Désormais, la page COURRIEL renvoie au site http://www.courriel-languefrancaise.org

Voici cependant quelques nouvelles de notre association

CO.U.R.R.I.E.L.

Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l'Initiative et l'Émancipation Linguistique


PÉTITION CONTRE L'ANGLOPHONISATION DE LA FRANCE



La langue française est, aux termes de la constitution, la langue officielle de la République. Elle est censée être protégée par une loi de 1994 contre les menaces que fait peser sur elle la politique d'anglophonisation
totale de la planète décrite par le linguiste Claude Hagège.
Or, les grandes surfaces font tout pour assassiner notre langue. A Lens et bientôt sans doute partout ailleurs,
Atac est devenu Simply Market, Marché Plus vient de se rebaptiser Carrefour City et Champion vient de
se transformer en Carrefour Market.
Il revient aux autorités de faire respecter la loi et la constitution comme l'a courageusement fait le Préfet de
la Région Rhône-Alpes en interdisant à l'Aéroport de Lyon de se rebaptiser Lyon Airport.
Quant aux grandes surfaces, Carrefour et Auchan, elles feraient mieux d'abaisser leurs prix, de respecter les
petits producteurs (pêcheurs, laitiers, légumiers...) et d'augmenter les salaires de leur personnel plutôt que de
trahir notre langue et que de manquer gravement de respect à leurs clients francophones.
Nous demandons que les autorités de la République fassent enfin respecter la langue française, dont la
marginalisation signifierait la mort de notre pays en même temps que la trahison de tout l'espace
francophone. Cessons de confondre ouverture sur le monde et mise en place oppressive et impérialiste d'une
langue, d'un mode de vie, d'une politique et d'une économie uniques.



Pour signer cette pétition, il suffit de manifester votre accord par courriel adressé au bureau de l'association COURRIEL dont l'
adresse électronique est la suivante :

bureau.courriel@gmail.com


en indiquant vos
NOM
Prénom
Adresse électronique/postale
Profession

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"Le COURRIEL est loin de partager les positions d'A. Finkielkraut sur une série de sujets nationaux et internationaux. Mais s'agissant de la langue, le texte intitulé 

ne manque pas de pertinence... ".

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Lettre de Ségolène ROYAL


Scannographie de la réponse de Ségolène Royal au courrier de G. Gastaud, président du CO.U.R.R.I.E.L. 

aux dirigeants des partis qui se réclament de la gauche et du mouvement populaire.

Région Poitou-Charentes

la démocratie participative

De la part de (suit la signature de Ségolène Royal, présidente de la Région Poitou-Charentes)

Présidente de la Région Poitou-Charentes

J'ai lu avec beaucoup d'attention votre courrier ainsi que le Manifeste progressiste qui fui était joint et vous prie, tout d’abord d’excuser cette réponse tardive qui s'explique par lenom6re important de correspondances que je reçois,

Je tiens à vous renouveler mon encouragement pour l'engagement qui est le  vôtre en faveur de la langue française. Il est évident que les atteintes qui lui sont portées sont le plus souvent la traduction de rapports de forces économiques dans un contexte de mondialisation insuffisamment maîtrisée.   (,

C'est pourquoi je reste plus que jamais déterminée à travailler pour proposer aux Français un projet porteur d’un renouveau du volontarisme politique et de l'intervention publique, à l’échelle nationale mais aussi internationale, pour la promotion d’un ordre juste, respectueux des identités et des cultures.

Bien cordialement,Ségolène ROYAL

15, rue de l'Ancienne Comédie - BP 575 - 86 021 Poitiers Cedex J Tél. 05495577 00 i.] Fax. 05495577 88

commentaire du Courriel.

Le Courriel remercie Mme la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes pour sa réponse courtoise et encourageante.

Il est clair que l’exterminisme culturel qui se déchaîne, au nom du « tout-anglais », contre la diversité linguistique en général et la langue française en particulier, est fondamentalement lié à la mondialisation néo-libérale, la question restant ouverte de savoir si celle-ci est insuffisamment « maîtrisée » ou si, dans son essence même, elle est porteuse de dé-civilisation générale. Le COurriel, qui se définit comme un mouvement progressiste lié au monde du travail, associe pour sa part la résistance linguistique à la résistance sociale et civique au néolibéralisme, et à ce titre, il ne peut être insensible aux notions d’« intervention publique » et de « volontarisme économique » évoquée par Madame Royal (sous réserve d’en préciser le contenu).

Cependant, pour nous en tenir au domaine linguistique, il nous semble que le volontarisme et l’interventionnisme doivent, sans attendre, se porter sur le terrain politique et juridique. Le pouvoir actuel par exemple contourne grossièrement la constitution qui fait du français la langue française la langue officielle de la République, et il élude toute application de la loi Toubon de 1994 qui institue une protection légale du français mais qui est grossièrement violée par plusieurs hauts personnages de l’Etat qui se font les promoteurs du tout-anglais. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel bafoue ses obligations les plus élémentaires en laissant les médias publics et privés promouvoir insolemment le franglais et le tout-anglais. En outre, il y a urgence et l’on ne peut, pour sauver le français de l’assassinat programmé dont il est la cible, attendre un changement politique éventuel : le grand linguiste Claude Hagège ne vient-il pas, dans son Dictionnaire amoureux des langues de porter le français dans la liste des « langues en danger » ? Nous attendons donc des hommes et des femmes politiques qu’ils et elles engagent dès aujourd’hui à nos côtés un véritable « combat pour le français » », bien commun de tous les citoyens, car non seulement un tel engagement ne contreviendrait pas à la lutte contre le néolibéralisme, mais il en est, ici et maintenant, une composante centrale.

Cela dit, l’objectivité oblige à dire que pour la seconde fois, Madame Royal nous répond fort obligeamment et de manière argumentée (alors que les autres dirigeants politiques et syndicaux de la gauche : Mmes et MM. Buffet, Mélenchon, Thibault, Mailly, Aschiéri, Laguiller, n’ont même pas daigné accuser réception de notre courrier, si l’on excepte Mme Aubry) en montrant une sensibilité à notre combat. Et nous l’en remercions chaleureusement.

Le bureau du Courriel


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Lettre de Martine AUBRY

 

 

Scannographie de la réponse de Mme M. Aubry, députée-maire de Lille et première secrétaire du PS,

au courrier adressé par G. Gastaud, président du CO.U.R.R.I.E.L. aux dirigeants de la gauche politique

et syndicale.

 

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3 JUIN 2009

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE MAIRE

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur Georges GASTAUD 10, rue Grignard 62300 LENS

J'ai bien reçu votre courrier en date du 18 Avril 2009 et vous en remercie.

La langue française fait partie intégrante du patrimoine linguistique européen et à ce titre nous nous devons de défendre son usage. C'est d'ailleurs ce à quoi les socialistes européens aspirent à travers leur programme pour les élections européennes du 7 juin prochain.

En effet, nous considérons la diversité sous toutes ses formes, culturelle, linguistique, spirituelle, comme l'un des plus grands atouts de l'Europe. C'est pourquoi nous soutenons la reconnaissance et la promotion de la diversité culturelle et linguistique de l'Europe, qui est une de ses plus grandes richesses et un aspect fondamental de son identité.

C'est dans ce sens que nous souhaitons voir la construction européenne se renforcer. Dans un contexte de crise où la droite libérale fait appel au libre marêhé et au repli sufsoI; nous appelons les c-itoyens européens à- se -prononcer en­faveur d'une alternative crédible que nous avons vocation à incarner.

C'est l'objet de notre programme soutenu par l'ensemble des socialistes européens qui, au delà des aspects culturels de l'Union européenne, appelle à en finir avec la politique menée par cette droite dure et libérale.

Nous exigeons de l'Europe qu'elle protège les citoyens en proposant, par exemple un salaire minimal dans chacun des pays membres et en garantissant l'intégrité des services publics. Nous voulons une Europe politique, sociale et démocratique qui remette l'Homme au cœur de son développement et qui constitue un rempart contre le libéralisme.

C'est donc autour de ces valeurs fortes que nous faisons campagne et j'espère que vous contribuerez avec nous, par votre vote, à redonner àfl'Europe l'ambition et l'esprit que ses pères fondateurs nous ont légués.

Je vous remercie de nouveau de votre courrier et vous prie de croire, Cher Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.


  Commentaire du Bureau du Courriel.


 

Nous ne pouvons que remercier Mme la première secrétaire, députée-maire de Lille, d’avoir fort courtoisement répondu à notre courrier. Cependant nous manquerions à la franchise militante si nous n’exprimions pas un certain étonnement à la lecture de cette réponse.

 

Passe que ce courrier se termine par un appel peu discret à voter pour le PS (nous avons d’ailleurs reçu la lettre APRES les Européennes… !) comme si la défense du français, bien commun de tous les citoyens, pouvait se réduire à rallier électoralement un parti, quel qu’il soit.

 

Il est surtout sidérant que la langue française, qui constitue d’abord un patrimoine national (que serait le français sans la France et que deviendrait la France sans le français ?) et international (le français, bien commun de tous les francophones du Sénégal au Québec, est au moins aussi africain ou américain qu’ « européen » ; en outre, langue des humanistes Rabelais et Montaigne, du « Discours de la méthode », de « l’Encyclopédie », de la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen », de la « Marseillaise » et de « l’Internationale », d’Hugo, de Toussaint Louverture, d’Aragon, de Césaire, de Senghor, de Fanon, du programme du Conseil National de la Résistance, du « Deuxième Sexe », etc. le français est porteur d’un message clairement universel) ne soit défini dans le courrier signé par Mme Aubry que comme une « partie intégrante du patrimoine européen ».

 

Il est encore plus étonnant que l’Union européenne soit citée dans ce même courrier comme un modèle « de promotion de la diversité culturelle et linguistique » (sic) alors que

-l’anglais devient de fait, les chiffres le prouvent de manière écrasante, la langue officieuse de l’UE,

-que les institutions européennes font obstacle à toute protection des langues nationales,

-que les jeunes Anglais par ex. ne sont nullement tenus d’apprendre une langue étrangère pour devenir bacheliers,

-que les coupes claires imposées aux dépenses publiques par la Commission de Bruxelles se traduisent dans les faits, même si la « mise en musique » finale se fait à l’échelon des gouvernements, par la mise en extinction des LV2 dans nombre de pays, etc.

 

Pour ne prendre qu’un exemple, l’office européen des statistiques « Eurostat », qui publiait depuis toujours ses travaux en allemand, en anglais et en français, vient récemment de basculer au « tout-anglais ».

 

Quant à l’appel quelque peu brutal de Mme Aubry à voter pour le PS aux européennes, le CO.U.R.R.I.E.L. comme tel n’a pas à le soutenir ou à le rejeter. En revanche notre association est dans son strict rôle de défense du français quand elle pointe ce scandale que fut l’affichage, lors du rassemblement électoral présidé par Mme Aubry à Nantes à la veille des européennes, du slogan… « FIRST THE PEOPLE ». Soit on utilise le français et lui seul, car il est que l’on sache la langue commune des citoyens (y compris celle des étrangers européens faisant le choix de vivre en France !) soit on utilise toutes les principales langues européennes… (et non européennes, car on parle aussi chez nous portugais, italien, arabe, allemand, espagnol, catalan…), sans parler du breton, auquel sont attachés certains Nantais !

 

Ces remarques ne se veulent nullement polémiques. Mieux vaut ce dialogue franc que le mépris qu’ont manifesté à l’égard de notre cause les dirigeants du Front de gauche, de L.O., de la CGT nationale, de FO, de la FSU, qui n’ont même pas accusé réception de notre courrier.

 

Nous sommes sûrs que nombre de militants et d’électeurs socialistes, qui affichent un scepticisme grandissant sur la « construction européenne » néo-libérale, et dont beaucoup refusent de lui sacrifier la langue d’Hugo et de Jaurès, peuvent s’engager, sur la base de leurs convictions socialistes, dans le combat qui est le nôtre sur la base de la devise suivante : « d’abord le peuple » !