albert Salon, docteur d’Etat ès lettres, ancien Ambassadeur.


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En Italie, dans les programmes de l’Instruction publique, se repose le problème de la langue unique qui induit la pensée unique.
On a du mal à comprendre comment nos gouvernants, de tous bords, ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de transformer les Italiens en un peuple de colonisés, privés d’une formation de qualité, sans identité et sans culture.
Une langue comme l’anglais, plate et dépourvue des nuances indispensables à la structuration de la pensée d’un esprit latin, doit être étudiée dans les cours universitaires qui considèrent qu’elle leur est appropriée, et, si nécessaire, dans des cours accélérés de deux ans environ après la fin des études.
On devrait, dans les divers enseignements, privilégier avant tout une connaissance parfaite et approfondie de l’italien qui est le langue maternelle, « condition sine qua non » pour acquérir la clarté de pensée et d’expression indispensable, assortie d’une bonne connaissance du grec et du latin.
Quant aux langues modernes, qui ne devraient être enseignées qu’à partir du collège, on devrait privilégier les grandes langues de culture de l’Europe, l’allemand, le français, l’espagnol qui sont des langues formatrices parce qu’au-delà de l’apprentissage de la langue même, elles contribuent à la structuration de la pensée, à l’acquisition de l’appartenance européenne et aux valeurs qui la sous-tendent.
Ce n‘est que de cette façon que nous arriverons à revenir à une école de qualité qui vise à la formation des jeunes et non à la mise sur le marché de prototypes schématisés, incultes et aseptisés pour les besoins des multinationales.

Anna Maria Campogrande
Présidente de Athena




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Et voilà !

s'exclame l'historienne Annie Lacroix-Riz en soulignant la phrase ci-dessous (en jaune)

AMSTERDAM 2010 : CONGRES DU COMITE INTERNATIONAL DES SCIENCES HISTORIQUES


Chers collègues, Chers amis,
Le comité français des sciences historiques a reçu de la part  du CISH (Comité international des sciences historiques) le programme du prochain Congrès d'Amsterdam prévu en  août 2010.
Cequi  termine ainsi la première phase de préparation de ce congrès
Nous vous adressons copie du  programme. Celui-ci  correspond aux grandes lignes fixées  lors de l'Assemblée générale de Pékin l'an dernier. Plusieurs thèmes proposés par l'intermédiaire du comité français ont été retenus, ce qui est une bonne nouvelle.
Aujourd'hui, en effet,   huit collègues français sont directement impliqués dans l'organisation des   thèmes retenus . Le bureau du Comité français avait  insisté lors  des réunions préparatoires  sur l'importance d'une présence significative des historiens français lors du prochain Congrès. 
Commence aujourd'hui la deuxième phase de mise au point du programme.
Nous vous invitons donc avec empressement à faire très rapidement  des propositions de communication dans le cadre d'un tel  programme. Dans un souci d'efficacité, nous vous signalons que ces propositions gagneraient à être prioritairement présentées en anglais.

Tout collègue qui souhaite proposer une communication dans une séance peut en faire la proposition en ligne. Il suffit de rejoindre le site du Congrès à l’adresse www.cish2010.org <http://www.cish2010.org> et de sélectionner la rubrique «S’inscrire».  En suivant les instructions à l’écran, on pourra insérer une proposition de communication qui sera automatiquement relayée vers le  responsable de séance.  Ce dernier fera le choix final des communicants de sa séance et fera connaître sa décision. 
En outre,  avec le Congrès d’Amsterdam, le CISH expérimente pour la première fois la pré-inscription en ligne (sur le même site)  pour tous les participants actifs aux séances. Veuillez noter qu’il sera possible de s’inscrire de la sorte jusqu’au 1er février 2009.
A toutes fins utiles, nous vous recommandons de communiquer également au Comité français vos propositions.
Si vous souhaitez obtenir des renseignements complémentaires, n'hésitez pas à contacter le secrétaire général du Comité français (pascal.cauchy@sciences-po.fr)
En formulant le souhait que la délégation française soit importante à Amsterdam, je vous prie de croire, Chers collègues, Chers amis, à l'assurance de mes sentiments les plus cordiaux,
 
Jean-François Sirinelli
Président du  Comité français des sciences historiques 

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Voici comment on s'exprime à l'Université 'française' de Strasbourg
Bonjour à tous,

It is our great pleasure to send you attached the final programme of
the 3rd FRESH meeting and to invite you to be part of this workshop
hosted by the University Louis Pasteur of Strasbourg from Friday 14
November to Saturday 15 November 2008.

FRESH (Future Research in Economic and Social History) meetings are
aimed at researchers in any field of economic and social history. The
meetings build on the concept that scholars present their ongoing
research at an early stage, i.e. normally before it becomes published
as a working paper or the like, and certainly before it is published
in books or journals. The main aim of the meetings is to gather
researchers in a friendly and non-imposing environment where they can
present their research and receive constructive criticism from their
peers.

For more information, please visit the FRESH and the AFC websites.

Yours sincerely,

Claude Diebolt, BETA/CNRS, University Louis Pasteur of Strasbourg.
Paul Sharp, Dpt. of Economics, University of Copenhagen.
Jacob Weisdorf, Dpt. of Economics, University of Copenhagen.
Et voici un extrait du Programme :
Strasbourg f r e s h meeting
[future research in economic and social history]
In association with
Cliometrica (Journal of Historical Economics and Econometric History) *
The Bureau d’Economie Théorique et Appliquée (BETA)
The Association Française de Cliométrie
Hosted by the University Louis Pasteur, Strasbourg, France
Programme
Friday, November 14, 2008
08:45-09:00 Claude Diebolt, Paul Sharp and Jacob Weisdorf: Welcome
09:00-10:15 1st Cliometrica Session
Johan Fourie (University of Stellenbosch) & Dieter von Fintel (University of
Stellenbosch):

Inequality in a newly settled, pre-industrial society: evidence from the Cape Colony tax
records
Dominic Behle (University of Tübingen):
The impact of the American Civil War on efficiency in manufacturing, 1860

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*Communiqué de l'A.FR.AV *
>
<http://www.francophonie-avenir.com/>*
>
> **
>
> *Mesdames, Messieurs les Sénateurs,*
>
> *Mesdames, Messieurs les Députés,*
>
> *Pouvez-vous nous expliquer pourquoi, s'il vous plaît, tout le monde
> s'offusque du fait que la Marseillaise a été sifflée au Stade de
> France, le mardi 14 octobre 2008, et que tout le monde se tait, par
> contre, lorsque la langue française est oubliée, bafouée, humiliée ?*
>
> *Pourquoi jette-t-on la pierre à quelques Arabes qui ont outragé notre
> hymne national et ne dit-on rien aux Français qui outragent
> quotidiennement notre langue nationale en lui préférant l'anglais ? *
>
> *POURQUOI CE DEUX POIDS, DEUX MESURES ?*
>
> *Pourquoi, par exemple, n'a-t-on pas condamné Bernard Kouchner* qui a
> donné récemment une entrevue en anglais en Israël, pays qui veut
> prétendument entrer dans l'Organisation Internationale de la
> Francophonie (OIF) ?*
>
> *Pourquoi, également, personne n'a protesté du fait d'entendre Mme
> Françoise Barré-Sinoussi, qui venait d'obtenir le Prix Nobel de
> Médecine, donner **une entrevue en anglais
> <mms://a988.v101995.c10199.e.vm.akamaistream.net/7/988/10199/3f97c7e6/ftvigrp.download.akamai.com/10199/cappuccino/production/publication/Autre/Autre/2008/S41/11641_HD_20h_20081006.wmv>**,
> et du Cambodge, qui plus est, un pays adhérent à l'OIF ?*
>
> *Et que penser de toutes ces publicités en anglais en France qui font
> dire au Philosophe Michel Serre **q*u'il y a *plus de mots anglais
> aujourd'hui sur les murs de Paris qu'il n'y avaient de mots allemands
> pendant l'Occupation* ?
>
> Bientôt, avec *LES PLANS** d'ANGLICISATION MASSIVE*, élaborés et
> soutenus par des ministres comme Xavier Darcos *qui a introduit
> l'anglais obligatoire à l'école dès l'âge de 7 ans pour nos enfants,
> comme Valérie Pécresse qui veut que l'on enseigne _en anglais_ dans
> nos universités, etc., nos enfants percevront l'anglais, non plus
> comme une langue étrangère, mais comme leur seconde langue, voire
> comme leur langue tout court ! *
>
> *Déjà, bon nombre de jeunes Français qui se lancent dans la chanson,
> préfèrent chanter en anglais plutôt qu'en français. Le cas Tellier, où
> pour la première fois la France a chanté en anglais au concours de
> l'Eurovision de la chanson, n'est pas, hélas, un cas isolé.*
>
> *Alors, Mesdames, Messieurs les Sénateurs, Mesdames, Messieurs les
> Députés, vous qui vous êtes si promptement et si justement indignés du
> fait que la Marseille a été sifflée au stade de France, nous vous
> demandons instamment de faire le nécessaire pour arrêter le processus
> d'anglicisation de notre pays. *
>
> *Si gouverner, c'est prévoir, faites en sorte alors, s'il vous plaît,
> que demain notre jeunesse ne chante pas la Marseillaise en anglais.*
>
> *Recevez, Mesdames, Messieurs les Sénateurs, Mesdames, Messieurs les
> Députés, l'expression de notre haute considération.*
>
> *
>
> Régis Ravat, Jean-Pierre Colinaro, Mustafa Bensima
>
> Pour l’A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com

>
> _Pour ceux qui ne l'auraient pas encore fait, merci de signer notre
> pétition en ligne (pétition de l'AFRAV ci-dessous):_ Pétition pour demander au président de la
> République, Nicolas Sarkozy, de respecter ses engagements électoraux
> en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le
> tout anglais. <http://www.lapetition.be/petition.php?petid=1896>

...........................................................................

Appel à signer la pétition au Président de la République

http://www.lapetition.be/en-ligne/ptition-pour-demander-au-prsident-de-la-rpublique-nicolas-sarkozy-de--tout-anglais--1896.html

 

Il doit respecter-ses-engagements-électoraux-en-matière-de-langue-française-de-francophonie-et-de-lutte-contre-le "tout-anglais"


Monsieur le Président de la République,

Lors de la campagne électorale que vous avez faite au début de l'année 2007 afin de présenter aux Français le programme politique que vous appliqueriez au cas où vous seriez élu, vous vous êtes prononcé à plusieurs reprises pour la langue française, pour la francophonie et pour la lutte contre le tout anglais.
En cela, votre discours du 9 mars 2007 à Caen était exemplaire. Il a surpris très agréablement tous ceux qui depuis des années attendent impatiemment qu'au sommet de l'État, l'on prenne enfin conscience de l'importance vitale de mettre en place une politique linguistique de haut niveau à portée internationale, capable de contrer en la matière les politiques du British Council et de la CIA pour imposer l'anglais partout dans le monde.
Ainsi, les défenseurs de la langue française, et du plurilinguisme en général, ont cru voir en vous l'homme qu'il fallait pour relever le défi linguistique de demain face à l'uniformisation du monde par l'anglais.
Au soir du discours de Caen, nous avions dans la tête et dans le coeur vos phrases pleines d'espoir et de vie, des phrases comme :
« La France, c’est une langue, une langue qu’elle met à la disposition de tous les hommes. Le français disait Rivarol ce n’est plus la langue française, c’est la langue humaine ».
comme :
« Le français, c’est l’âme de la France, c’est son esprit, c’est sa culture, c’est sa pensée, c’est sa liberté. C’est le droit de penser autrement que selon la pensée dominante. La diversité linguistique, c’est la condition de la diversité culturelle et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La langue n’est pas une marchandise, la langue n’est pas une technique ».
comme :
« L’obsession d’une langue unique au prétexte de l’efficacité est un leurre qui masque les effets de domination de la pensée unique dont la langue unique est l’antichambre. Mais l’efficacité n’est même pas prouvée : la Renaissance où tout le monde s’est mis à penser et à écrire dans sa langue nationale fut plus féconde pour la pensée humaine que les longs siècles de domination exclusive du latin, comme si la créativité était bel et bien inséparable de la diversité ».
comme :
« Nous avons le devoir pour nos enfants, pour l’avenir de la civilisation mondiale, pour la défense d’une certaine idée de l’homme, de promouvoir la langue française ».
comme :
 « Si je suis élu, je mettrai la francophonie au rang des priorités diplomatiques de la France. Je renforcerai tout à la fois le dispositif de l’action culturelle de la France à l’étranger et l’aide à la création, parce que c’est par la création que le français rayonne ».
comme :
« Je veillerai à ce que dans les entreprises installées sur le territoire français la langue de travail soit le français dès lors qu’il n’y a aucune nécessité économique ou commerciale qui oblige à s’exprimer dans une autre langue ».
comme :
« Je me battrai pour que dans les instances européennes et à l’ONU le français continue d’être employé. Ce sera naturellement une obligation absolue pour tout représentant de la France dans des organisations internationales ».

Hélas, loin de ces belles phrases, force est de constater, que seulement quelques mois après l'exercice de votre mandat, entre votre discours de Caen et la réalité, un fossé s'est creusé, et qu'un gouffre même est en train d'apparaître.
Pour preuve, la très honorable Académie de la Carpette anglaise* -- qui décerne chaque année le Grand Prix de l'incivilité linguistique à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française --, a nommé cette année pas moins de 6 candidats issus des membres du Gouvernement.
La gagnante a été Christine Lagarde, ministre de l'Économie et des Finances coupable de communiquer en anglais avec ses services de Bercy.
Les autres récipiendaires ne sont pas en reste non plus :
Valérie Pécresse et Jean-Pierre Jouyet, respectivement ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et secrétaire d’État chargé des Affaires européennes auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, coupables d'avoir fait la promotion du protocole de Londres dans un article commun (« Le brevet européen, maintenant ! »), publié en juillet 2007 dans Le Monde.
 Jean-Marie Bockel, secrétaire d'État à la Francophonie(!), coupable d'avoir célébré les futurs bienfaits du protocole de Londres dans un article publié en septembre 2007 dans Le Monde (« Ratifions le protocole de Londres ! »).
 Xavier Darcos, ministre de l’Éducation nationale coupable de faire la promotion du bilinguisme en France (sous entendu bilinguisme français-anglais) en déclarant « Le Président m’a donné mission de faire de la France une nation bilingue », déclaration contraire avec la politique suivie, jusqu'à maintenant, favorisant le plurilinguisme et l’apprentissage de deux langues étrangères vivantes.
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication coupable d'avoir lancé une « réflexion » sur les synergies possibles entre TV5 Monde, France 24 et RFI (Radio France international), sans y avoir associé nos partenaires suisse, belge et canadien acteurs essentiels de TV 5 Monde.
Ajoutons aussi à cette liste des promus à la Carpette anglaise 2007, l'UMP Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, commissaire responsable du Transport, coupable d'avoir favorisé la mise en place d’une directive imposant dans le transport aérien, l'anglais à partir de mars 2008 dans toutes les communications aériennes même entre Français en France !

Bref, pourquoi, alors que vous dites dans tous les médias, que vous avez été élu pour appliquer le programme que vous avez présenté aux Français lors de votre campagne électorale, pourquoi en matière de langue française, de francophonie et de lutte contre le tout anglais, vous semblez avoir perdu la mémoire ?

Pourquoi tous ces ministres anglolâtres autour de vous, pourquoi de tels capitulards linguistiques aux commandes de notre pays ?

Cela dit, et forts de toutes ces constatations, permettez que nous vous demandions, nous, soussignés, par le biais de cette lettre-pétition, de bien vouloir réagir face à la déferlante du tout anglais qui nous assaille, de vous remémorer en cela votre discours de Caen et d'en faire une ligne de conduite pour vous et pour tous ceux que vous avez nommés ou nommerez pour gouverner la France durant votre quinquennat.
Afin d'empêcher l'anglicisation de notre société, il serait bon d'afficher partout dans tous les ministères comme dans toutes les classes de nos écoles, une note du style :
La langue française est, dans le contexte actuel de la mondialisation de l’économie, une arme de lutte contre l’uniformisation du monde par l’anglais. Entre communautarisme et mondialisme, entre tout ayatollah et tout Coca-Cola, elle est un juste milieu. Et si la liberté, c’est d’avoir le choix, alors, au nom de la liberté, la langue française doit, à son niveau, et avec d’autres langues, contribuer à ce qu’il y ait toujours le choix, dans la communication internationale, de pouvoir s’exprimer autrement qu’en anglais.

Nous vous demandons également, question de faire un peu de publicité pour la Francophonie institutionnelle, d'officialiser le drapeau francophone en décrétant qu'il soit mis systématiquement à côté du drapeau français chaque fois que le drapeau européen y est.

Dans l'attente et dans l'espoir de vous voir respecter vos engagements électoraux en matière de langue française, de francophonie et de lutte contre le tout anglais, pour l'honneur de la France et de la Francophonie, et pour le plus grand respect de la biodiversité linguistique du monde face au tout anglais uniformisateur, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre plus haute considération.

Régis Ravat
Président de l'A.FR.AV
(http://www.francophonie-avenir.com/)

...........................................................................


 

Communiqué de l'A.FR.AV

www.francophonie-avenir.com    

 

Non, au ministre de l'ANGLICISATION nationale !

 Mais qui va arrêter XAVIER DARCOS, professeur de lettres, paraît-il,  ex-ministre de la Francophonie (!) qui ne cesse de  tourner sa veste francophone pour collaborer prestement aux directives du British Council, aux vœux de Gordon Brown et aux objectifs de la CIA en matière d'expansion hégémonique de la langue anglaise ?

En effet, ce Sinistre de la République ne vient-il pas d'annoncer qu'il veut encore plus d'anglais pour les écoliers français et qu'il veut, en cela, leur proposer des stages gratuits « intensifs » à la langue impériale durant leurs vacances de février et d'été ?

Mais où va-t-on ? C'est ça l'Europe, ça sert à ça l'Europe : parler anglais, chanter en anglais comme Tellier à l'Eurovision, étudier en anglais, coopérer en anglais, vivre en anglais, travailler en anglais, etc. ? Bref, l'Europe, est-ce devenir Anglo-Américains ?

Que les Suédois s'adonnent à l'anglais, on peut le comprendre vu que leur langue n'est parlée que chez eux, mais les Français ont-ils oublié, ou leur a-t-on fait oublier, que leur langue, contrairement au suédois, est une grande langue internationale, parlée sur les cinq continents, formant, avec près de 60 pays l'ayant en partage, ce que l'on appelle la Francophonie, un potentiel de près de 600 millions de locuteurs ! En cette année 2008, où l'on fête le 400e anniversaire de la fondation de Québec, c'est-à-dire la naissance de l'implantation de la langue française en Amérique du Nord, nos hommes politiques devraient plutôt s'inspirer de ce que font nos cousins québécois en matière de défense, d'illustration et de promotion du français, plutôt que de suivre bêtement ce que font les Suédois pour disparaître dans l'océan anglophone.

Cela dit, pendant que nos politiciens anglicisent la France, ou parlent de langues régionales pour nous faire croire qu'ils s'intéressent à la diversité et au respect des langues, les Étatsuniens, eux, via l'Église adventiste, viennent d'envoyer à Madagascar 400 000 livres écrits en anglais pour favoriser l'implantation de l'anglais dans cette île de l'Est de l'Afrique qui n'avait  naguère que le malagasy et le français comme langues officielles. Aujourd'hui, l'Ile est en train de basculer à l'anglais. Qui s'en soucie parmi la classe politique française ?

De toute façon, comment peut-on reprocher à l'Afrique francophone d'opter pour l'anglais, alors que nos ministres (Lagarde, Pécresse, Darcos) se mettent tous à genoux devant la langue de leurs maîtres à penser étatsuniens ? Même Jacques Toubon, l'instigateur de la loi relative à l'emploi de la langue française en France, se laisse conquérir par l'anglais puisque cet été, le répondeur de sa messagerie électrique au parlement européen envoyait un message automatique d'absence en anglais et exclusivement en anglais ! Bel exemple, n'est-ce pas ? Preuve, s'il en fallait, que ce n'est pas la langue française qui est inapte à la communication internationale, mais que ce sont plutôt ceux qui sont chargés de la défendre aux plus hauts niveaux qui ne sont pas à la hauteur de la tâche.

Enfin, pourquoi le Président Sarkozy reste-t-il  muet devant la capitulation linguistique à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui dans notre pays, une capitulation sans précédent dans notre histoire ? Pourquoi laisse-t-il en place ces ministres capitulards dignes d'un Gouvernement de Kollaboration ? Si ne rien dire, c'est consentir, alors, le Président Sarkozy est d'accord avec cette politique de liquidation de la langue française, de la Francophonie et de la France ; et il  nous a MENTI lors de sa campagne électorale, lui qui, notamment, dans son discours de Caen, le 9 mars 2007, prônait fermement comme ligne de conduite à tenir pour sa gouvernance à venir, la défense de la langue française, la promotion de la Francophonie et la lutte contre le tout anglais.

 MENTIR à ses électeurs pour être élu devrait être un délit de lèse-majesté, en tout cas, c'est un VOL de voix, une faute grave qui devrait entraîner OBLIGATOIREMENT des sanctions, voire une démission.

Alors, ENSEMBLE, demandons au Président Sarkozy de se ressaisir, en lui faisant remarquer notamment, qu'il n'est pas logique d'envoyer nos soldats se faire tuer en Afghanistan au nom de la démocratie, et d'être soi-même si peu respectueux de la démocratie en France en n'appliquant pas à la lettre ce pourquoi on a été élu.

Merci d'agir avec nous pour la défense de la langue française, la promotion de la Francophonie et la lutte contre le tout anglais.

 

Régis Ravat

Président de l’A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)

 

Merci de signer notre pétition en ligne : Pétition pour demander au président de la République, Nicolas Sarkozy, de respecter ses engagements électoraux en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le tout anglais.

 

Note : Alors que la classe politique se tait devant la mise en place des plans d'anglicisation MASSIVE de Darcos, Pécresse et Cie, voici ce qu'un simple ouvrier agricole marocain, membre de notre association, a écrit, lui, à la Banque Postale en voie de privatisation-anglicisation :

 

   Mesdames et Messieurs de la Banque Postale,


   Je constate que vous faites actuellement une publicité en anglais (I Love L.A), que vous employez les mots anglais
« mail » ou « e-mail » en lieu et place du mot français « COURRIEL », que vous avez sur votre site un lien en anglais pour les anglophones, alors je vous demande, afin d'atténuer votre anglomanie, de mettre de l'arabe dans votre site.

Si votre anglolâtrie devait persister et que vous n'optiez pas pour l'arabe afin de contrebalancer cette maladie, j'alerterai la HALDE pour dénoncer ce racisme linguistique.


Saluti


correspondance : https://www.particuliers.labanquepostale.fr/FINANCEWeb/canalXHTML/contact/1-contact.ea

 

Mustapha Bensima, ouvrier agricole

Saint-Gilles (Gard) France

 

(Reproduction et diffusion, hautement recommandées)




Du courriel, pas d'e-mail !


 Madame, Monsieur,

Nous avons constaté récemment dans une de vos publicités que vous employiez le mot anglais « e-mail ».

Savez-vous qu'il existe un mot français « officiel » pour remplacer cet anglicisme ?

Il s'agit du mot  « COURRIEL », un mot inventé par nos amis québécois.

En cette période de forte anglicisation, il serait bon, nous semble-t-il, que tout un chacun fasse l'effort de bien parler le français, notre langue étant menacée comme jamais elle ne l'a été.

Recevez, madame, Monsieur, l'expression de nos meilleures salutations.

Jean-Pierre Colinaro

Pour l'A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)


COURRIEL, SACREBLEU !

 

Il est difficile de croire, dans un monde dominé par le « Micromou » de M. Guillaume Desportes (alias Bill Gates), que l'ordinateur personnel est dû à un Français, d'origine vietnamienne d'ailleurs. Tel est le prestige de la force brute. La Toile, elle, s'est bien développée pour répondre aux besoins de l'armée américaine. De mauvais esprits pourraient certes prétendre que son usage civil a d'abord été le fait d'individus peu sociables, vissés devant leur écran pour ne point sortir de chez eux. Qu'un pays sans cafés préfère, aux contacts humains directs, une « communication » désincarnée. Cependant, il n'est pas niable que la messagerie électronique représente aujourd'hui un outil commode, rapide et relativement fiable, sinon toujours synonyme de confidentialité.

Mais comment désigner ces messages que nous échangeons à foison, au point d'en inonder nos connaissances, et jusqu'à nous y perdre nous-mêmes ? L'anglais « e-mail », abréviation de « electronic mail », suivant une logique (déterminant-déterminé) inverse de la nôtre, une terminologie française s'impose. Or c'est dans une telle situation, lorsqu'un terme étranger, soutenu par une logistique commerciale agressive, tend à inonder les murs et les oreilles, que se manifeste l'intérêt d'une politique linguistique du français, appuyée sur une idée claire du but à atteindre, et sur un plan efficace pour y parvenir. En l'occurrence, il faut bien dire que nous avons assisté à un ratage, certes rattrapable, mais dû, il faut bien le voir, à une absence de sens stratégique. Nous ne sommes plus au temps où l'on pouvait mettre en circulation « ordinateur » sans craindre « computer ». La publicité, les médias, nous bombardent quotidiennement d'anglo-américain mal digéré ou mal traduit. Un snobisme irréfléchi, détournant de façon perverse le sens de la mode et l'esprit frondeur, pousse à capituler, à se couler dans un moule avant d'avoir compris ce qui était en jeu. Il faut dire également que les compétences et la réactivité nécessaires ne sont pas faciles à réunir, entre ceux qui ne voient pas, ou feignent de ne pas voir, le pouvoir des mots, et ceux des linguistes qui nous expliquent qu'on parle tout sauf français en France. Toujours est-il qu'en l'occurrence, la Commission ministérielle de terminologie de l'électronique a cru bon de recommander l'emploi de « mél », abréviation supposée de « messagerie électronique ».

Certains objecteront que ce n'est pas ainsi que se forment les abréviations dans notre langue. Là n'est pas le plus grave. «aMél », certes, est monosyllabique, alors que la forme canon en français est bisyllabique (métro, boulot, dodo, télé, cinéa) Mais surtout, le terme étant nouveau, il se passe ceci : l'interlocuteur demande de répéter, puis comprend, et s'écrie « Mél ? Ah, oui, ii-mél ! ». Résultat : un coup pour rien. Moins drôle encore : qui ne se souvient du mail de la ville de son enfance, de l'automne où l'on ramassait les marrons, de la foire-exposition, avec ses bâtons de réglisse et ses petits pains d'épices…Eh bien, aujourd'hui, dans la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, certains prononcent « mé-ile ». Plus colonisé, tu meurs !

Or nos amis Québécois, plus grands et plus précoces utilisateurs de la Toile que les Français, ont trouvé dès le début le terme qui convient : courriel. Le mot est bien formé, rime avec ciel, Gabriel…et se prête à la formation de dérivés, comme « courrielleur ». Pourquoi diable chercher plus loin ? Pourquoi, surtout, diviser nos forces, alors qu'il s'agit déjà, au départ, de lutter à contre-pente, de remonter le courant ? À croire qu'au pays de Descartes, le bon sens n'est pas la chose du monde la mieux partagée. Alors qu'il est ici la première qualité nécessaire, à mettre au service d'une volonté.

Qu'on nous comprenne bien : il n'y a ici ni fermeture, ni « crispation ». Toute langue, et la nôtre éminemment, vit d'emprunts, à condition qu'ils apportent quelque chose d'utile, et ne brident pas sa créativité propre, en répandant, de façon peu innocente, l'idée selon laquelle seul l'anglais serait capable de désigner les réalités nouvelles et d'exprimer la modernité.

Mais les Francophones, comme les autres, doivent garder la maîtrise de leur découpage du réel, de leur choix des concepts, et de la manière de les exprimer.

 

Courriel, sacrebleu !

 

Votre courriel : préparez maintenant votre communication de septembre Homefax a écrit : > > *FAX-MAIL-PRO > > **PUBLICITE PAR EMAIL - FAX - SMS* > > *PREPAREZ MAINTENANT VOTRE COMMUNICATION DE SEPTEMBRE* > > *__* > > *En Aout */FMP/* VOUS OFFRE DES BONUS* > > *_ > > > _* > */E-MAILING FAX MAILING > > FORFAITS > > > > *BONUS* > > > > Quantité totale > > > > PRIX > > 10 000 EMAILS ou FAX *+ 1 000* 11 000 300 € HT > 20 000 EMAILS ou FAX *+* *2 500* 22 500 550 € HT > 30 000 EMAILS ou FAX *+* *4 500* 34 500 800 € HT > 50 000 EMAILS ou FAX *+ 10 000* 60 000 1 000 € HT > > /* > > /*_VOUS UTILISEZ VOS FORFAITS COMME BON VOUS SEMBLE EN UNE OU > PLUSIEURS FOIS_*/ > > /*_TOUTES QUANTITES POSSIBLES A PARTIR DE 100_*/ > > *_ > _***Compte rendu d´envoi & tracking aprés chaque campagne*** > > RENSEIGNEMENT AU : 02 31 72 57 41 www.fax-mail-pro.com > * > > * * > > * > ------------------------------------------------------------------------

 

Lettre de Georges Hage et Georges Gastaud à Mme Carrère d'Encausse, Secrétaire perpétuelle de l'Académie française.


Georges Hage, député honoraire du nord,
 et Georges Gastaud, professeur agrégé de philosophie
aux Académiciens français aux bons soins de Mme H. Carrère d'Encausse,
secrétaire perpétuelle.

à Madame la Secrétaire perpétuelle,


Madame,

Nous avons constaté que l'Académie française avait pris position contre
la proposition parlementaire d'inscrire les langues régionales à
l'article 1 de la Constitution, avant même l'affirmation du français
comme langue officielle de la République française. Nous pensons pour
notre part que les langues régionales font partie en effet du patrimoine
national, mais nous sommes convaincus nous aussi que, dans la situation
actuelle, leur inscription dans la constitution constitue un premier pas
vers l'adoption par la France de la Charte des langues minoritaires qui
est un brûlot contre la France républicaine. Si grave qu'elle soit, la
promotion "ethnique" des langues régionales n'est cependant pas le
principal danger pour l'avenir du français. Le danger de loin le plus
grave est dans le choix d'une large partie de la classe dominante
française (qui se proclame elle-même l'élite de la nation) de promouvoir
systématiquement le tout-anglais. Nous avons en vue la scandaleuse
déclaration de M. Seillère, ancien président du MEDEF et président en
activité du syndical patronal européen "Businesseurope" qui, lors de sa
prise de fonction devant l'ancien président Chirac, a déclaré de manière
parfaitement provocatrice qu'il ne s'exprimerait plus désormais
officiellement "qu'en anglais, la langue de l'entreprise et des affaires".
Depuis lors, des syndicats CGT, CFTC, CGC, ont dû créer un collectif
pour le droit de travailler en français... en France!
Depuis lors, le nombre de publicités en anglais lors du "prime time"
(sic) n'a cessé d'augmenter.
Depuis lors, le gouvernement Fillon a signé le protocole de Londres sur
les brevets, qui condamne à mort le français scientifique.
Depuis lors, Mme Valérie Pécresse a déclaré qu'elle ferait sauter le
"tabou" des cours en anglais à l'université. Elle a surenchéri récemment
à la télévision en déclarant que l'anglais "n'est plus une langue
étrangère en France"...
Depuis lors, le ministre de l'Education nationale a décidé d'accélérer
la mise en place de classes bilingues en anglais et en français en
France DES LE PRIMAIRE.
Depuis lors, MM. Fillon et Kouchner se font un devoir de s'exprimer en
anglais à l'étranger.
Depuis lors, la France est représentée par une chanson en anglais à
l'eurovision.
Depuis lors, la France et les autorités de la francophonie ne pipent mot
quand les partis fascistes flamands de la couronne bruxelloise
discriminent grossièrement les enfants francophones, interdits de centre
aéré. De la même manière que ces autorités ne disent rien contre le
projet des "élites" suisses de mettre en place l'anglais comme langue
nationale, bien que les cantons germanophones viennent de repousser la
proposition gouvernementale de remplacer le français par l'anglais comme
première langue non maternelle.
N'oublions pas les dizaines de milliers d'heures de français qui
disparaîtront dans le second degré public si les projets Darcos sont
appliqués (on nous explique que les jeunes Français ont "trop de cours").
Bref, n'y a-t-il pas un programme véritablement antinational d'éviction
du français sur notre sol au profit de la langue de la mondialisation
néolibérale?
D'autant que les autorités européennes font tout leur possible pour
promouvoir l'anglais comme langue de fait de l'Union européenne (nombre
de traducteurs travaillant à Bruxelles en sont exaspérés).
Les "petites gens" de France sont les premiers visés par ce vaste
programme d'exclusion visant à les marginaliser dans leur propre pays.
Il ne s'agit évidemment pas de combattre l'anglais, qui n'est pas
d'abord la langue du "business", n'en déplaise à M. Seillière, mais
celle de Shelley, de Shakespeare et aussi de Jim Connolly.
C'est pourquoi nous avons lancé le manifeste ci-joint qui a rencontré un
grand écho. Un comité progressiste pour la défense du français sera
prochainement constitué. Un site sur la Toile est en activité sous
l'intitulé defenselanguefrancaise.

Nous tenions à vous en informer.

Avec nos saluts respectueux.
G. Hage, G. Gastaud


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L'Académie française contre l'inscription des langues régionales dans la Constitution

Texte officiel de la Déclaration de l'Académie française datée du 12 juin 2008

http://www.academie-francaise.fr/actualites/index.html

(Cette déclaration a été votée à l'unanimité par les membres de l'Académie française dans sa séance du 12 juin 2008).

Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France. Par un juste retour, notre Constitution a, dans son article 2, reconnu cette évidence : « La langue de la République est le français ».

Or, le 22 mai dernier, les députés ont voté un texte dont les conséquences portent atteinte à l’identité nationale. Ils ont souhaité que soit ajoutée dans la Constitution, à l’article 1er, dont la première phrase commence par les mots : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale », une phrase terminale : « Les langues régionales appartiennent à son patrimoine ».

Les langues régionales appartiennent à notre patrimoine culturel et social. Qui en doute ? Elles expriment des réalités et des sensibilités qui participent à la richesse de notre Nation. Mais pourquoi cette apparition soudaine dans la Constitution ?

Le droit ne décrit pas, il engage. Surtout lorsqu’il s’agit du droit des droits, la Constitution.

Au surplus, il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l’objet d'une politique.

Les conséquences du texte voté par l'Assemblée sont graves. Elles mettent en cause, notamment, l’accès égal de tous à l'Administration et à la Justice. L'Académie française, qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement, en appelle à la Représentation nationale. Elle demande le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution.

I

L'Académie française contre l'inscription des langues régionales dans la Constitution

Par Dominique CHABROL AFP - Lundi 16 juin, 14h52

PARIS (AFP) - L'Académie française s'inquiète de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution, qui porte selon elle "atteinte à l'identité nationale", et demande le retrait d'un article de loi en ce sens voté en mai par l'Assemblée nationale.

Une démarche "extrêmement rare" de l'institution, dont la mission est notamment de "veiller sur la langue française", souligne-t-on à l'Académie.

"Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France. Par un juste retour, notre Constitution a, dans son article 2, reconnu cette évidence: La langue de la République est le français", écrivent les académiciens dans une "déclaration" diffusée lundi.

Or, les députés ont, selon eux, adopté en première lecture le 22 mai un texte "dont les conséquences portent atteinte à l'identité nationale".

"Ils ont souhaité que soit ajoutée dans la Constitution, à l'article 1er, dont la phrase commence par les mots : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale, une phrase terminale: Les langues régionales appartiennent à son patrimoine", rappellent-ils.

Un amendement en ce sens au projet de loi sur la réforme des institutions déposé par le président UMP de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, Jean-Luc Warsmann, avait alors été voté à la quasi-unanimité.

S'ils ne contestent pas l'importance des langues régionales, les académiciens s'interrogent sur "cette apparition soudaine dans la Constitution", qui met "en cause, notamment, l'accès égal de tous à l'Administration et à la Justice".

L'Académie, "qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement", demande "le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution".

Les académiciens contestent en particulier la primauté donnée aux langues régionales, désormais inscrites dans l'article 1 de la Constitution alors que la langue française reste mentionnée dans l'article 2. "Il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l'objet d'une politique", écrivent-ils.

Les déclarations de l'Académie de ce type sont "rares et traduisent une vraie préoccupation" des académiciens, souligne-t-on Quai Conti.

L'institution est ainsi intervenue ces dernières années pour donner sa position et "attirer l'attention" des différents acteurs dans les débats sur la simplification de l'orthographe, la place du français dans les programmes scolaires ou la féminisation des noms de métiers et fonctions.

Lors de la discussion sur la réforme des institutions à l'Assemblée, la garde des Sceaux, Rachida Dati, avait donné son accord à l'amendement Warsmann. Le texte doit être examiné à partir de mardi au Sénat.




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 II

Langues : l'Académie ne veut que le français

Démarche très rare, les Immortels s'invitent dans l'arène politique. Ils appellent les parlementaires à rejeter le projet de loi sur les langues régionales.

Le texte sur la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution est examiné, à partir de ce mardi, au Sénat. Or, hier - fait très rare, traduisant une vraie préoccupation du quai Conti - les académiciens ont diffusé une déclaration appelant les parlementaires à retirer cette loi.

« Depuis plus de cinq siècles, la langue française a forgé la France, rappellent les académiciens. Notre Constitution a reconnu cette évidence : la langue de la République est le français. » S'ils ne contestent pas l'importance des langues régionales, ils s'interrogent sur cette apparition soudaine qui met « en cause, notamment, l'accès égal de tous à l'administration et à la justice ».

L'Académie, « qui a reçu le mandat de veiller à la langue française dans son usage et son rayonnement », demande « le retrait de ce texte dont les excellentes intentions peuvent et doivent s'exprimer ailleurs, mais qui n'a pas sa place dans la Constitution ».

Cet appel n'a pas manqué de susciter quelques réactions, dès hier. Jean-Jacques Urvoas, député (PS) du Finistère, estime ainsi que « chacun doit rester dans son rôle. En quoi l'Académie serait-elle légitime dans un débat constitutionnel ? Celui-ci appartient aux constituants », les députés et sénateurs. L'élu finistérien trouve, par ailleurs, « dommage que l'Académie ne se préoccupe que d'une seule langue. J'aurais aimé qu'elle utilise plutôt son influence à défendre les langues de France et sa diversité culturelle... »

Michel Mohrt pas d'accord

« Il faut que l'Académie française se souvienne d'où vient notre langue française », réagit de son côté le député (UMP) des Côtes-d'Armor, Marc Le Fur. Il regrette « ces arguments jaunis d'un jacobinisme d'antan ». Défendre les langues régionales, « c'est défendre la langue française qui a su puiser dans nos Régions de nombreux mots et expressions qui font la richesse de notre langue. Soutenir les langues régionales, c'est éviter que, demain, la langue française ne devienne un arbre sec coupé de ses racines. »

Autre réaction intéressante, celle aussi mesurée qu'embarrassée de l'académicien Michel Mohrt : « Les déclarations de l'Académie n'engagent qu'elle, pas les 40 académiciens, constatait-il sobrement, hier soir. Je dois d'ailleurs préciser que nous n'étions pas du tout unanimes sur ce sujet... »

Il semble, à écouter Michel Mohrt, Morlaisien bretonnant (qui a d'ailleurs beaucoup utilisé des tournures bretonnes dans ses romans), que, face au rouleau compresseur de l'anglais qui lamine la langue française, l'Académie ait d'autres priorités que la défense des langues régionales. Un combat jugé d'arrière-garde, en quelque sorte...

Christophe VIOLETTE.

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La Libre Pensée Vaucluse
http://librepenseefrance.ouvaton.org/      tél. 06 31 08 95 10
   18.06.2008


A propos de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution :

Abyssus abyssum invocat

(L'abime appelle l'abîme.)


« Les députés français ont levé un tabou hier en votant, à la quasi-unanimité, un amendement surprise au projet de loi sur la réforme des institutions. Cet amendement vise à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. "Les langues régionales appartiennent au patrimoine" de la Nation, indique le texte. Une formule qui complètera désormais l’article premier de la Constitution sur la "République indivisible, laïque, démocratique et sociale", si la réforme est votée par le Parlement réuni en Congrès en juillet. Mais l’article 2 continuera de stipuler que "la langue de la République est le français"
.
            France Info, 23 mai 2008

 

Quasi unanimité ! Cet amendement, qui fait consensus, a-t-il pour but de promouvoir ou de conserver les cultures locales ? On pourrait le penser, et croire que cette unanimité, de la droite à la gauche, reflète un esprit de tolérance et de diversité. C’est d’ailleurs ce qui sera plaidé et utilisé par tous les régionalistes et les séparatistes avec le soutien de l’Union Européenne. On pourrait croire d’ailleurs que ce court amendement « ne mange pas de pain » tant sa formulation est anodine.

 

Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la nation, ben oui ! Comme le camembert, le foie gras du Périgord, le tripoux auvergnat, le far breton et le clafoutis limousin, comme les châteaux de la Loire, les gorges du Tarn, François Mauriac et Charles Maurras, comme la vache bleue des Alpes et le bleu de Bresse comme le Saint Emilion et l’Aloxe Corton, comme…  Mais ni les fromages, ni les AOC, ni le Bordeaux, ni les cottages normands ne sont dans la constitution. Derrière tout cela, qu’y a t il ?

 

Il faut se souvenir qu’après analyse sérieuse de plusieurs organisations laïques, après une manifestation nationale, après de nombreux meetings et une réunion du parlement, la charte européenne des langues régionales et minoritaires, instrument de communautarisme linguistique préludant à l’éclatement de la République, a finalement été rejetée par le Conseil Constitutionnel comme contraire à la constitution.

 

Si l’on relit la décision du Conseil Constitutionnel, on s’aperçoit par ailleurs que sa décision est loin de s’appuyer seulement sur l’article 2 de la constitution de la Vème république précisant que « la langue de la république est le français ». En particulier, au point 5 de ses attendus, le Conseil cite l’article premier : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances". C’est bien d’incompatibilité avec le communautarisme qu’il s’agit.

 

Rappelons quelques étapes du combat de la Libre Pensée, rejointe par nombre d’associations laïques contre cette charte.

En octobre 1998, la Fédération d’Ille et Vilaine de la Libre Pensée lançait un appel intitulé « Non, la France ne doit pas ratifier la charte des langues régionales et minoritaires » invitant à une convention nationale. A l’initiative de la Fédération Nationale, ladite convention se réunissait à Paris le 30 janvier 1999. Les différents orateurs y analysèrent le contenu précis de la charte. Les participants unanimes demandèrent une audience au premier ministre Lionel Jospin, et appelèrent à développer des actions dans tous les départements.

 

De nombreuses réunions se tinrent alors, dont certaines plus que houleuses comme à Saint Brieuc où la conférence fut perturbée et même agressée par le groupuscule régionaliste Emgann. Le gouvernement de l’époque, prenait la décision de ratifier la charte « a minima ». Un leurre, comme l’analysait la Libre Pensée car les titres I et II de la charte, les plus importants sur le plan juridique, n’étaient pas négociables. Décision fut donc prise, à l’initiative de la Libre Pensée, l’Union des athées, Europe et Laïcité et le Comité Laïcité  et République,  appuyées par de nombreuses personnalités laïques, d’appeler à une manifestation nationale à Paris le 11 décembre 1999, contre la ratification de cette charte.

 

Entre temps, le Conseil constitutionnel avait rendu son arrêt  le 15 juin 1999. La manifestation, organisée par les seules forces des initiateurs, ignorée totalement de tous les medias jusqu’à son déroulement inclus, fut néanmoins un immense succès, réunissant plus de dix mille citoyens dans les rues de Paris. Elle fut prolongée par un colloque de haut niveau tenu à la Sorbonne le 13 mai 2000. La ratification de la Charte Européenne était devenue impossible. Nos lecteurs disposant d’un accès internet peuvent consulter l’ensemble des documents publiés à cette époque sur le site de la Fédération nationale (http://librepenseefrance.ouvaton.org). Conscience était prise que le texte communautaire et communautariste européen était totalement contraire à l’esprit comme à la lettre d’institutions républicaines. Par ailleurs, l’Académie française s’est adressée directement au Président de la République pour manifester son opposition à cette modification de la Constitution.

 

Comme la pratique devenue courante est de resservir le plat aux citoyens jusqu’à ce que bon gré, mal gré ils l’avalent, le but de la manœuvre n’est pas douteux. La charte européenne, avec son cortège d’institutionnalisation des particularismes linguistiques, est désormais compatible avec la constitution de la République. Merci la droite, la gauche, le centre et les non inscrits.

 

Ainsi en va-t-il de la constitution européenne : vous n’en avez pas voulu, c’est que vous n’avez pas compris. Voici le traité de Lisbonne, c’est le même, mais finalement, on ne va pas faire de référendum. Vous seriez capable de voter contre (ce que le peuple d’Irlande vient de confirmer avec éclat). Vos députés l’adopteront. Eux sont pour, indépendamment de votre avis. Ce sont des gens raisonnables. Décidément, si les voies du seigneur sont impénétrables, les voies de l’Union Européenne sont incontournables. Peu importe, amendement ou pas, les républicains se lèveront à nouveau s’il est encore question de ratifier la « charte ». Parce que l’esprit des lois républicain et le communautarisme féodal sont décidément incompatibles.


Avec la Libre Pensée, agissez pour la défense
de la République, une, indivisible, laïque et sociale !

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PRESSE ET MEDIAS

« Le talk » d'Orange et du Figaro : les médias ridicules

Ils sont de plus en plus ridicules, mais le savent-ils ? Entendez-les jargonner sur les antennes, dans les journaux ou sur Internet ! On en vient, comme pour les films en version originale, à souhaiter des sous-titres. À se parer des plumes du paon, savent-ils qu'en faisant la roue comme lui, ils exhibent leur croupion ? Pensent-ils vraiment qu'en truffant de mots anglo-américains leur langue maternelle, leurs « news » seront reçus comme des oracles ?

L'art du maquillage linguistique
« Le talk » d'Orange et du Figaro : les médias ridicules
Connaissez-vous « le talk » d'Orange et du Figaro ? Non, pas le talc dont on saupoudre les fesses de bébé pour lui éviter des rougeurs, mais « le talk » qui met du brillant et du clinquant à un simple et terne entretien télévisé. Car le mot « entretien » est bien trop commun. Pensez ! Tout le monde l'emploie et en connaît le sens : il désigne un échange entre une rédaction et un invité qui se soumet à ses questions et lui réserve les réponses qui lui chantent. C'est l'exercice par excellence de « l'information donnée », cette variété d'information qui, parce qu'elle est livrée volontairement par l'émetteur, n'a pour cette raison qu'une fiabilité limitée.

Aussi faut-il faire croire que l'entretien télévisé proposé n'est pas un entretien ordinaire. La preuve ? Il se déroule souvent dans un décor des « mille et une nuits », un tantinet mégalomaniaque avec bureau ou bar contorsionniste sorti tout droit d'une toile de Dali, et des murs qui ont des yeux et des oreilles partout, sous forme d'écrans inutiles pour persuader les gogos que tout ce qui se passe dans le monde est aussitôt capté dans le studio. Dans un pareil laboratoire de pointe, un entretien n'est plus un entretien. Il fallait l'affubler d'un nom prestigieux : Orange et Le Figaro n'ont rien trouvé de mieux que « Le talk », pas « The talk », mais « Le talk ». Pour sûr ça en jette ! Mais quoi au juste ? Sinon de la poudre aux yeux ! Ce n'est sans doute que l'abréviation d'une expression déjà répertoriée au dictionnaire médiatique, « le talk show », choisie pour désigner une émission de télévision qui se réduit à un entretien qu'on déguise en spectacle sous des myriades de projecteurs avec autour une clique réunie pour la claque.

La distinction technique comme argument d'autorité

Voilà où en est le microcosme des médias de masse. Pour tenter d'être pris au sérieux et de s'arroger une prétendue autorité, il s'invente une distinction douteuse. Il en est à afficher auprès d'un auditoire qu'il juge assez ignare pour s'y laisser prendre, un sabir semé de termes anglo-américains. L'allure faussement technique de celui-ci doit faire croire que, sous ses vocables exotiques, se cache une haute technologie du dernier cri.

En d'autres temps, ces médias seraient allés piquer des mots dans la langue latine ou grecque pour y draper l' insuffisance de leur suffisance. Aujourd'hui, ces emprunts incessants à l'anglo-américain sont les indices d'une prétendue distinction par une apparente insertion dans la culture de la première puissance scientifique du monde. Il paraît que l'habit fait le moine et que le premier inculte venu peut passer pour un expert en soignant son « look ». Même l'italien s'y met en vantant piteusement « il look professionale ». Quelle dégaine ! (Voir la photo ci-desous)

Va donc pour « le talk show » au lieu de l'entretien télévisé, « le desk » pour le bureau, « le live » pour le direct, « le prime time », au lieu de la première partie de soirée , « le morning », en guise d'émission matinale, le « off (the record) » pour « confidentiel », un « gap » pour un manquement, un ratage ou une lacune, un « outing off » pour un aveu, un « coach » pour un entraîneur ou un animateur, un « jingle » pour un indicatif, un « single » pour un disque d'une chanson, et tutti quanti comme on dit en italien.

Justement, Mme Carla Bruni-Sarkozy vient d'ajouter sa pierre, ou plutôt de la lancer, selon le Nouvel Observateur du 4 juin 2008, citant une biographie autorisée c'est-à-dire hagiographique : elle parle de « blind date » pour sa première rencontre avec son futur mari chez le publicitaire Séguéla, c'est-à-dire tout bêtement d'« un rendez-vous arrangé » entre les deux tourtereaux. C'est tellement plus élégant pour désigner ce type de service d'entremetteur !

Le mot « pool » inventé par les forces armées américaines lors de la 1ère guerre du Golfe en 1990-1991, est aussi assurément plus distingué que ce qu'il cache : le mot résonne comme l'animal de basse-cour avec raison pour une fois. Un « pool » était, en effet, une sorte de poulailler où le service d'informations des armées enfermaient, pour les tenir sous son contrôle, les correspondants de guerre en échange d' « informations données » livrées gentiment tous les matins lors d'une « point de presse », comme une fermière jette par poignées son grain de la poche de son tablier. Des transports sur les lieux étaient même organisés pour assister à des simulacres de combat, histoire de se dégourdir les jambes et de nourrir leurs médias d' « informations indifférentes ».

Un sort particulier doit être réservé à l'expression « presse people », écrit parfois « pipeul ». Elle a remplacé l'appellation « presse à scandales », afin sans doute de masquer le contenu méprisable de cette presse mais aussi le rôle joué par ses auteurs qui ne l'est pas moins. Mais c'est au prix d'une dévaluation méprisante du mot « people » qui, à l'origine, signifie « le peuple », et qui ici en est venu à désigner une populace de voyeurs.

Une nouvelle préciosité ridicule

Tout ce maquillage ne saurait pourtant faire illusion. Ce sabir caricatural vire à la farce, comme cette préciosité que Molière a brocardée dans « Les précieuses ridicules » et « Les femmes savantes ». L'un et l'autre ont en commun de nommer les choses les plus communes en termes ésotériques, incompréhensibles du non-initié à seule fin de le désorienter et de l'impressionner pour en tirer vanité. Que pouvaient bien être « les commodités de la conversation » ou « le conseiller des grâces » ? Un simple fauteuil et un miroir ! Quant au « trône de la pudeur », non, non, ce n'était pas une chaise percée placée sous un dais mais une simple joue qui peut rougir de honte, comme ne sont pas près de le faire ces gens des médias en confessant aussi pitoyablement leur ignorance et leur mépris de la langue française.

Il y a plus de 40 ans, en 1964, René Étiemble mettait en garde dans un livre contre la corruption de la langue française par l'emploi inutile de termes anglais : « Parlez-vous franglais ? » demandait-il. On ne peut pas dire qu'il ait été entendu. Les médias jouent au contraire avec plus d' empressement encore les supplétifs d'une colonisation en douceur des esprits en détruisant mot à mot la langue française comme on ruine méthodiquement pierre par pierre un édifice. Basta !

Paul Villach

Jeudi 05 Juin 2008
pierre.chereul@wanadoo.fr

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Langues régionales

 1



La défense PROGRESSISTE des langues et cultures régionales en France
passe par le REFUS de la Charte européenne des langues minoritaires" et
par l'alliance contre le "tout-anglais" des amis progressistes de la
langue française et des langues régionales.

Les initiateurs du Manifeste progressiste pour la défense de la langue
française défendent par principe la diversité culturelle et
linguistique. Ils considèrent qu'à côté du français, seule langue
officielle de la République, l'occitan et ses variantes, le basque, le
catalan, le breton, le corse, l'alsacien, etc. font partie du patrimoine
national ce qui signifie au moins deux choses:
-que l'Etat républicain doit se donner pleinement les moyens d'enseigner
à fond le français sur tout le territoire et qu'il doit permettre
partout aux élèves volontaires d'étudier la langue régionale de leur
lieu de résidence: chose de plus en plus impossible, étant donné la
multiplication des suppressions de postes dans l'enseignement publics;
-qu'on ne saurait les utiliser pour promouvoir une politique
régionaliste et séparatiste menaçant au nom de "l'Europe des régions" la
République une, laïque et indivisible" héritée de 1793. C'est pourquoi à
première vue, il n'y a rien à redire au fait qu'une large majorité de
députés se propose d'inscrire dans la constitution le fait que les
langues régionales font partie du patrimoine national. Mais tous ceux
qui ont étudié les langues savent qu'un signe n'a de sens qu'en
référence aux autres signes et qu'un texte ne vaut que par le contexte.
Or le contexte de ce énième projet de modification constitutionnelle n'a
rien d'innocent. C'est l'invasion du "tout anglais" qui se traduit,
entre mille autres faits plus graves, aujourd'hui même par la
pantalonnade d'une chanson en anglais censée représenter la France au
concours de l'eurovision. C'est le fait que, face au tout-anglais, des
syndicats sont contraints de revendiquer ensemble le droit de travailler
en français en France. C'est le fait que M. Seillère, baron de son état
et président du syndicat patronal européen bien nommé "Business-Europe",
veut très officiellement faire de l'anglais la "seule langue de
l'affaire et de l'entreprise". C'est le fait qu'une publicité sur deux
aux heures de grande écoute se fait en anglais et que de grands marques
"françaises" rebaptisent leurs produits phare "Blue Lion", "C3 start and
stop", "Renault Trucks", etc. C'est le fait que le gouvernement veut
"faire sauter le tabou des cours en anglais à l'université française" ou
que M. Bockel a avalisé au nom de la France le protocole de Londres qui
porte un coup très grave au français scientifique et technologique.
C'est le fait que l'Union européenne impose de fait, en violation de ses
engagements les plus solennels sur la "diversité", le tout anglais,
seule langue de travail du parlement européen, de la commission de
Bruxelles, de la Banque de Francfort. C'est le fait que lorsque Fillon
se rend en Amérique, il s'exprime en anglais (la langue de Shakespeare
prononcée avec l'horrible accent franchouillard de Fillon est-elle
l'avenir culturel du pays de Molière?). C'est le fait que le "ministère
de l'identité nationale" qui passe son temps à expulser de France des
ouvriers immigrés francophones ne lève pas le petit doigt pour protéger
la langue française, coeur de l'héritage national et joyau, au côté
d'autres langues, de la culture mondiale.
On peut hélas supposer que le vrai but du texte voté en choeur par la
droite ultra et par la "gauche" est de préparer le ralliement de la
France à la Charte des langues régionales, notamment promue par
l'Allemagne. Ce texte est ultra-dangereux puisqu'en introduisant dans le
droit français la notion de langue "minoritaire", il ouvre la voie à
l'implosion des traditions judiriques et politiques françaises issues de
Rousseau pour imposer la culture communautariste qui sous nos yeux, est
en train de provoquer l'éclatement de la Belgique. Il est évident que ce
virage à 180° de Sarkozy, qui s'est toujours prononcé jusqu'ici contre
la "Charte" promue par l'Allemagne signifie que la France officielle est
prête à toutes les capitulations à l'approche de la présidence
"française" de l'UE. Cette manière de "cerner" le français de toutes les
manières possibles, d'en haut par le "tout anglais", d'en bas par l'idée
à la mode de "langues minoritaires", est révélatrice d'une politique
criminelle, celle de la grande bourgeoisie française et des
"régionaliseurs" de l'UMPS, qui travaillent à ROMPRE l'héritage national
progressiste issu des Lumières, de 1789, de 1945 et de mai 68.
C'est pourquoi le fait que les députés français introduisent dans la
constitution l'amendement sur les langues régionales sans esquisser ne
serait-ce qu'un geste pour protéger la langue officielle de la
République ne peut qu'inquiéter. Ce n'est pas contre le français que les
amis des langues dites régionales doivent se mobiliser au risque de
justifier le proverbe russe qui affirme que "la souris ne connaît pas
d'animal plus dangereux que le chat". C'est au contraire contre le "tout
anglais" que doivent se rassembler tous les amis de la diversité
linguistique et culturelle, car l'imposition partout de cette langue,
qui n'est plus celle de Shelley ou de J. London mais celle du "Wall
Street english", est le support d'une immense entreprise totalitaire à
l'échelle de la planète, celle qui veut instaurer une langue, une
économie, une politique et une pensée unique pour mieux imposer la
domination sans partage des grandes sociétés capitalistes et de
l'impérialisme américain sur l'ensemble des peuples et des travailleurs.
Georges Gastaud


Le gouvernement cède aux lobbies des langues régionales
En dépit de ses promesses, Nicolas Sarkozy a flanché devant les lobbies
régionalistes de l'Union européenne. L'amendement voté jeudi pour modifier
la Constitution pourrait être le premier pas vers une France encore plus
inégalitaire.
Les parlementaires bretons en auraient presque dansé la gavotte ! Jeudi
après-midi, en plein débat sur la modernisation des institutions, les
députés ont voté à la quasi unanimité un amendement à l'article premier de
la Constitution. Objet du texte : graver dans le marbre que « les langues
régionales appartiennent au patrimoine de la Nation ». Anecdotique ? Pas
vraiment. Pour les régionalistes fervents, comme le Costarmoricain Marc Le
Fur (UMP) ou la députée de Lorient Françoise Olivier-Coupeau, c'est une
victoire de taille. Cette dernière, qui préside le groupe d'étude sur les
langues régionales à l'Assemblée, ne cachait pas l'enjeu du vote : « C'est
un premier pas, qui autorisera juridiquement la ratification par la France
de la Charte européenne des langues régionales. » Une Charte à la tonalité
très politique.

Vive les Ch'tis !
« Ca a l'air glamour comme ça, décrypte Yvonne Bollmann, auteur de La
Bataille des langues en Europe (Bartillat) On pense aux Cht'is, au charme de
nos terroirs. En réalité, ces textes cachent une politique beaucoup plus
sombre qui met en danger l'égalité des droits né de la révolution
française. » La chercheuse s'inquiète d'un « retour à la féodalité » à
travers l'émergence de minorités régionales qui, traitant directement avec
Bruxelles, chercheraient à s'emparer des prérogatives étatiques. Des lobbies
très actifs au Conseil de l'Europe, comme l'Union fédéraliste des
communautés ethniques européennes (UFCE), architecte, entre autres, de la
fameuse charte européenne des langues régionales, militent en effet pour un
régionalisme politique qui donnerait plus de poids aux « ethnies ». « Par
ethnie, il faut comprendre des minorités qui disposent d'une langue et d'un
territoire, comme les Flamands, les Occitans, les Corses, les Bretons ou les
Alsaciens », explique Yvonne Bollman.

« A terme, on va assister à un repli autour de régions puissantes, qui
imposeront des spécificités fiscales et juridiques, prédit même Pierre
Hillard, professeur de Relations internationales à l' l'Ecole supérieure du
commerce extérieur et auteur de La Décomposition des nations européennes
(François-Xavier de Guibert éd.). Au pays de l'hyper-centralisme
démocratique, on peine à partager ses craintes... Comment imaginer, chez
nous, des inégalités de droit entre les Français selon la région d'où ils
seraient originaires ? « C'est pourtant ce qu'avait proposé Edouard Balladur
lorsqu'il envisageait de régionaliser le Smic, rappelle Pierre Hillard. On
voit bien le risque : selon que vous viendriez d'une région riche, comme
l'Ile-de-France, ou d'une région moins aisée, comme l'Auvergne, vous
n'auriez pas le même Smic. L'enjeu est également financier : grâce au
régionalisme, les régions transfrontalières comme l'Alsace par exemple
s'arrogent déjà déjà la gestion des fonds structurels, qui s'élèvent quand
même à plus de 300 milliards d'euros pour la période 2007-2013. » Mais
l'Alsace est une exception, et ce vote-là ne concerne, pour l'instant, que
les langues. Problème, les spécialistes posent d'embarrassantes questions :
« Si ce n'était qu'une question de respect des langues et des minorités,
pourquoi reconnaître les seules langues régionales et pas le chinois ou
l'arabe, qui sont couramment parlées en France ? », interroge Pierre
Hillard. Oups. C'est vrai, ça, pourquoi ?

Sarkozy se contredit... une fois de plus
La polémique s'ouvre ainsi discrètement. Jusqu'ici, le débat n'avait pas
lieu en France, puisque le candidat Nicolas Sarkozy a toujours assuré qu'il
ne ratifierait pas la charte des langues régionales. Sa promesse avait
d'ailleurs été relayée le mois denier (!) par la ministre de la Culture en
personne, Christine Albanel. Mais à l'approche de la présidence française de
l'Union européenne, il semble que la force des lobbies allemands se fasse
sentir pesamment sur la politique française. Et la Sarkozie n'est pas une
promesse non tenue près. Reste à savoir si le Conseil constitutionnel jugera
l'amendement recevable. Réponse en juillet.

Tiré de Marianne


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Langues régionales 

2

lL'Assemblée nationale a adopté jeudi 22 mai 2008, à la quasi-unanimité, un amendement surprise au projet de loi sur la réforme des institutions visant à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. « Les langues régionales appartiennent au patrimoine » de la Nation, prévoit l'amendement présenté par le président UMP de la commission des Lois et qui complètera l'article 1 de la Constitution.

En quoi les langues régionales seraient elles brimées en France pour qu'il faille en catimini modifier l'article 1er de la Constitution, sans débat préalable ?

La diversité linguistique existe même si, bien souvent, elle relève plus du folklore que d'une réelle diversité culturelle. Vous imaginez MOLIERE ou VOLTAIRE traduits dans certains patois dont la conjugaison se limite à 3 personnes au lieu des 6 de la langue française ? Inscrite comme principe constitutionnel, elle introduit la division et contredit l'article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958: « La langue de la République est le français ». Cette nouvelle disposition : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine » située à l'article 1er hiérarchise ces principes fondamentaux. Ceci constitue une concession essentielle au communautarisme. Elle sera très vite instrumentalisée par les groupes de pressions qui ont réussi là un bon coup constitutionnel.

Ainsi, dans les écoles bretonnantes DIWAN (fondées en 1942 par le collaborateur notoire « JAN » puis finalement agréées quelques décennies plus tard par un certain « Djack Lang »), le Français deviendra la « seconde langue » pour toute la scolarité des élèves concernés.

C'est le principe même de citoyenneté qui est remis en cause et ainsi « différencialisé » selon les ethnies locales. Des droits différenciés constitutionnalisés au nom d'une langue régionale. Les rapports sociaux se construiraient alors dans des logiques communautaires à prééminence linguistique contre le principe de la citoyenneté, selon des droits différenciés et communautaires. Le lien communautaire s'opposera au contrat social, au contrat national. Toutes les revendications alimentées par des foyers identitaires valident ces tentations d'un communautarisme politique. Elles condamnent la laïcité et le « vivre ensemble » inhérent à la notion même de Res Publica. Le groupe deviendrait attributaire de droit et non plus le citoyen.

Le Conseil Constitutionnel dans sa décision 99-412 du 15 juin 1999, au sujet de la charte européenne dans langues régionales, confirme nos craintes lorsqu'il énonçait : « ''La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ; que le principe d'unicité du peuple français, dont aucune section ne peut s'attribuer l'exercice de la souveraineté nationale, a également valeur constitutionnelle ;

Considérant que ces principes fondamentaux s'opposent à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, définis par une communauté d'origine, de culture, de langue ou de croyance'' ».

Auparavant, dans une décision 96-373 du 9 avril 1996 portant statut d'autonomie de la Polynésie française : « Le Conseil a tenu à préciser, aussi, que la reconnaissance de la possibilité d'utiliser les langues tahitienne et polynésienne ne saurait aller contre le principe inscrit dans la Constitution que le français « est la langue de la République'' ».

Rappelons dans le cadre de l'affaire Diwan d'intégration des écoles communautaires linguistiques par immersion, donc avec l'usage exclusif de la langue bretonne comme langue d'enseignement, le Conseil d'Etat a fait droit à deux recours du CNAL et de l'UNSA Education en s'appuyant sur nos principes constitutionnels. Introduire aujourd'hui cette disposition dans la Constitution remet en question ces décisions. L'enseignement par immersion fait du français une langue seconde. Certes, on peut considérer que c'est du ressort de l'Etat d'offrir aux élèves qui en font la demande la possibilité de compléter le socle commun de connaissances requis par des matières optionnelles (des langues régionales, certains sports peu pratiqués, etc.). Est-ce bien au moment où l'Etat supprime 12500 postes d'enseignants et diminue drastiquement le nombre des heures/classe accordés aux EPLE pour l'enseignement des matières ESSENTIELLES qu'il faut accorder - avec la force d'un texte constitutionnel de surcroît - à quelques minorités locales des moyens supplémentaires... qui vont cruellement manquer pour l'enseignement du Français ou des Sciences Humaines ?

Décidément, le Sarkozysme est de plus en plus synonyme de remise en cause systématique des fondements de notre République et de retour en force à l'Ancien Régime... celui des « parlements » locaux réunis sous la seule autorité du Monarque !

Thierry P.

Directeur d'école primaire


syndicaliste

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le 16/05/2008 à 19:55

La société Nextiraone France (ex-Alcatel) a été condamnée par la justice à faire traduire en langue française un logiciel de gestion interne, qui n'était disponible qu'en anglais au détriment des salariés français, a-t-on appris vendredi de source syndicale.

La direction de Nextiraone France a jusqu'au 1er octobre pour se plier à cette obligation, sous peine d'une astreinte de 5.000 euros par jour de retard, passé ce délai, précise le jugement du Tribunal de grande instance de Paris, daté du 6 mai dernier, dont l'AFP a obtenu une copie.

Le Comité central d'entreprise (CCE) et la CGT de Nextiraone avaient assigné en janvier la direction, après que celle-ci a mis en place, en 2007, un nouveau système informatique de gestion interne, baptisé Saphire, destiné aux seize implantations européennes du groupe.

Le CCE avait obtenu la garantie de la direction, en juillet 2007, qu'une version française serait disponible en octobre de la même année, mais elle s'était au final limitée à mettre en place un didacticiel (sorte de traducteur au mot par mot) en français, "outil plus incomplet et en partie en anglais", avec "un maniement particulièrement lourd et complexe", note le tribunal.

Dans son jugement, il rappelle que la loi Toubon du 4 août 1994 prévoit que "tout document comportant des obligations pour le salarié ou des dispositions dont la connaissance est nécessaire à celui-ci pour l'exécution de son travail doit être rédigé en français".

Le tribunal souligne également qu'"une langue étrangère constitue pour un salarié, à défaut d'une maîtrise parfaite, un handicap important ne serait-ce que pour gérer les incidents, et comprendre les procédures hors-cadre ou les messages d'erreur".

"Dans l'entreprise, il y a 300 anglophones, pour 2.000 salariés en France, et seulement une centaine de francophones ont un niveau d'anglais performant" soulignant que l'entreprise comptait "beaucoup de gens d'une cinquantaine d'années ou plus, qui ne maîtrisent pas forcément bien cette langue", a expliqué à l'AFP Francis Battista (CGT).

La direction n'était pas joignable vendredi soir.




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Un article intéressant de Laurent SAUZE, écrivain


Pour que les français aiment à nouveau leur langue
Claude Duneton, dans son ouvrage fameux « Parler Croquant », explique qu’on ne crée plus de mots nouveaux en français.
Pourquoi une telle stérilité ? C’est une question que je me suis souvent posée.
Ce triste constat, fruit d’une étude pertinente, est hélas plus que jamais d’actualité. Le mal s'est même aggravé depuis l’époque où cet auteur écrivit son essai.
En effet, le stade suivant est désormais atteint. Non seulement on ne crée plus de mots nouveaux dans la langue de Molière, mais nos concitoyens usent et abusent de termes anglo-saxons.
Chaque jour, j’entends des gens qui parlent de « air-bag », « surfent » sur Internet ou évoque les « fashion-victims ». Souvent, la raison en est que des mots équivalents n’existent pas dans notre idiome national. C'est déjà grave, car cela témoigne non seulement de la puissance de création et de pénétration de la langue anglo-saxonne, mais surtout de la capacité d’invention et de résistance quasi-nulle de notre langue natale. Ces dernières années, le pire est arrivé. Nos compatriotes utilisent désormais les termes américano-anglais alors que leurs synonymes français existent.
Qui parmi nous n'a pas lu des articles de journaux parlant de « jobs » d'été ? Qui n'a jamais surpris quelque automobiliste utiliser ses « warning » ? Qui n'a jamais entendu de cadres dynamiques se lancer un sacré « challenge » ? Pourtant, il n'y a pas si longtemps, les jeunes cherchaient un petit boulot pour les vacances. Est-il si compliqué de faire fonctionner ses feux de détresse ? Et je ne crois pas qu'il soit moins glorieux de se lancer un défi.
Quotidiennement immergé dans un bain linguistique saturé de termes « franglais », dans son milieu professionnel ou influencé par les médias, le citoyen français intègre et utilise naturellement ces nouveaux mots. Ces termes ne sont que les pierres apparentes d'une véritable invasion économico-culturelle. On ne peut que constater avec tristesse combien sont peu nombreux ceux qui la dénoncent.
Tout ce processus d'assimilation psycho-induite se déroule sans heurt, et les termes en question entrent dans l'usage courant alors que leurs équivalents français tombent dans l'oubli.
Pourquoi donc nos concitoyens opposent-ils si peu de résistance ? Pourquoi sommes-nous si peu nombreux à tirer la sonnette d'alarme ? J'aimerais essayer de trouver un début d'explication à l'apathie linguistique de nos compatriotes.
D'aucuns diront que l'abus de distractions abrutissantes a endormi en eux toute fibre combative. Certes ! Mais pour que l'on défende quelque chose, il convient de l'aimer. C'est par amour de la patrie et de la liberté que de courageux anonymes ont rejoint l'armée des ombres. C'est par amour de l'Homme et de sa dignité que des centaines de milliers d'américains ont suivi le pasteur King. C'est par amour de la vérité que de courageux humanistes ont lutté contre les superstitions et l'obscurantisme. C'est par amour pour ses enfants qu'une caissière de supermarché accepte un travail et des horaires d'esclave.
Si les Français aimaient leur langue comme on aime ses enfants, alors de tous les provinces de l'hexagone s'élèveraient des voix indignées.
Comment réveiller cet amour ? Comment faire pour que nos concitoyens se réapproprient leur langue natale ?
Car il y a de cela un demi-siècle à peine, ils l’aimaient comme on aime un pays.
Nous sommes un petit nombre, lecteurs de cette feuille d'alerte, adhérents à cette association militante, et bien d'autres, à dénoncer l'invasion de la novlangue de la Mondialisation. C'est très bien ! Mais hélas, insuffisant.
N'oublions jamais que la langue appartient à ceux qui la pratiquent. Elle appartient au peuple. Cependant ce dernier ne se reconnaît pas dans sa langue. Alors, pourquoi la défendrait-il ?
La grande majorité de nos concitoyens n'a pour s'exprimer que le langage parlé qui est ressenti comme bas et populaire. Comme l'écrit Claude Duneton dans Parler Croquant : « Deux cercles se perpétuent en France, celui de l'élite qui possède le langage et celui du peuple français qui ne le possède pas. Les deux « communautés » tournent en rond sur elles-mêmes et ne se pénètrent pour ainsi dire jamais ».
Actuellement, la langue française est figée, et tous la contemplent comme une manière de monument historique, sorte de Panthéon à la froide beauté. Le peuple n'ose pas la toucher, de peur de se faire taper sur les doigts car on le lui interdit. L'élite, quant à elle, reste apeurée à l'idée qu'un quelconque rustaud ne la salisse de ses doigts grossiers.
Ainsi embaumée dans un musée mental aux longs couloirs déserts, le champ est laissé libre aux néfastes influences extérieures. Et les soldats de la novlangue de la Mondialisation déferlent dans les cœurs et les esprits comme sur de larges avenues bien dégagées de toute résistance populaire.
Ainsi découplé du peuple, notre idiome national me fait tristement penser à une langue morte incapable d'enfanter.
Et pourtant… Je suis convaincu que le français n'est pas mort. Il a quelquefois de ces réveils qui sonnent joyeusement, et portent en eux, lointains, imperceptibles pour une oreille non exercée, comme les échos d'une renaissance. Il suffit d'un rien pour que du cœur de nos concitoyens jaillisse la sève truculente et joyeuse de Maître François. Dans le cœur de chaque Français sommeille un Rabelais et dort un Cyrano.
Au cours des siècles, des solitaires ont porté la flamme, parfois unanimement célèbres, aimés de la foule mais souvent dénigrés par l'intelligentsia. Que possédaient donc ces personnes pour être ainsi aimées du peuple ? Car ce dernier ne s'y trompe pas en amour.
Ces gens ont su réveiller par leurs œuvres la joie de parler. Ils ont su stimuler le plaisir gustatif de savourer le langage. Car continuellement étouffé dans ses élans linguistiques, le peuple peut enfin exulter pendant ces rares moments.
Entendez-le rire en écoutant les dialogues d'un Michel Audiard ! Sentez-le s'amuser en lisant les jeux de mots subtils d'un René Goscinny ! Regardez-le retrouver sa noblesse perdue en savourant les tirades d'un Edmond Rostand.
Et quoi ! N'est-il pas un grand écrivain celui qui a écrit « Il ne faut jamais parler sèchement à un numide » ? Est-il totalement dénué de lettres et d'esprit celui qui a inventé ce dialogue (pour le bien comprendre, il faut savoir que le mot de passe dont il est question est cogito ergo sum) :
« Un légionnaire :
- le mot de passe !
Astérix, demandant à Obélix :
- Tu t'en souviens toi ?
Obélix, répondant :
- Oh, tu sais, moi, les langue étrangères… Et puis, toi tu penses, moi je suis »
Quel enfant ne s'est pas esclaffé de bon cœur en lisant un tel chapelet de jurons :
« Bande de zapotèques ! Espèce d'anacoluthe ! Au large, canailles ! Au large, flibustiers ! Moule à gaufres ! Brute ! Écraseur ! Cyclotron ! Oryctérope ! Anthropopithèque ! Espèce de Vercingétorix à la graisse de hérisson !… »
Et combien, sans doute plus nombreux qu'on ne l'imagine, après de tels déferlements de mots étonnants et détonants se sont mis à tourner fiévreusement les pages d'un dictionnaire, découvrant qu'un cyclotron est un accélérateur de particules, qu'une anacoluthe est une rupture dans la construction syntaxique d'une phrase, ou encore que l'oryctérope est un mammifère des savanes africaines, aux longues oreilles et au museau terminé en groin et grand amateur de termites.
Un grand amoureux de notre langue, grand amuseur public, a composé ce qui suit :
« Vous avez vu comme il a chu ?
Quand on ne sait pas choir… on ne choit pas !
Les gens ne savent plus choir !
Ils savent s’asseoir…
Mais ils ne savent plus choir !
Ils s’imaginent que choir, c’est déchoir…
Choir n’est pas déchoir !
Un homme qui a chu n’est pas déchu…
A condition qu’il choie bien !
Comme disait mon père :
« Où que tu chois, chois bien »
Parce que mon père savait ce que c’était que de choir…
… On l’appelait le père choir, mon père… »
En voilà un, sans en avoir l’air, qui fit plus pour la langue française que des armées de linguistes et des cohortes de grammairiens.
Certes, tous les artistes précités sont morts. Mais il y a peu, ils touchaient un large public, et continuent de la faire. La source n'est pas tarie. De nouveaux émergeront. Certains émergent peut-être déjà. Des exemples récents, pas forcément d’une telle qualité il est vrai, ont su réveiller l’intérêt de nos compatriotes pour le langage. Certains films de ces dernières années ont su redonner à nos concitoyens la joie de parler joyeusement et sans contrainte, le plaisir d’inventer.
Bien guidé, il n’y a qu’un pas à franchir pour passer des Visiteurs à Gargantua. Le chemin est loin d'être tortueux qui mène d’Astérix à Cyrano.
Depuis la nuit des temps, depuis cette lointaine époque des âges farouches où nos ancêtres contaient leurs exploits dans le clair-obscur mystérieux des feux de camp, les hommes ont toujours adoré raconter et écouter des histoires extraordinaires. Ainsi se développa aux cours des siècles ces trois sens esthétiques : musical, théâtral et poétique.
Homère, Villon, Shakespeare, ce sont de tels artistes qui ont embelli et enrichi nos langues en puisant bien souvent aux sources mêmes du peuple, pour les transcender en transcendant le peuple. Aèdes, bardes, troubadours : voilà les plus nobles véhicules de la langue. Ils en font un instrument de beauté, de joie et d’élévation.
A-t-on suffisamment mesuré l’élan populaire qui accompagnait les joutes théâtrales d’Athènes ? Connaît-on réellement le succès des tournées de Molière ? Sait-on combien le théâtre élisabéthain attirait un public d’une grande diversité sociale ?
Souvenons-nous de cet immense succès que fut le film de Jean-Paul Rapenneau, Cyrano !
Pour ma part, je n’ai pas suivi un cursus littéraire lors de mes études. Je ne suis d’ailleurs pas allé plus loin que le baccalauréat. Mais des écrivains tels que René Goscinny, des films comme Cyrano m’ont donné le goût de la langue et forgé le sens esthétique.
De tels trésors mettent en valeur les richesses infinies de notre langue et stimulent au plus haut point notre appétit d’un parlé goûteux. Ils nous apportent le plaisir espiègle de jouer avec les mots, la joie enfantine de s’amuser avec les sonorités. Ils déposent nos carcans mentaux et brisent nos complexes. Nous découvrons alors combien notre langue peut être belle, combien sa saveur est délicieuse. Nous découvrons que c’est NOTRE langue, que nous possédons un véritable trésor, un véhicule merveilleux qui peut nous libérer de cette prison de pessimisme et de mesquinerie.
En un mot, nous nous sentons LIBRES…
Et gare à ceux qui voudraient à nouveau nous enchaîner ! Ayant goûté à cette joie exultante, cette joie rabelaisienne, on ne peut plus accepter que nos enfants, nos amis, nos compatriotes, que nos frères et sœurs humains aient le cœur asséché et l’esprit entravé par la novlangue de la Mondialisation.
Nous ressentons l’impérieuse nécessité de défendre notre langue. Nous découvrons l’impérieuse nécessité de défendre toutes les langues vivantes du monde, tous ces instruments de beauté et de liberté.
Alors, répandons autour de nous ces œuvres, cette culture populaire de qualité. Faisons-là découvrir à nos amis, à nos collègues, à nos parents. Et beaucoup iront d’eux-mêmes, si nous les y aidons un peu, par curiosité autant que par goût vers des créations plus sérieuses, plus artistiques. Et presque inconsciemment, naturellement, un amour véritable pour notre langue naître, grandira et se fortifiera.
Et nous aurons la satisfaction d’avoir accompli notre mission.
Si vous désirez réagir à cet appel ; si vous ressentez le besoin de vous y associer, d’y apporter vos remarques ou de le critiquer, vous pouvez m’écrire à l’adresse électronique suivante :



Un communiqué de presse de l' UNOSEL



Communiqué de presse
mercredi 21 mai 2008



Conserver et enrichir la langue française, l’Unosel se doit d’y participer !


La pression de la langue anglaise s’accélère au sein de la Commission Européenne.

En moins de dix ans, le français est devenu une langue minoritaire au sein de l’exécutif européen, seuls 14% des documents sont encore rédigés en français …et ça diminue.

Depuis le début de la dernière Présidence, toute l’information et la communication vers l’extérieur se fait presque uniquement en anglais.

A quelques semaines de la Présidence française, ce déséquilibre pose une véritable question.



Conserver et enrichir la langue française, l’Unosel se doit d’y participer !


La mode est aux mots venus d’ailleurs, parfois difficiles à comprendre, à prononcer ou à écrire, pour la plupart des gens.

Certes, le français est bien vivant et l’adaptation de son vocabulaire aux évolutions du monde contemporain se fait en grande partie directement dans les laboratoires, les ateliers ou les bureaux d’étude.

Pour demeurer vivante, une langue doit être en mesure d’exprimer le monde moderne dans toute sa diversité et sa complexité.

Chaque année, dans notre monde désormais dominé par la technique, des milliers de notions et de réalités nouvelles apparaissent, qu’il faut pouvoir comprendre et nommer.

En effet, les professionnels doivent pouvoir communiquer dans leur langue de façon précise, les traducteurs traduire correctement en français les textes techniques, les citoyens s’approprier ces réalités, souvent très complexes, dans leur langue.

Mais pour éviter que, dans certains domaines, les professionnels soient obligés de recourir massivement à l’utilisation de termes étrangers qui ne sont pas compréhensibles par tous, la création de termes français pour nommer les réalités d’aujourd’hui doit être encouragée et facilitée : la production terminologique en français est donc un impératif.

C’est pourquoi, depuis plus de trente ans, les pouvoirs publics incitent à la création, à la diffusion et à l’emploi de termes français nouveaux.

Coordonné et animé par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France, le dispositif permet d’oeuvrer de façon coordonnée à l’élaboration d’une terminologie sûre et cohérente, conforme aux règles de formation des mots en français, la mettre à la disposition des professionnels et rendre les nouvelles notions scientifiques et techniques accessibles au plus large public.

Retrouvez tous ces termes techniques et bien d’autres encore sur : www.franceterme.culture.fr

Que la presse et les médias, que les traducteurs, en particulier dans les organisations internationales où le français est langue officielle et langue de travail, disposent des termes français nécessaires dans les domaines spécialisés, que l’enseignement des disciplines scientifiques puisse se faire en français, pour transmettre le savoir dans notre langue : l’enjeu est particulièrement important pour le maintien du français et pour son rayonnement.

Il est vrai que ces termes appartiennent au vocabulaire technique ou scientifique ; mais science et technique sont entrées dans notre univers quotidien.



Ces nouveaux termes français sont encore peu répandus. Plus nombreux nous serons à les employer, plus facilement ils entreront dans l’usage, plus vite ils deviendront familiers et sembleront avoir toujours existé.



Au sein de l’Unosel, si de nombreux organismes sont spécialisés dans l’étude des langues étrangères, certains sont spécialisés dans l’étude du Français Langue Etrangère,le Fle.



C’est ainsi que l’Unosel contribue également au rayonnement de la langue française en Europe et dans le monde



L’Unosel :

Créée depuis trente ans, l’Association a pour objectif de faire connaître et valoriser le professionnalisme de ses organismes agréés( organisateurs de séjours linguistiques et éducatifs, écoles de langues en France, écoles de Français Langue Etrangère), de développer un capital confiance avec les consommateurs en leur apportant de réelles garanties de service, de former en permanence ses organisations

La norme européenne pour le linguistique et la charte de qualité Unosel pour l’éducatif, résument l’engagement de ses membres.

L’UNOSEL, en 2007, c’est 53 000 séjours linguistiques individuels, 310 000 participants à des voyages scolaires éducatifs, 44 000 séjours éducatifs enfants, 18 000 participants aux cours de langues en France soit 1 040 000 heures stagiaires. Jacques Maillot est Président de l’Unosel depuis 2003.



L’Association s’exprime régulièrement sur des questions d’actualité.

En savoir plus sur l’Unosel : http://www.unosel.com/qui-sommes-nous.html



En savoir plus sur les écoles de Français Langue Etrangère de l’Unosel :

http://www.unosel.com/formations-france-unosel.html



En savoir plus sur la DGLF et la campagne : « vous pouvez le dire en français » :

http://www.dglf.culture.gouv.fr/publications/vouspouvez/vous_pouvez2.pdf





Contact Presse

Sylviane Halphen

Téléphone : 01 44 64 80 30

e-mail : info@unosel.com

www.unosel.org


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Primauté du français dans les entreprises françaises : une société condamnée

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Un intéressant article d'un correspondant

Pour que les français aiment à nouveau leur langue

Claude Duneton, dans son ouvrage fameux « Parler Croquant », explique qu’on ne crée plus de mots nouveaux en français.

Pourquoi une telle stérilité ? C’est une question que je me suis souvent posée.

Ce triste constat, fruit d’une étude pertinente, est hélas plus que jamais d’actualité. Le mal s'est même aggravé depuis l’époque où cet auteur écrivit son essai.

En effet, le stade suivant est désormais atteint. Non seulement on ne crée plus de mots nouveaux dans la langue de Molière, mais nos concitoyens usent et abusent de termes anglo-saxons.

Chaque jour, j’entends des gens qui parlent de « air-bag », « surfent »  sur Internet ou évoquent les « fashion-victims ». Souvent, la raison en est que des mots équivalents n’existent pas dans notre idiome national. C'est déjà grave, car cela témoigne non seulement de la puissance de création et de pénétration de la langue anglo-saxonne, mais surtout de la capacité d’invention et de résistance quasi-nulle de notre langue natale. Ces dernières années, le pire est arrivé. Nos compatriotes utilisent désormais les termes américano-anglais alors que leurs synonymes français existent.

Qui parmi nous n'a pas lu des articles de journaux parlant de « jobs » d'été ? Qui n'a jamais surpris quelque automobiliste utiliser ses « warning » ? Qui n'a jamais entendu de cadres dynamiques se lancer un sacré « challenge » ? Pourtant, il n'y a pas si longtemps, les jeunes cherchaient un petit boulot pour les vacances. Est-il si compliqué de faire fonctionner ses feux de détresse ? Et je ne crois pas qu'il soit moins glorieux de se lancer un défi.

Quotidiennement immergé dans un bain linguistique saturé de termes « franglais », dans son milieu professionnel ou influencé par les médias, le citoyen français intègre et utilise naturellement ces nouveaux mots. Ces termes ne sont que les pierres apparentes d'une véritable invasion économico-culturelle. On ne peut que constater avec tristesse combien sont peu nombreux ceux qui la dénoncent.

Tout ce processus d'assimilation psycho-induite se déroule sans heurt, et les termes en question entrent dans l'usage courant alors que leurs équivalents français tombent dans l'oubli.

Pourquoi donc nos concitoyens opposent-ils si peu de résistance ? Pourquoi sommes-nous si peu nombreux à tirer la sonnette d'alarme ? J'aimerais essayer de trouver un début d'explication à l'apathie linguistique de nos compatriotes.

D'aucuns diront que l'abus de distractions abrutissantes a endormi en eux toute fibre combative. Certes ! Mais pour que l'on défende quelque chose, il convient de l'aimer. C'est par amour de la patrie et de la liberté que de courageux anonymes ont rejoint l'armée des ombres. C'est par amour de l'Homme et de sa dignité que des centaines de milliers d'américains ont suivi le pasteur King. C'est par amour de la vérité que d'audacieux humanistes ont lutté contre les superstitions et l'obscurantisme. C'est par amour pour ses enfants qu'une caissière de supermarché accepte un travail et des horaires d'esclave.

Si les Français aimaient leur langue comme on aime ses enfants, alors de tous les provinces de l'Hexagone s'élèveraient des voix indignées.

Comment réveiller cet amour ? Comment faire pour que nos concitoyens se réapproprient leur langue natale ?

Car il y a de cela un demi-siècle à peine, ils l’aimaient comme on aime un pays.

Nous sommes un petit nombre à dénoncer l'invasion de la novlangue de la Mondialisation. C'est très bien ! Mais hélas, insuffisant.

N'oublions jamais que la langue appartient à ceux qui la pratiquent. Elle appartient au peuple. Cependant ce dernier ne se reconnaît pas dans sa langue. Alors, pourquoi la défendrait-il ?

La grande majorité de nos concitoyens n'a pour s'exprimer que le langage parlé qui est ressenti comme bas et populaire. Comme l'écrit Claude Duneton dans Parler Croquant : « Deux cercles se perpétuent en France, celui de l'élite qui possède le langage et celui du peuple français qui ne le possède pas. Les deux « communautés » tournent en rond sur elles-mêmes et ne se pénètrent pour ainsi dire jamais ».

Actuellement, la langue française est figée, et tous la contemplent comme une manière de monument historique, sorte de Panthéon à la froide beauté. Le peuple n'ose pas la toucher, de peur de se faire taper sur les doigts car on le lui interdit. L'élite, quant à elle, reste apeurée à l'idée qu'un quelconque rustaud ne la salisse de ses doigts grossiers.

Ainsi embaumée dans un musée mental aux longs couloirs déserts, le champ est laissé libre aux néfastes influences extérieures. Et les soldats de la novlangue de la Mondialisation déferlent dans les cœurs et les esprits comme sur de larges avenues bien dégagées de toute résistance populaire.

Ainsi découplé du peuple, notre idiome national me fait tristement penser à une langue morte incapable d'enfanter.

Et pourtant… Je suis convaincu que le français n'est pas mort. Il a quelquefois de ces réveils qui sonnent joyeusement, et portent en eux, lointains, imperceptibles pour une oreille non exercée, comme les échos d'une renaissance. Il suffit d'un rien pour que du cœur de nos concitoyens jaillisse la sève truculente et joyeuse de Maître François. Dans le cœur de chaque Français sommeille un Rabelais et dort un Cyrano.

Au cours des siècles, des solitaires ont porté la flamme, parfois unanimement célèbres, aimés de la foule mais souvent dénigrés par l'intelligentsia. Que possédaient donc ces personnes pour être ainsi aimées du peuple ? Car ce dernier ne s'y trompe pas en amour.

Ces gens ont su réveiller par leurs œuvres la joie de parler. Ils ont su stimuler le plaisir gustatif de savourer le langage. Car continuellement étouffé dans ses élans linguistiques, le peuple peut enfin exulter pendant ces rares moments.

Entendez-le rire en écoutant les dialogues d'un Michel Audiard ! Sentez-le s'amuser en lisant les jeux de mots subtils d'un René Goscinny ! Regardez-le retrouver sa noblesse perdue en savourant les tirades d'un Edmond Rostand.

Et quoi ! N'est-il pas un grand écrivain celui qui a écrit « Il ne faut jamais parler sèchement à un numide » ? Est-il totalement dénué de lettres et d'esprit celui qui a inventé le dialogue suivant (pour le bien comprendre, il faut savoir que le mot de passe dont il est question est cogito ergo sum) :

«  Un légionnaire :

-         le mot de passe !

Astérix, demandant à Obélix :

-         Tu t'en souviens toi ?

Obélix, répondant :

-         Oh, tu sais, moi, les langue étrangères… Et puis, toi tu penses, moi je suis »

Quel enfant ne s'est pas esclaffé de bon cœur en lisant un tel chapelet de jurons :

« Bande de zapotèques ! Espèce d'anacoluthe ! Au large, canailles ! Au large, flibustiers ! Moule à gaufres ! Brute ! Écraseur ! Cyclotron ! Oryctérope ! Anthropopithèque ! Espèce de Vercingétorix à la graisse de hérisson !… »

Et combien, sans doute plus nombreux qu'on ne l'imagine, après un tel déferlement de mots étonnants et détonants, se sont mis à tourner fiévreusement les pages d'un dictionnaire, découvrant qu'un cyclotron est un accélérateur de particules, qu'une anacoluthe est une rupture dans la construction syntaxique d'une phrase, ou encore que l'oryctérope est un mammifère des savanes africaines, aux longues oreilles et au museau terminé en groin et grand amateur de termites.

Un grand amoureux de notre langue, grand amuseur public, a composé ce qui suit :

« Vous avez vu comme il a chu ?

Quand on ne sait pas choir… on ne choit pas !

Les gens ne savent plus choir !

Ils savent s’asseoir…

Mais ils ne savent plus choir !

Ils s’imaginent que choir, c’est déchoir…

Choir n’est pas déchoir !

Un homme qui a chu n’est pas déchu…

A condition qu’il choie bien !

Comme disait mon père :

« Où que tu chois, chois bien »

Parce que mon père savait ce que c’était que de choir…

… On l’appelait le père choir, mon père… »

En voilà un, sans en avoir l’air, qui fit plus pour la langue française que des armées de linguistes et des cohortes de grammairiens.

Certes, tous les artistes précités sont morts. Mais il y a peu, ils touchaient un large public, et continuent de le faire. La source n'est pas tarie. De nouveaux émergeront. Certains émergent peut-être déjà. Des exemples récents, pas forcément d’une telle qualité il est vrai, ont su réveiller l’intérêt de nos compatriotes pour le langage. Certains films de ces dernières années ont su redonner à nos concitoyens la joie de parler joyeusement et sans contrainte, le plaisir d’inventer.

Bien guidé, il n’y a qu’un pas à franchir pour passer des Visiteurs à Gargantua. Le chemin est loin d'être tortueux qui mène d’Astérix à Cyrano.

Depuis la nuit des temps, depuis cette lointaine époque des âges farouches où nos ancêtres contaient leurs exploits dans le clair-obscur mystérieux des feux de camp, les hommes ont toujours adoré raconter et écouter des histoires extraordinaires. Ainsi se développa aux cours des siècles ces trois sens esthétiques : musical, théâtral et poétique.

Homère, Villon, Shakespeare, ce sont de tels artistes qui ont embelli et enrichi nos langues en puisant bien souvent aux sources mêmes du peuple, pour les transcender en transcendant le peuple. Aèdes, bardes, troubadours : voilà les plus nobles véhicules de la langue. Ils en font un instrument de beauté, de joie et d’élévation.

A-t-on suffisamment mesuré l’élan populaire qui accompagnait les joutes théâtrales d’Athènes ? Connaît-on réellement le succès des tournées de Molière ? Sait-on combien le théâtre élisabéthain attirait un public d’une grande diversité sociale ?

Souvenons-nous de cet immense succès que fut le film de Jean-Paul Rapenneau, Cyrano !

Pour ma part, je n’ai pas suivi un cursus littéraire lors de mes études. Je ne suis d’ailleurs pas allé plus loin que le baccalauréat. Mais des écrivains tels que René Goscinny, des films comme Cyrano m’ont donné le goût du langage et forgé le sens esthétique.

De tels trésors mettent en valeur les richesses infinies de notre langue et stimulent au plus haut point notre appétit d’un parlé goûteux. Ils nous apportent le plaisir espiègle de jouer avec les mots, la joie enfantine de s’amuser avec les sonorités. Ils déposent nos carcans mentaux et brisent nos complexes. Nous découvrons alors combien notre langue peut être belle, combien sa saveur est délicieuse. Nous découvrons que c’est NOTRE langue, que nous possédons un véritable trésor, un véhicule merveilleux qui peut nous libérer de cette prison de pessimisme et de mesquinerie.

En un mot, nous nous sentons LIBRES…

Et gare à ceux qui voudraient à nouveau nous enchaîner ! Ayant goûté à cette joie exultante, cette joie rabelaisienne, on ne peut plus accepter que nos enfants, nos amis, nos compatriotes, que nos frères et sœurs humains aient le cœur asséché et l’esprit entravé par la novlangue de la Mondialisation.

Nous ressentons l’impérieuse nécessité de défendre notre langue. Nous découvrons l’impérieuse nécessité de défendre toutes les langues vivantes du monde, tous ces instruments de beauté et de liberté.

Alors, répandons autour de nous ces œuvres, cette culture populaire de qualité. Faisons-là découvrir à nos amis, à nos collègues, à nos parents. Et beaucoup iront d’eux-mêmes, si nous les y aidons un peu, par curiosité autant que par goût vers des créations plus sérieuses, plus artistiques. Et presque inconsciemment, naturellement, un amour véritable pour notre langue naîtra, grandira et se fortifiera.

Et nous aurons la satisfaction d’avoir accompli notre mission.

Si vous désirez  réagir à cet appel ; si vous ressentez le besoin de vous y associer, d’y apporter vos remarques ou de le critiquer, vous pouvez m’écrire à l’adresse électronique suivante :

Laurent.sauze57@wanadoo.fr


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La Commission Européenne, Kouchner et Pécresse : pour une indifférence linguistique ?

samedi 5 avril 2008, par François-Xavier Grison

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J’ai souhaité situer dans les lignes qui suivent quelques enjeux qui me semblent importants pour notre langue. Ceux qui étaient à la conférence sur l’avenir du français organisée par RPN retrouveront ici quelques remarques judicieuses des conférenciers. Le reste, y compris le titre de l’article, n’engage que moi.

Quel est le point commun entre un ordinateur, un logiciel, un courriel, le covoiturage et la mercatique ? Ce sont tous des mots français assez récents, élaborés comme équivalents à des mots anglais apparus pour qualifier une mode, une nouveauté scientifique ou une invention. Parmi ces mots certains se sont imposés dans la langue courante, d’autres sont passés à la chausse-trappe. Les usages, le sentiment esthétique que chacun a de sa langue maternelle ou quasi-maternelle, la diffusion des mots nouveaux auprès des locuteurs décident de l’avenir des trouvailles linguistiques. A l’inverse, certains mots anglais qui existaient en français disparaissent peu à peu, au profit d’une périphrase plus appropriée ou par K.O. face au mot français correspondant. Par exemple, faire du yachting qui était employé il y a quelques dizaines d’années a laissé place à navigation de plaisance ou à plaisance tout simplement.

On fustige souvent les défenseurs du français, arguant que leur combat est perdu d’avance, dépassé ou bien que la langue français « n’est pas indispensable », que « le monde a bien vécu avant elle », que « si elle devait céder la place, ce serait précisément à des langues mieux adaptées aux besoins réels et immédiats de ceux qui la délaisseraient » ; pour reprendre des propos de Bernard Kouchner tenus dans Deux ou trois choses que je sais de nous paru fin 2006, au chapitre L’anglais, avenir de la francophonie. Croire qu’il faut défendre le français en s’arc-boutant sur une dangereuse pseudo-« pureté » de la langue est absurde et ne mène à rien : on ne peut interdire aux gens de dire marketing à la place de mercatique. Penser de l’autre côté que le français n’est plus adapté, qu’il est la langue des intellectuels et des « niches » internationales comme l’Union Postale Internationale n’est pas moins absurde : la langue est un atout politique à ne pas négliger, surtout pour un pays comme la France qui jouit d’un espace linguistique étendu, berceau lui aussi de mots neufs. Après, si un Français veut élever ses enfants en anglais pour qu’ils soient économiquement plus efficaces dans la mondialisation, libre à lui !

Plus sérieusement, le défi consiste à proposer, notamment dans le langage informatique et technique, des mots nouveaux qui permettent aux francophones de penser, d’imaginer, de trouver, de construire en français. Personne ne connaît mél, on dit mail. En revanche quelques personnes disent courriel. Pourquoi ? Parce que ça plaît, parce que ce mot s’inscrit dans la logique du français, parce que courriel est mille fois plus chantant, poétique et tendance que mél. Remarquez que j’ai employé tendance et non trendy, ce qu’aurait dit un Allemand en revanche.

Face à la déferlante de mots nouveaux, les langues n’ont pas toutes le même comportement. Alors que le français et surtout l’italien intègrent mal, c’est à dire sans transformer ou peu, les mots anglais, l’espagnol engloutit les nouveaux arrivants et les digère. Partout en Europe, nous disons et écrivons meeting pour désigner une réunion ou un rassemblement, les Espagnols disent et écrivent mitin, qui fait parfaitement hispanique. Qui sait d’ailleurs si l’espagnol, comme l’hindi, ne conduiront pas à une « créolisation » de l’anglais, lorsque l’on sait le nombre croissant de locuteurs hispanophones aux Etats-Unis et anglophones en Inde ?

La réponse de l’usage est une chose face à l’influence de l’anglais, la réponse politique en est une autre. A cet égard, l’Europe est en première ligne : peut-il y avoir une politique linguistique sur le Vieux Continent ? Comment faire pour que le lituanien, parlé par deux millions de locuteurs farouches et protégé par des lois très strictes, ne cède pas face à l’anglais. Le maître mot des Français sur cette question politique est plurilinguisme, un mot qui n’existe pas en anglais. Le plurilinguisme désigne la pratique par un même locuteur de plusieurs langues. Il existe dans le plurilinguisme, l’idée qu’une langue ne doit pas l’emporter sur une autre, que la coexistence de langues « fortes » et « faibles » est possible, respectable et même souhaitable. La mort d’une langue est toujours une réduction de l’univers du pensable pour l’homme. D’emblée, il faut préciser que le plurilinguisme n’est pas le multilinguisme qui traduit simplement le fait que plusieurs langues peuvent cohabiter dans un même espace. La notion de multilinguisme n’exclut pas la prééminence d’une langue sur toutes les autres, prééminence inacceptable ou alors qui conduira à la révolte des deux millions de Lituaniens ! Pour commencer. L’Européen de demain parlera trois langues : sa langue maternelle, une espèce d’anglais et une langue étrangère. C’est pourquoi il me semblerait bon d’éveiller les élèves du primaire à plusieurs langues, dont des langues rares, par des sons, par l’apprentissage de quelques phrases au lieu, comme cela est courant aujourd’hui, d’imposer l’anglais aux petites classes : l’anglais est une telle nécessité que les enfants l’apprendront grâce à internet, grâce aux media anglo-saxons, grâce à la lecture d’Harry Potter dans le texte. Personnellement, les listes de vocabulaire anglais que j’ai ingurgitées au collège m’ont moins apporté que les Pierres Qui Roulent, euh pardon, que les Rolling Stones. Les cours de langue sont d’ailleurs particulièrement ennuyeux en France à cause de l’absence quasi-totale d’oral, alors qu’une langue, c’est avant tout de l’oral.

Plurilinguisme donc, et non imposition de l’anglais. Je ne vois d’ailleurs pas d’autre porte de sortie pour une Europe diverse comme elle l’est. Fernand Braudel disait : « la France est diversité ». Après une action particulièrement vigoureuse contre ses langues régionales, la France essaye de sauver cette source de diversité. Que dire de l’Europe sinon que plus que jamais, elle est diversité et n’existe que par sa diversité. George Steiner ne le dit que trop bien dans les extraits cités dans les articles précédents. Cependant, force est de constater que la Commission Européenne ne prend pas le pas du plurilinguisme et de la diversité. L’omniprésence de l’anglais dans les institutions européennes est moins une fatalité qu’un choix politique insidieux qui ne déplairait pas à un Bernard Kouchner ou à une Valérie Pécresse. Un exemple flagrant en est l’adhésion des pays de l’Est à l’Union en 2004 : la Commission a obligé ces nouveaux pays à rédiger à nouveau en anglais leur traité d’adhésion, initialement en français alors que ce dernier est une langue de travail de l’Union.

Le plurilinguisme est donc plus que jamais nécessaire sous peine d’éclatement. Quel est le point commun entre le pays basque, la Catalogne et la Belgique ? Ils encerclent la France, certes, mais surtout, ces régions connaissent des déchirements linguistiques internes extrêmement forts. Quel serait le sens d’apprendre, dès le plus jeune âge, comme en France, l’anglais à tous les Belges, alors qu’ils doivent savoir d’abord le français et le flamand pour sauvegarder l’unité de leur pays ?

La défense offensive de la langue française ne saurait résulter de l’action seule de l’Etat. Des organisations de la vie civile et notamment du monde étudiant doivent prendre leur part au combat. A moins que les Français ne soient pas attachés à leur langue, auquel cas il n’y a qu’à laisser le travail aux Québécois ! Quelques initiatives heureuses, suffisamment rares pour être signalées se sont faites jour récemment : bien sûr, le Prix Jeune Cicéron du Discours Politique, d’une part, le projet de portail d’apprentissage du français, d’autre part, conduit par des étudiants de l’ESSEC et de Centrale et le Ministère des Affaires Etrangères (installez l’application facebook : http://apps.facebook.com/myfrenchconnection/index.php).

Dans ce combat pour promouvoir sa langue, la France n’est pas seule : elle a un espace francophone avec elle, espace divers et riche d’approches différentes de la langue. Que dire du Liban par exemple. A l’aune du voyage que j’ai eu le bonheur d’y effectuer, ceci : dans un pays pluriel et singulier comme le Liban, la langue est plurielle et singulière. Plurielle assurément : libanais, français et anglais cohabitent partout. Singulière car les Libanais développent des usages propres : le libanais est bien distinct du marocain ; le français du Liban a quelques particularités, on dit un cellulaire et non un portable, comme au Canada que les Libanais connaissent bien ; on dit je voyage demain pour je pars demain. On pourrait parler aussi de l’Afrique. Il y a deux Afrique francophones : l’Afrique Noire et le Maghreb. Les langues africaines se comptent par centaines et se jouent largement des frontières politiques : le français, comme l’anglais du reste, n’est la langue de personne, d’aucun groupe ethnique. Justement, n’étant la langue de personne, elle est la langue de tous. Pour le Maghreb, les choses sont différentes : le français fait corps avec les dialectes locaux. Le marocain est un mélange d’espagnol, d’arabe et de français. Le français de l’Afrique et ses apports sont ignorés chez nous, nous ignorons totalement la diversité et le dynamisme de la francophonie : qui connaît les auteurs francophones africains à part Senghor, qui connaît les usages africains du français, qui se soucie que le français disparaisse au Rwanda, remplacé par l’anglais, que le gouvernement de Madagascar pratique une politique profondément anti-francophone ?

De nos vœux, il faut appeler le politique français, et à défaut de lui s’il se dérobe, ceux qui aiment le français à défendre l’idée d’une exposition universelle de la langue française où ces auteurs étrangers, nombreux et méconnus, qui écrivent et ont écrit dans notre langue se feraient connaître de la masse de nos concitoyens.


 

Lettre d'information N°14 (mars 2008)
 http://www.observatoireplurilinguisme.eu/


Traductions en allemand, italien et espagnol accessibles en ligne.

1) Colloque OEP-UNESCO : Les intellectuels et artistes pour le plurilinguisme et la diversité culturelle
2) Les dernières mises à jour du site
3) Faire tomber les tabous
4) 2 innovations pour soutenir l'OEP : Paypal et le moteur de recherche solidaire http://www.hooseek.com
5) Parutions
6) Relire les lettres qu'il vous manque

1)
Colloque OEP-UNESCO : Les intellectuels et artistes pour le plurilinguisme et la diversité culturelle

Dans un monde marqué par la mondialisation et la standardisation, pour répondre à une menace réelle d'uniformisation culturelle et linguistique, le respect des diversités culturelles et linguistiques de chacun prend une importance grandissante, et le rôle de l'intellectuel et de l'artiste devient central, en tant que vecteur et médiateur des savoirs et cultures du monde. Chaque artiste pose sur le monde un regard unique, qui possède par sa singularité même une part d'universalité. Il en est de même des langues et des cultures, "le défi que nous avons à relever [étant] en réalité celui du caractère irremplaçable des langues de culture, car chacune opère une ouverture spécifique sur l’universel humain." (Heinz Wismann). La diversité des langues et des cultures est une richesse et une source inépuisable de créativité qu'il faut défendre pour un monde respectueux des différences de chacun. C'est précisément le sens de la journée "Les intellectuels et artistes pour le plurilinguisme et la diversité culturelle".
Intellectuels, écrivains, poètes, philosophes, scientifiques, acteurs, cinéastes, auteurs, compositeurs, interprètes, peintres, sculpteurs, artistes du monde entier sont invités à
faire entendre leurs voix à leur manière sur la diversité linguistique et culturelle.
La manifestation, organisée par l'OEP, avec le concours et sous l'égide de l'UNESCO dans le cadre de l'Année 2008, Année internationale des langues, aura lieu à la Maison de l'UNESCO le 23 juin à 15 heures.
Toutes les informations sur cette manifestation sont sur le site de l'OEP et sur celui de l'Unesco.

2) Parmi les dernières mises à jour du site

3) Faire tomber les tabous
Valérie Pécresse, Ministre française chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche, veut rendre obligatoire l’enseignement de l’anglais pour tous en France : « je veux rompre le tabou de l’anglais », a-t-elle expliqué, le 25 février devant des journalistes, à Bruxelles.
En effet, s'il y a un tabou à faire tomber, c'est bien celui de l'anglais, mais pas dans le sens où l'entend Mme Pécresse. (voir notre article sur la page "Actualités")
Les Français, à l'image de beaucoup de citoyens européens sont aujourd'hui focalisés sur l'anglais comme le papillon est attiré par une lampe incandescente, un soir d'été. Tandis que l'on parle depuis le conseil des ministres européens de 1984 de la nécessité d'apprendre 2 langues en plus de sa langue maternelle, ce qui devrait conduire à une diversification des langues apprises tout au long de la vie, c'est au phénomène inverse que l'on assiste. L'anglais se développe au détriment des autres langues et globalement la régression est au programme! Depuis l'année 2001, Année européenne des langues, et les actions qui se sont developpées depuis, on observe dans certains pays une inversion de tendance, avec un développement de l'apprentissage d'autres langues que l'anglais, généralement en plus de l'anglais, l'anglais qui demeure de toute façon en première ou deuxième langue. Mais dans les autres pays, la tendance se poursuit au bénéfice de l'anglais. Plusieurs rapports récents confirment cette situation.
Le rapport Maalouf réactive de manière heureuse, avec un renouvellement des concepts, cette nécessité d'une diversification de l'offre linguistique, en établissant un lien entre le destin de l'Europe et le destin de ses langues. Lire la suite

4) Deux innovations pour soutenir l'OEP : Paypal et le nouveau moteur de recherche solidaire http://www.hooseek.com

L'Observatoire européen du plurilinguisme, association déclarée de statut français régie par la loi de 1901 ouverte à toutes les nationalités, fonctionne sur une base strictement bénévole. Le service qui vous est offert nécessite notamment une veille active sur Internet, l'animation d'un réseau de correspondants, la rédaction d'articles, des mises en ligne, l'organisation ou la participation à des conférences partout en Europe. Vous êtes probablement convaincus comme nous du caractère essentiel des initiatives que nous menons pour la renaissance culturelle de l'Europe qui ne peut s'asseoir que sur la diversité de ses langues et cultures. Or, l'OEP ne peut se développer que par votre soutien, que vous pouvez apporter de différentes manières :

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  3. en faisant un don à l'OEP au moyen de Paypal, système de paiement en ligne sécurisé
  4. en vous abonnant à la Lettre d'information (sur cette page), en la diffusant et en proposant de nouveaux abonnés
  5. en utilisant le nouveau moteur de recherche solidaire Hooseek www.hooseek.com et en sélectionnant (en haut à droite de la page d'accueil Hooseek) votre soutien à l'OBSERVATOIRE EUROPEEN DU PLURILINGUISME
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Pour en savoir plus sur le projet , le fonctionnement du site et sur les partenaires

5) Parutions
- La culture en VO -
Actes du colloque organisé par le Ministère de la Culture (Délégation à la Langue Française et aux Langues de France) le 26 septembre 2007. Document téléchargeable
- Développer et évaluer la compétence en communication interculturelle - Un guide à l'usage des enseignants de langues et des formateurs d'enseignants (Livre + CD-Rom) (15/02/2008), Ildiko Lazar, Martina Huber-Kriegler, Denise Lussier, Gabriela S.Matei, Christiane Peck, Les Editions du Conseil de l'Europe, 15 €, Pour commander directement http://book.coe.int/sysmodules/RBS_page/admin/redirect.php?id=36〈=FR&produit_aliasid=2275
- Promouvoir la diversité linguistique et le développement à l'échelle des établissements scolaires (Livre + CD-Rom) (29/02/2008), Antoinette Camilleri Grima, Les Editions du Conseil de l'Europe, Pour commander directementhttp://book.coe.int/sysmodules/RBS_page/admin/redirect.php?id=36〈=FR&produit_aliasid=2283
- Les politiques des langues en Europe - Ouvrage du Ministère de la Culture (Délégation à la Langue Française et aux Langues de France). Document téléchargeable
- Se connaître mieux pour mieux se comprendre (14/02/2008), Magdalena Bedynska, Zsuzsa Darabos, Geneviève Gillet, Markus Kerschbaumer, Irene Politi, Jirina Zahradnikova, Pour commander directement http://book.coe.int/sysmodules/RBS_page/admin/redirect.php?id=36〈=FR&produit_aliasid=2276
- Conséquences linguistiques des élargissements de l'Union européenne, Claude Truchot, Sociolinguistica N°21/2007, annuaire international de la sociolinguistique européenne, revue scientifique trilingue paraissant en allemand, anglais et français, depuis 1987, chez la maison d’édition Niemeyer, Tübingen. Lien : www.niemeyer.de, puis Periodika, puis sur Jahrbücher: Sociolinguistica apparait dans la liste.
- Et toujours d'actualité sur Paris, le spectacle bilingue de Marén Berg, Die Weisse Rose/La Rose Blanche, profond, pédagogique et artistique, histoire d'un réseau de résistance sous l'Allemagne nazie. Prochaine représentation à Paris

le LUNDI, 14 AVRIL 2008

au

THEATRE DE LA MAIN D'OR

 15 passage de la Main d’Or, 75011 Paris, M° Ledru Rollin

à 11h (entrée dans la salle à 10h45)

et  à 13h30 (entrée dans la salle à 13h15)

prix des places: élèves/étudiants 8 €, adultes 15 €. Réservation : 01 47 34 54 37 Mél : info@marenberg.com
Vous pouvez lire la bande annonce à l'adresse :
info@marenberg.com


6) Relire les Lettres de l'OEP qu'il vous manque en cliquant ici

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Lettre de  Marceau Déchamps,  Vice-président de

 Défense de la langue française

à Georges HAGE, ancien Doyen de l'Assemblée Nationale

co-initiateur du Manifeste


Monsieur le Député,
>     >
>     > J’ai signé sur votre site  le
>     > Manifeste progressiste pour la langue française/.
>     >
>     > Pourtant, le préambule de votre page d’accueil aurait pu
>     m’inciter à
>     > ne pas aller plus loin car je ne partage pas vos opinions
>     politiques.
>     >
>     > Cependant, je reconnais en vous un authentique défenseur de la
>     langue
>     > française et je me retrouve à vos côtés pour me battre contre
>     > l’invasion de l’anglais. Nous avons d’ailleurs eu l’occasion de
>     siéger
>     > ensemble à la table des intervenants lors de conférences sur la
>     langue
>     > française.
>     >
>     > Il est vrai que notre association /Défense de la langue
>     française /se
>     > préoccupe beaucoup de la qualité de la langue. Mais son action
>     > concerne également la lutte pour la préservation de l’emploi de
>     notre
>     > langue dans tous les domaines d’activités de nos concitoyens :
>     > consommation, travail, recherche, éducation…
>     >
>     > Nous agissons, sans arrière-pensée avec les syndicats ouvriers,
>     contre
>     > le MEDEF, quand notre langue est menacée dans les entreprises.
>     >
>     > La trahison des clercs a été observée aussi bien dans des
>     > gouvernements de gauche que de droite. Elle doit être fustigée et
>     > sanctionnée quelle que soit la couleur de la casaque.
>     >
>     > Ce qui est en jeu, c’est la France à travers sa langue. Comme en
>     > d’autres périodes de notre histoire, il faut oublier les clivages
>     > politiques pour lutter ensemble contre les ennemis communs :
>     > l’anglicisation, l’illettrisme, l’abâtardissement de notre culture.
>     >
>     > Recevez, Monsieur le député, l’expression de ma considération
>     distinguée.
>     >
>     > Marceau Déchamps
>     >
>     > Vice-président
>     >
>     > Défense de la langue française
>     >


    Réponse de Georges Gastaud,

       professeur de philosophie,
       fils de résistant, co-initiateur du Manifeste progressiste pour la langue
>     française, auteur du livre "Lettre ouverte aux 'bons Français' qui
>     assassinent la France" (Temps des cerises) et militant communiste.
>
>     Monsieur le vice-président,
>
>     Votre message et votre signatures nous honorent comme votre
>     franchise et
>     votre ouverture d'esprit vous honorent.
>     Il est tout-à-fait exact qu'en défendant la langue française
>     contre le
>     "tout-anglais", nous défendons la France à l'instar des
>     Communards, dont
>     le mouvement naquit du refus de livrer Paris à Bismarck, ou des
>     Francs-Tireurs et Partisans pour lesquels engagement social et combat
>     national ne faisaient qu'un.
>     Je conçois qu'on puisse suspecter de partialité ou d'étroitesse notre
>     défense "progressiste" et "anticapitaliste" du français. Veuillez
>     concevoir à l'inverse que, de notre point de vue, l'étroitesse
>     serait de
>     NE PAS lier la défense de la France et de sa langue à la défense des
>     acquis sociaux, de notre industrie sacrifiée, de notre EDF
>     privatisée,
>     de notre agriculture familiale asphyxiée, de notre Education
>     nationale
>     moribonde, de notre Recherche publique abandonnée ...
>     De ce point de vue, il n'y a pas équidistance entre d'une part,
>     l'oligarchie financière qui domine la "Franceurope", et qui
>     s'enthousiasme très majoritairement pour l'intégration européenne
>     (synonyme de désintégration de la République) et pour la
>     mondialisation
>     capitaliste, et d'autre part les classes populaires qui ont tout à
>     perdre à cette intégration qui détruit les bases même de la "douce
>     France".
>     Au demeurant, qui sera marginalisé et exclu dans son propre pays si
>     l'anglais devient de fait la seule langue de prestige sur notre
>     sol? Les
>     classes privilégiées s'en sortiront très bien, elle n'en
>     domineront que
>     mieux les masses francophones "retardataires"; alors que les
>     ouvriers et
>     les employés donneront l'impression de parler chtimi quand ils
>     continueront de parler, de plus en plus mal d'ailleurs, la langue de
>     Molière.
>     Concevez aussi, je vous prie, que l'initiative que nous avons
>     prise est
>     de nature à élargir l'assise populaire de ce que C. Hagège appelle le
>     "combat pour le français". Nombre d'ouvriers se sentent exclus
>     quand ils
>     entendent parler de défense du français, puisque depuis qu'ils sont
>     enfants, on leur dit qu'ils ne parlent pas le "bon français" (après
>     quoi, on supprime des milliers d'heures d'enseignement du français à
>     l'école publique et l'on s'étonne que les fils de pauvres,-et ceux
>     des
>     couches moyennes-, n'aient plus ni grammaire ni orthographe... et
>     qu'ils
>     soient ainsi rendus incapables d'apprendre l'anglais!). Notre
>     initiative, clairement référée au mouvement ouvrier et populaire,
>     peut
>     les aider à comprendre que le français leur appartient tout autant
>     qu'aux classes riches si elles se battent pour lui et si, en
>     retour, les
>     défenseurs du français tendent la main aux prolétaires quand ils
>     luttent
>     pour leur pauvres salaires et leurs emplois de pauvres (c'est ce que
>     vous faites aux termes de votre lettre).
>     Il s'agit aussi pour nous de lier la défense du français aux valeurs
>     sociales qui peuvent lui donner sens au sein du mouvement ouvrier, où
>     les directions du PS, des syndicats et du PC actuel ne font plus
>     l'effort, comme c'était le cas à l'époque de Jaurès, puis à celle de
>     Duclos et d'Aragon, d'associer lutte patriotique et lutte sociale,
>     drapeau tricolore et drapeau rouge (historiquement c'est Thorez
>     qui lia
>     ces symboles quand il entonna courageusement la Marseillaise après
>     l'Internationale au stade Buffalo en 1935 sous les huées de la SFIO).
>     En outre, certains secteurs du mouvement ouvrier et étudiant ont été
>     conditionnés par l'histoire à se méfier des thèmes patriotiques, qui
>     furent et sont souvent dévoyés par l'extrême droite et ses émules.
>     Aujourd'hui encore M. Hortefeux exige que les futurs "immigrés
>     choisis"
>     (par le grand patronat) maîtrisent le français avant d'arriver chez
>     nous; le gouvernement et nos médias ne disent mot quand notre acier
>     passe aux mains du filou international "Mittal", lequel sabre
>     l'emploi
>     lorrain après avoir tiré de Grandange d'énormes bénéfices.
>     Il ya donc bien deux manières d'invoquer la France, la première
>     brandit
>     la xénophobie et la peur de l'Arabe pour mieux brader le pays aux
>     affairistes internationaux. Elle voit une terrible menace dans le
>     pauvre
>     diable "allogène" qui manie le marteau-piqueur sur nos routes.
>     Mais cela
>     ne choque pas M. Hortefeux que le premier Européen anglophone venu
>     puisse, s'il est riche, s'offrir un village dans le Limousin ou se
>     faire
>     élire conseiller municipal sans maîtriser notre langue. Sans doute ce
>     reproche est-il à ses yeux trop "hexagonal" et "franco-français"!
>     Au train où vont les choses, il n'y a plus que les immigrés qui
>     soient
>     tenus par contrat d'aimer la France ou de la quitter: si l'on est
>     richissime et qu'on va vivre à Bruxelles pour ne pas payer
>     d'impôts, la
>     musique change du tout au tout, vous avez droit à un pont d'or fiscal
>     pour rentrer. Terrible "deux poids deux mesures" qui désarme et
>     désoriente le patriotisme populaire!
>     Dans ce labyrinthe du sens, où "nation" signifie "racisme" (en
>     apparence
>     bien sûr!) et où le beau mot d'internationalisme sert à faire
>     passer en
>     contrebande l'Europe des affaires, la question pour les militants de
>     gauche est: comment faire aimer notre langue et notre nation à la
>     jeunesse étudiante, qui rejette massivement Le Pen, comment faire
>     aimer
>     à la jeunesse salariée ce pays qui devient si dur pour elle (j'ai
>     moi-même deux fils sur trois sans travail, bien qu'ils soient
>     bardés de
>     diplômes, et mon dernier fils, élève-ingénieur, se demande si le
>     ministère de l'Equipement qu'il a intégré n'est pas voué à la
>     disparition). Et pour cela, il faut lier le patriotisme, politique et
>     culturel, à l'espérance d'un monde meilleur, porteur d'égale dignité
>     pour tous les hommes. En dehors de ce combat social, la langue ne
>     "parlera" plus (un comble!) au peuple!
>     Cela dit, comme pendant l'Occupation, il existe une "gauche" couchée,
>     collabo et munichoise, comme il y a une droite patriote, qui peut
>     préférer la France aux privilèges de l'argent, si ceux-ci
>     conduisent à
>     trahir. Les communistes ont toujours respecté De Gaulle, même
>     quand ils
>     l'ont combattu. Aujourd'hui, quand l'éditorialiste de "Challenges"
>     (sic), le PDG Denis Kessler, félicite cyniquement M. Sarkozy de
>     "démanteler systématiquement le programme du Conseil national de la
>     résistance" (pardon pour ce charabia, car la "rupture" démantèle
>     l'oeuvre du CNR et non son programme), quand il appelle
>     ouvertement le
>     président de la République à défaire le "compromis entre
>     gaullistes et
>     communistes passé en 1945" (Sécurité sociale, retraites par
>     répartition,
>     conventions collectives, statut des fonctionnaires, statut des
>     mineurs,
>     CNRS, CEA, plan Langevin-Wallon pour l'école, nationalisation
>     d'EDF et
>     de Renault, tout cela date des années 45/47), on voit bien que
>     l'enjeu
>     politique pour le MEDEF est d'aligner le pays sur ses voisins
>     anglo-saxons quitte à détruire l'exécrable "l'exception française"
>     (c'est-à-dire en
>     fait l'héritage de 45, de 36, de 1905, mais aussi celui de 1789:
>     souveraineté nationale et au-delà, des Lumières, et au-delà
>     encore, de
>     toute cette construction nationale qui remonte pour le moins à
>     l'Edit de
>     Nantes et à Jeanne d'Arc; avant d'être fusillé par les nazis, le
>     philosophe communiste Georges Politzer a écrit des pages
>     admirables sur
>     ce genre de dynamique réactionnaires: c'était au départ un immigré
>     hongrois devenu agrégé de philo par la vertu de nos concours
>     républicain).
>     C'est dans le cadre de cet alignement néo-libéral de la France (le
>     FMI
>     parle d' "ajustement structurel") que se comprend la POLITIQUE de
>     relégation du français qui est partie intégrante du remodelage
>     global de
>     la société française: la relégation du français n'est pas, hélas, un
>     aléas de l'histoire, mais une POLITIQUE servant des intérêts
>     déterminés
>     (ou croyant servir, car le grand patronat français sera finalement
>     broyé
>     lui aussi).
>     Et comme la direction du PS et celle de l'UMP sont d'accord pour cet
>     alignement (voir leur vote récent sur le traité de Lisbonne), on
>     comprend l'acharnement contre le français d'un Allègre ("l'anglais
>     doit
>     cesser d'être considéré comme une langue étrangère en France", mais
>     aussi d'un Darcos, qui veut mettre en place l'apprentissage
>     obligatoire
>     de l'anglais pour tous les enfants dès le primaire). Raisons de
>     classe,
>     le mot n'est pas trop fort, car ce ne sont pas les petites gens qui
>     bénéficieront de cet "ajustement" économique et culturel: ils
>     l'ont si
>     bien compris qu'ils ont massivement voté non à Maastricht en 92
>     (56% à
>     Lens où j'habite) et encore plus massivement non au TCE en 2005 (à
>     près
>     de 80% à Liévin, la ville la plus ouvrière de France).
>     Je n'essaie pas de vous convaincre. Je trouve très bien que des
>     Français
>     qui ne partagent pas mes vues défendent le français et la nation à
>     partir des analyses qui leur sont propres. J'essaie seulement de dire
>     pourquoi, de notre point de vue, une défense progressiste du français
>     est indispensable pour élargir la base sociale de cette défense, non
>     seulement parce qu'elle peut mettre en mouvement des couches sociales
>     ordinairement bien éloignées des préoccupations linguistiques et
>     culturelles (il faut d'abord boucler les fins de mois) mais parce
>     qu'elle a pour arrière-plan un idéal de transformation sociale qui
>     plonge ses racines dans l'histoire de notre pays (vous connaissez
>     sans
>     doute la magnifique chanson de Ferrat "Ma France").
>     Que cela ne nous empêche pas de nous retrouver concrètement sur le
>     même
>     créneau: à quand une action commune de tous les amoureux du français
>     pour condamner, dans la rue s'il le faut, et même devant le
>     "ministère
>     de l'identité", les publicités en anglais, les titres de film en
>     anglais, la réduction des horaires d'enseignement du français, les
>     brevets en anglais, etc.
>     Pardonnez cette lettre trop longue et brouillonne qui a le mérite
>     de la
>     sincérité.
>     Salutations républicaines.
>     G. Gastaud



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Certaines autorités françaises ont décidé de ne prendre en compte pour l’évaluation des chercheurs français que des publications rédigés … en anglais !Cela provoque chez nombre d’entre nous  émoi et réprobation, d’où la pétition déjà signée par de nombreux collègues, en majorité  français, mais pas uniquement .



Bonjour,

 

Nous avons formalisé la mise en ligne de la pétition concernant l’évaluation des articles et des ouvrages rédigés en français.

Vous pouvez dès à présent :

-                          – signer la pétition en cliquant sur le lien http://petition.hermespublishing.com

-                                  – diffuser ce lien le plus largement possible au sein de votre communauté.

 

La liste des signataires sera envoyée périodiquement à l’AERES.

 

Je vous remercie pour votre aide et votre foi dans la langue française.

 

Sami Ménascé

Président

HERMES Science / ISTE

 

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Christine The Guard

 ou de la signification de classe des attaques contre la langue française
 

Le Baron Seillière, ex-président du MEDEF et actuel président de "Businesseurope", a fait des émules.

On se souvient que ce personnage, grand pourfendeur d'acquis sociaux en France et en Europe, a déclaré lors de sa prise de fonction officielle à Bruxelles qu'il n'utiliserait plus désormais en public que l'anglais, "langue de l'entreprise et des affaires".

On sait aussi qu'au printemps 2006, une série de syndicats, CGT, CFTC, CGC, ont donné une conférence de presse commune à l'Assemblée nationale sur le "droit de travailler en français en France": tant il est vrai que le grand patronat essaie déjà d'imposer le "tout en anglais" dans les grandes entreprises sises en France.

Eh bien la gangrène est montée d'un cran plus haut puisque Christine Lagarde, l'avocate d'affaire surnommée "l'Américaine" qui occupe le poste de ministre de l'Economie à Bercy, s'est récemment fait épingler par "le Canard enchaîné" pour sa propension à imposer... l'anglais comme langue de travail dans son ministère.

Cette même Lagarde s'était distinguée lors de son premier discours devant l'Assemblée nationale en attaquant non seulement les 35 heures, mais l'ensemble de la culture française jugée trop influencée par le marxisme; dans un style qui rappelle l'extrême droite patronale des années 30 vilipendant le "Front popu" et sa "semaine des deux dimanches" (les 40 heures), Lagarde déclarait en substance: "assez pensé, il faut retrousser les manches": bref, travaillez plus, ouvriers à la chaîne, caissières de Carrefour, enseignants de ZEP, infirmières surmenées, (même si votre pouvoir d'achat baisse, que votre actionnaire s'enrichit sur votre dos, que votre Etat-patron se saisit de tout gain de productivité pour supprimer des postes..) et surtout, ne pensez pas, c'est mauvais pour les profits des nouveaux maîtres d'esclaves!

C'est cette même Lagarde qui, violant la promesse de Sarkozy de ne pas abaisser au-dessous de 70% la propriété publique d'EDF, a été chargée par ledit Sarkozy de vendre 3% (pour commencer) des actions EDFpour renflouer la dette de l'Etat: l'idée ne lui viendrait évidemment pas de mettre à contribution les milliardaires qui planquent leur magot à l'étranger, qui délocalisent après avoir touché des subventions publiques et qui ont touché cet été d'énormes cadeaux fiscaux de notre "France en faillite" (dixit Fillon) !

Quoi d'étonnant à ce que ceux qui détruisent la France républicaine, ceux qui s'apprêtent à faire ratifier par le parlement un traité européen quasi-indentique au TCE rejeté par le peuple, ceux qui livrent l'université au MEDEF sous couvert de LRU, ceux qui démontent le CNRS, ceux qui se vantent de "détruire systématiquement le programme du Conseil national de la résistance" (dixit D. Kessler, grand patron ami de Sarkozy et éditorialiste de "Challenges", -prononcez "Tcheullendj'") n'aient que mépris pour leur langue maternelle, qui n'est après tout rien de plus que le jargon patoisant des Voltaire, Hugo et autres Christine de Pisan?

"Plutôt Hitler que le Front populaire", s'exclamaient en 1936 les journalistes du Comité des Forges, ce groupe présidé par François de Wendel, le dynaste dont le Baron Seillière et l'UIMM sont les dignes héritiers.

Plutôt la constitution supranationale et néolibérale, plutôt le viol du référendum de mai 2005, plutôt l'alignement complet de notre politique internationale sur Bush, plutôt l'arasement de la France issue de 68, de 45, de 36... et de 1789, plutôt l'assassinat de la langue d'Aragon, Césaire et Jaurès, que de renoncer à un seul euro des surprofits que le grand capital espère de la dissolution totale de la nation dans l'Europe du profit et de la mondialisation libérale!

Décidément, la lutte contre le "tout anglais" est partie prenante du combat général des travailleurs contre la destruction de tout ce que notre histoire a produit de meilleur.

                                                                                                                Georges Gastaud